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"Le vin est à la table, ce que la fleur est au jardin". Docteur TANT
Les chroniques de Jean Claude 2014 et avant
 
Compagnie des mousquetaires d'Armagnac - Le secret de l'Aygue Ardente (2 ème partie)

Mousquetairement vôtre, je suis gascon avant tout, noblesse oblige, je déguste de temps à autre mon Armagnac qui pousse mon café ordinaire. Mais d’où viens dont cette merveille l’Aygue ardente! La Gazette des Œnophiles De Vigne en Bouche que je dirige est heureuse de compléter la jolie farandole gourmande au pays de l’Aygue ardente, cette noble eau-de-vie, la plus ancienne fabriquée en France dans le département du Gers.


700 ans d’histoire nous contemplent

En Armagnac, les Romains introduisirent la vigne, les Arabes, l’alambic et les Celtes le fût. De la confrontation de ces trois cultures est né l’Armagnac. En se penchant sur le nom d’Armagnac, les historiens ont retrouvé les traces d’un chevalier, Herrmann, compagnon du fougueux Clovis, à qui un fief a été donné en récompense de sa bravoure. Latinisé par les capistes médiévaux, Herrmann serait devenu «Arminius», jusqu’à ce que le langage local s’en empare pour le muer en Armagnac. L’Armagnac est la plus ancienne eau-de-vie de France : le premier témoignage de son utilisation remonte à l’an 1310, quand Maître Vidal Dufour, Prieur d’Eauze et de Saint Mont, vantait en latin les 40 vertus de cette Aygue Ardente dans son livre «Pour garder la Santé et rester en bonne forme». En 2010, le (BNIA), Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac, obtient auprès de la Bibliothèque Vaticane un facsimilé de ce document : l’Armagnac serait ainsi la plus ancienne eau-de-vie française. Une eau d’immortalité : à l’origine, ce produit mystérieux touchant presque à l’alchimie, ne se consomme guère. On lui attribue des vertus thérapeutiques… L’eau qui brûle : «aqua ardens». Une eau d’immortalité aux arômes et aux saveurs complexes.

Nous retournons donc au pays des trois Mousquetaires, patrie de d’Artagnan. Pour mieux survoler ce magnifique département qu’est le Gers, je vous propose en guise du plaisir de lire, pourquoi pas un verre de viel Armagnac à la main; le «pape» de l’écriture gastronomique, Robert Julien Courtine. Il faut avoir lu son mémorable «Balzac à table». Ce talentueux charmeur du terroir par l’écriture au style toujours très recherché que fut Robert Courtine a tenu chronique gastronomique du «monde» quarante ans durant, mieux connu des lecteurs sous son nom de plume de «La Reynière» (inspiré de Grimod de la Reynière) selon moi, pour notre belle et complète langue française (malgré un passé tristement célèbre pendant l’Occupation), cet Ardéchois est l’une des plus fameuses signatures de la France gastronomique. Voici son texte sur le pays de l’Armagnac. Un texte qui comme le dit au Québec notre célèbre Gilles Vigneault «Le texte doit tenir paroles»

 
Voyage en Armagnac
Voyage dans une feuille de vigne
 

Le Vignoble
Afin de préciser son nom, l’eau-de-vie d’Armagnac fit l’objet d’une délimitation règlementaire
de zone en 1909 et d’une définition précise en 1936 (complétée en 1972).
Un simple rappel. L’Armagnac est divisé en trois régions de production, le bas-Armagnac, le Ténarèze et le haut-Armagnac, dont les contours du vignoble par une étonnante prédestination, épousent la forme d’une gigantesque feuille de vigne pointée vers le Midi. L’aire de production qui donne droit à l’appellation d’origine englobe une bonne partie du département du Gers, plusieurs cantons du Lot-et-Garonne et des Landes. Les principaux cépages sont : le Saint-Emilion, le Colombard, et la Folle Blanche.

 
Région Armagnac
région Armagnac (photo archive de l’auteur)

Les 3 régions de l’Armagnac
Les terroirs

Ils représentent 15,000 hectares de vignes plantées (partagées avec l’IGP Côtes de Gascogne et l’AOP Floc de Gascogne, dont aujourd’hui 4,200 ha sont identifiés pour produire expressément l’Armagnac)

 
L’ALAMBIC ARMAGNACAIS
Alambic
 

La marche de l’alambic est continue, le vin (circuit jaune) circule par gravité et effet de vases communiquants. Le vin est utilisé comme réfrigérant (K) puis il est réchauffé (j) par les vapeurs d’alcool. Il passe d’un plateau à l’autre par un jeu de trop pleins. Les vapeurs d’alcool (circuit bleu) ont une marche ascendante et barbotent dans le vin par le jeu de barboteurs en cloche ou en patte d’araignée. Le mode de chauffage traditionnel est le bois. L’usage du gaz propane ou butane se développe car le flux calorifique est plus facile à régler et ces gaz ne dégagent aucune odeur.
a) Foyer- b-c-d) Chaudière-e)plateaux-f)Serpentin-g) Eprouvette-h) Arrivée du vin-i)Déchet des vinasses-j)Réchauffage du vin-k) Réfrigération.

 

La Distillation
Elle se pratique pendant l’hiver et devra être effectuée avant le 30 avril de l’année qui suit celle de la récolte.
Après le vigneron, c’est au distillateur de jouer. Longtemps assimilé à un alchimiste, il demeure un magicien. Il conduit son alambic en ne le quittant pas des yeux, surveillant les moindres variations dans l’alimentation en vin et en bois de chauffage. L’alambic armagnacais est en cuivre pur, martelé et laminé. Il s’agit d’un appareil à deux ou trois chaudières superposées.


Le Vieillissement

Dès sa sortie de l’alambic, L’Armagnac est mis en vieillissement dans des fûts de chêne, ou pièces de 400 litres, de la forêt de Monlezun, façonnés à la main : à ce jour, aucune machine n’a réussi à donner un travail de même qualité. C’est seulement à ce moment-là que les eaux-de-vie sont prises en charge par le Maître de chai qui veille jalousement sur leur vieillissement en s’assurant que rien ne viendra troubler leur lente évolution.
Lorsque le degré légal pour la vente est atteint (40 degré GL), l’eau-de-vie est mise en bouteilles. Elle ne vieillit plus, mais se stabilise et évolue d’une façon discrète, elle s’épanouit.

 
Armagnac
Voici l’Armagnac âme d’or du raisin purifiée par la flamme.

L’ARMAGNAC A VOTRE TABLE
«Ah! Quel beau pays! Ah! Quelle belle liqueur!
Et il convient d’ajouter : Ah! Quelle cuisine !»
                                              (Robert J.-Courtine)
 
 

En France on ne sépare pas l’œnophilie de la gastronomie, on peut être un éminent œnophile et déguster un vieil armagnac. On sait boire aussi dans la compagnie  des Mousquetaires d’Armagnac. Les alcools voulurent avoir, aussi, leurs emblèmes et leurs fanions, tels les Mousquetaires d’Armagnac, les chapitres, les tenues , disnées, sont l’occasion de ce mariage heureux des eaux-de-vie d’Armagnac et des mets au cours de banquets. L’Armagnac aujourd’hui avec ses 700 ans d’histoire, il est juste qu’il trouve sa place sur nos tables. Mais, «prends garde à la douceur des choses…». Il faut boire les liqueurs au dessert, disent les puristes. Nous savons qu’une liqueur ne se boit pas comme le  «coup de l’étrier». Nous savons aussi que Armagnac rime plutôt avec digestif, et donc fin de repas. La versatilité de L’Armagnac et sa capacité à se marier à de nombreux mets méritent d’être cités, sur notre cites www.devignenbouche.org  voici donc des accords mets et Armagnac. Chez les Mousquetaires d’Armagnac on a l’audace et le panache de bien marier les choses. Cet art d’accommoder les belles et bonnes choses et qui, comme tous les arts, à l’occasion, se rit des lois. D’abord ami de l’Armagnac à vos verres!

 

«L’Armagnac se hume, se boit et se respire». Servez-le dans des verres ballons, aux bords doucement refermés, pour que les parfums de cette eau-de-vie généreuse puissent se concentrer. Les parois du verre seront minces, pour que la chaleur des mains se communique rapidement au liquide. Elles seront aussi incolores, pour que la belle couleur d’ambre de l’Armagnac ne soit pas dénaturée. Faites tourner lentement le liquide dans le verre pour provoquer une évaporation maximum, respirez toutes les senteurs qui s’en dégagent et dégustez l’eau-de-vie à petites gorgées en la faisant «rouler» dans la bouche pour bien imprégner les papilles. Tout le bouquet de l’Armagnac vous envahira avec un arrière-goût de pruneau, de vanille, de poivre blanc écrasé… Lorsque le verre sera vide, chauffez-le entre la paume des mains et humez une dernière fois le parfum qui s’en dégage. C’est le «fond de verre» si caractéristique de l’Armagnac. Richesse gourmande de la France, l’ Armagnac, cette eau-de-vie ambrée, élevée avec amour par de nombreuses générations de vignerons, renferme toutes les senteurs et tous les parfums de ce terroir gascon qui l’a vu naître.

LE GERS… À Table

L’étonnante diversité des armagnacs lui confère le pouvoir de s’accorder avec une quantité infinie de mets. Aux chapitres des Mousquetaires d’Armagnac, j’ai retenu les nombreux accords auxquels je n’aurais vraiment pas pensé et qui ont pourtant emballé mes papilles.

On est convaincu par l’association Armagnac et foie gras poêlé, tout comme par l’association Armagnac et charcuterie de porc ou magret de canard séché. Avec les Armagnacs jeunes, Ils accompagnent parfaitement des fromages à pâtes persillées (Fourme, roquefort). Les Armagnacs vieux avec la pintade aux fruits, le magret au miel, le Poulet sauté à l’Armagnac, l’omelette aux cèpes. Avec les desserts à base de fruits : la tarte tatin, la Tarte aux pommes flambées à l’Armagnac, la charlotte aux poires, oranges confites, la mousse au chocolat.

 
Poeme Gers
Poulet sauté à l'Armagnac
Poème  le Gers… à table (Archives de l’auteur)
le Poulet sauté à l’Armagnac (Archives de l’auteur)
   
Tarte à l'Armagnac
 
La Tarte aux pommes flambées à l’Armagnac
(Archives de l’auteur)
 

 

 
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
 
Quand «La confrérie du vin de Cahors» accueille des Œnophiles du Québec.
 
Blason de Cahors
Blason Ordre des Œnophiles du Québec
 

Voici l’historique et merveilleux «Message du Vin de Cahors».
Proclamé par Abel BAUDEL (Commandeur du Mérite Agricole)
L’appel de l’histoire du vin de Cahors, qui vient de la nuit des temps nous dit :

 
«Rassemblez-vous autour de ma robe flamboyante.
De mon bouquet puissant,
De mon corps noble et chaud.
Ne suis-je pas égal aux meilleurs ?
Ma naissance se perd dans la nuit des temps
J’ai fait de cette dure terre un lieu de bonheur,
Où nos vignerons chantaient, où les pierres répondaient
Au soleil dans l’odeur des lavandes et le chant des cigales.

Colbert domestiqua ma rivière fougueuse
Des écluses bâties la firent langoureuse
Dessinant mille fois de sinueux méandres,
Contournant mes coteaux pour dans ses bras les prendre,
D’une étreinte amoureuse enlaçant ma région,
Son courant reflétant toutes mes plantations,
Caressant mes châteaux, revenant sur ses pas,
Se séparer de moi le Lot ne pouvait pas
Aussi tel un amant voulant garder sa belle
Jusques à l’Océan il emportait mes douelles.
Les vagues vers le Nord diffusaient mon renom
Et des crus d’Orient empruntèrent mon nom.
Issu de ce terroir le Pape Jean planta
Mes ceps en Avignon.
Les rois de France aussi, voulurent ce nectar
Pour leurs réceptions
Après cet âge d’or, vint le phylloxera
Qui pernicieusement un jour me terrassa.
Mais ma terre vivante et mon ouvrier habile nouveau
Font qu’un nouveau printemps vient agiter mes vrilles.
D’une odeur de tilleul toutes les fleurs des treilles
Sèmeront leur pollen
Au doux vent de Juin.
Octobre ensoleillé saoûlera les abeilles
Et mes grappes vermeilles
En cuve frémiront du mystérieux levain.
Quand enfin apaisé l’attendrai dans mes fûts
Tous les ans de montrer ma nouvelle naissance
Des humains je serai, comme toujours je fus
Du palais la douceur et du cœur l’espérance».

 

C’est sous cet inoubliable accueil «du message littéraire et poétique du vin de Cahors» dans le Sud-Ouest de la France, que notre Ordre bachique Québécois, fût invité à prendre place au ban des vendanges du 21 Septembre 1975, proclamé du haut du balcon de l’Hôtel de Ville de Cahors. La messe fut célébrée en la cathédrale Saint-Etienne de Cahors puis, dans le Cloître où notre Grand Prieur et Grand Échanson l’Abbé Bertrand Pomerleau concélébra très dignement l’Office.

Lors de mon compliment bachique, je me souviens avoir déclaré:
«Nous sommes les œnophiles venus du froid québécois,
Gent laborieuse et vaillante des vignerons quercinois,
Lorsqu’ on écoute votre Ode au vin de Cahors,
Vous honorez la plus traditionnelle Confrérie vineuse,
Du Sud-Ouest de la France. Car ce jour, vous nous prouvez,
Que vous défendez l’amitié avec le même bonheur
Que la qualité du breuvage précieux et rare du Quercy».

 

Les confréries bachiques, c’est l’à-côté folklorique, coloré, joyeux et quelque peu insolite du vin.
Ces confréries qui chantent la vigne et le vin, se réclament toutes d’antiques traditions parce que rattachées à un authentique folklore dont Rabelais reste le plus génial inspirateur.
Le profane n’en connaît guère que les apparats vestimentaires hauts en couleur et le cérémonial étrange des intronisations ponctuées par des festins généreusement arrosés. Chaque confrérie a son rituel, son hymne, sa lithurgie, ses insignes, colliers et diplômes, ses costumes, chapeaux,  cravates ou tabliers.

Chacune a ses dignitaires qui ont nom Grand Mestre, Grand Chambellan, Grand Chancelier, Grand Argentier, Grand Échanson, Grand Connétable, Grand Prieur, Grand Écuyer, Premier Jurat et j’en passe. C’est au cours d’un cérémonial périodique appelé chapitre que les récipiendaires parrainés par deux dignitaires de la confrérie sont solennellement intronisés. Pour être admis, il faut être de «bonne compagnie» et «d’honnête réputation» tout en étant à l’occasion gais lurons et en toutes circonstances courtisans des vins. Dans ce cas ci, la délégation de l’Ordre des Œnophiles du Québec se rendant à Cahors, a eu devant elle un personnage du vin «plus grand que nature». Nous avons intronisé entre autre le Comte André de Monpezat. Ce fut le point d’orgue de notre séjour. Nous savions que la tradition bachique et chantante est solidement établie en France. C'est donc dans son Quercy viticole enchanteur que j’ai eu l’honneur d’adouber ce distingué et grand personnage du vin de France à Cahors.

 
Comte de Montpezat
Le Comte André de Monpezat, patriarche d’une illustre famille de la noblesse du Sud-Ouest
de la France depuis le XVIIe siècle, intronisé «Grand Protecteur des Ceps»
par le Grand Chancelier de la Confrérie des Œnophiles du Québec Jean Claude Denogens.

Illustre famille de la noblesse du Sud Ouest de la France depuis le XVII ème siècle, la famille Laborde de Monpezat règne sur plusieurs vignobles de Cahors au cœurs de la vallée du Lot. Nous avons adoubé le patriarche de la famille, le Comte André de Monpezat, père de 9 enfants dont le fils aîné est le Prince Henrik du Danemark, époux de l’actuelle reine Margrethe II.

Le vin de Cahors entra dans la chrétienté grâce à Jacques d’Euze, né dans cette ville en 1245 et dont il fut plus tard le bénéfique evêque avant de décéder sous la tiare du dernier des papes d’Avignon sous le nom de Jean XXII. Ce noble breuvage, François 1er, l’adopta à sa cour, et Henri IV, retrouvait un certain cousinage avec des rouges du royaume de Navarre. Souhaitons aujourd’hui que la tonique générosité, l’ample bouquet et la robe cramoisie de ce joli vin quercynois puisse toujours escorter souverainement les mets de la table royale du Danemark.
Cette région viticole est surtout marquée par la personnalité du vin de Quercy, le Cahors, un très ancien vignoble. A dominante atlantique, le climat du Quercy reçoit des influences méditerranéennes notamment par le vent, d’autant qui souffle au printemps et en automne.

Traditionnellement, les raisins sont égrappés, ce qui s’explique par la richesse des grains en tanin, à laquelle il ne convient pas d’ajouter l’astringence de la rafle. Étymologie : le nom de l’appellation vient de la ville qui a diffusé ces vins , Cahors anciennement Divina Cadurcorum, ville divine des Cadurques. Le vignoble de Cahors s’étend en effet au sud du Quercy, du petit village d’Arcambal en amont jusqu’à la limite du Lot-et-Garonne sur une longueur de 100 kilomètres environ de part et d’autre du Lot. Les vignes sont cultivées en plaine, à l’intérieur des nombreux méandres du Lot, mais aussi en terrasses sur les demi-coteaux et sur les rebords du grand plateau calcaire du Causse. Le vin de Cahors a des lettres de noblesse fort anciennes, le poète Clément Marot, originaire de Cahors le qualifiait de «liqueur de feu», en Russie, les popes au XVIéme siècle l’utilisaient comme vin de messe. Dès 1971 le vin de Cahors est devenu appellation d’origine contrôlée. Son encépagement original est constituée de 70 % de Cot  (appelé encore Malbec ou Auxerrois) voire dans certains cas jusqu’à 100 %, entre  10 et 20 % de Merlot, et 10 % du cépage très tannique le Tanat, joints aux origines du sol et du sous-sol, donnent des vins très typés, savoureux aux senteurs de truffes, tabac, chêne et violette. Le Cahors peut se boire jeune, mais il est un vin de garde. Sa superficie plantée est de 4,050 hectares, le vin produit est principalement du rouge, et sa production est de 155,370 hectolitres.

 
Grand conseil Cahors
Le Grand Conseil de la Confrérie du vin de Cahors en tenue d’apparat.
 

Il faut avoir lu le livre «Le Vin de Cahors» de José Baudel, qui a reçu le prix de L’Office International de la Vigne et du Vin à Athènes, 1978, pour connaître l’histoire de la renaissance du vin de Cahors. Et comprendre la place éminente qu’occupe le Cahors dans l’histoire des Crus français. Le plus remarquable et le plus connu de ces faits est sans doute celui qui s’inscrit encore aujourd’hui dans la langue russe et qui fut désigner sous le nom de Caorskoïé à la fois le vin de messe de l’église orthodoxe russe et l’un des grands vins de Crimée. Une bouteille de «Caorskoïé» est exposée dans le caveau de la Cave Coopérative de Parnac.

C’est aussi une fierté pour ces vignerons et ce pionnier, Directeur de la Cave coopérative de Parnac José Baudel qui m’a dédicacé son livre, d’apprendre par « décret du 15 avril 1971, que le Vin de Cahors a été admis au classement dans la plus haute catégorie, celle des A.O.C. (Appellation d’origine contrôlée).
Le Quercy est terre de gastronomie. La truffe, le mouton des Causses et le vin de Cahors ont fait du Quercy un pays hautement privilégié. Il faut citer en honneur la truffe qui parfume merveilleusement le foie d’oie ou le canard, le foie gras, le confit d’oie, le cou d’oie farci. La truffe enrichi de nombreux plats par son arôme bien particulier, l’omelette aux truffes, les volailles truffées, le civet de lièvre, les Cabécous (fromages de chèvres). Avec de pareils atouts, la table quercinoise est de celles que les gourmets les plus exigeants apprécient.

Ces dignitaires du Grand Conseil de la «Confrérie du Vin de Cahors» nous les avons trouvé comme le vin de garde, toujours meilleurs, leur entrain toujours plus communicatif. Ils ont conquis tous les cœurs  de l’auditoire, par leurs gentillesse et leurs distinction. En parcourant «La Route du Vin de Cahors», nous avions été séduit sur ces routes vagabondes, par la beauté touristique et la douceur de vivre dans ce plus ancien vignoble de la Gaule. Au sain de cette charmante région vitivinicole du Sud-Ouest, dans ce terroir privilégié ou s’épanouit l’Auxerrois; nous avons retenu la belle description de son milieu naturel.

 
Dipôme Vin de Cahors
«Rien n’y est agressif, tout y est accueillant,
Rien n’y est quantité, tout y est qualité.
Rien n’est indifférent, tout y est attachant».

 
 
Chevaliers de Cahors
De gauche à droite les nouveaux chevaliers : René Préfontaine, Marie Archambault,
 Joseph Plante, Jean Claude Denogens et Bertrand Pomerleau
 

Ainsi fidèle, à notre sixième commandement de l’œnophile : «Chez les Vignerons des pèlerinages tu feras ta vie durant», dans cette région vini-gastronomique bénie des dieux notre accueil d’impétrants le fut dans une atmosphère de détente au cours de ce chapitre coloré, dans le charme des accents du terroir. Plusieurs de nos membres furent intronisés «Chevalier du Vin de Cahors» et en devinrent les ambassadeurs au Québec dans cette Nouvelle-France au Canada.
Furent donc intronisés :
Archambault Marie, Présidente fondatrice de France-Canada, Grand Conseiller de la Confrérie des Œnophiles.
Denogens Jean Claude, Journaliste vitivinicole-gastronomique, Fondateur et Grand Chancelier de la Confrérie des Œnophiles du Québec.
Plante Joseph, Conseiller d’honneur de la Confrérie des Œnophiles.
Pomerleau Bertrand, Abbé, Grand Prieur et Grand Échanson de la Confrérie des Œnophiles.
Préfontaine René, Conseiller du Cabinet du 1er Ministre du Canada.
Choquette Jacques, ancien Directeur Général de l’Association Canadienne des Régies provinciales des Alcools. Commissaire à la Commission municipale de Québec.
Desbois Rolande, Canadienne, Professeur de Cuisine à la Radio-Canadienne.
Duval-Dionne Huguette, Membre de la Confrérie des Œnophiles.
Duckett Claude-A, Ingénieur Conseil, Président Acier D.E.L. Inc, Membre de la Confrérie des Œnophiles.
Goullard Berthol, Responsable des Dégustations à l’Université de Montréal, Grand Écuyer de la Confrérie des Œnophiles.
Letendre Samuel, Président Fondateur des Médecins canadiens amis du Vin, Grand Maître de la Confrérie des Œnophiles.
Marois Jean-Guy, Membre de l’Amicale des Sommeliers du Québec, Officier de la Confrérie des Œnophiles.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
 
Le Pineau des Charentes
 
Curnonski Prince de la Gastronomie française:
«J'ai bu le pineau des Charentes, grand vin français
et naturel d'apéritif et de dessert avec une joie et
une reconnaissance princière ... et gastronomique».

 
PINEAU. Spécialité de vin de liqueur dans la région des Charentes où l’on «vine» les moûts de faible teneur en sucre avec des alcools de Cognacs.

ÉLÉGANT. Mot qui, pour le vin, dit ce qu’il veut dire dans l’ensemble des appréciations esthétiques. En plus, on peut dire qu’un vin est «élégant de fruit» quand on retrouve dans sa dégustation le goût discret mais parfait des raisins dont il est la résultante.
(Extrait du Glossaire Vineux du Docteur Eylaud).

Le Pineau des Charentes est né du plus beau coup de foudre jamais vu en cellier, il est un  savoureux et heureux mariage de tout les temps. On peut affirmer sans risquer l’erreur, qu’aucun mariage ne fut plus réussi que celui de l’eau-de-vie de Cognac et du vrai jus de raisin, nommé Pineau des Charentes. Cette noce remonte au XVIe siècle. Un homme d’époque et de chai aurait par erreur, inadvertance, et fortuitement, marié le moût à quelque velte de cognac. Lorsque la barrique fut ouverte quelques années plus tard, le pineau des Charentes était né. On a parlé de miracle, mais à vrai dire aucun miracle ne fut moins miraculeux : tout y est naturel au contraire, et les parties diablement faites l’une pour l’autre.

Le Pineau des Charentes est en effet l’union parfaite des apéritifs  à la française. On fait remonter son origine sous François 1er, aux premiers temps de la distillation dans la région de Cognac.

Quoi de plus naturel : d’une part, le jus de raisin frais, provenant exclusivement des cépages blancs Saint-Émilion, Folle-blanche, Colombard, Blanc-Fumé, Montils, Jurançon blanc, Sémillon, sauvignon, Merlot blanc, ou des cépages rouges, Cabernet franc, Cabernet Sauvignon, Malbec, Merlot rouge. Ils sont cultivés de façon à donner un rendement raisonnable et atteindre ainsi une qualité élevée et, bien entendu sont récoltés sur l’aire de production la plus favorable, strictement délimitée; et d’autre part, de l’excellente eau-de-vie de cognac, de la meilleure qualité, rassise et titrant au moins 60°.
Verres de Pineau
«L’élégant apéritif de France, Pineau des Charentes blanc et rouge qui se déguste courtoisement».
 
Dans des fûts de chêne, qui communiquent un peu de leur arôme et confèrent cette belle couleur d’ambre clair, les éthers du cognac se mêlent intimement aux éléments sapides et aux parfums subtils du raisin : lentement s’élabore, dans le silence, le vin de liqueur délectable.

Poussé par le succès, cette liqueur allait conquérir les palais distingués des œnophiles du monde entier. Ce «Vin de l’Élégance Française» est un vin de liqueur naturel, élaboré avec du jus de raisin frais et des eaux-de-vie de Cognac, selon des règles précises. Il est blanc et rosé, à reflets dorés. Le produit final après vieillissement doit avoir un degré d’alcool situé entre 16° et 22°. Sa personnalité tient au bouquet des meilleurs Cognacs et à son vieillissement prolongé dans des fûts de chêne.

Servi tr ès frais et sans glace ou additionné d’eau gazeuse glacée, c’est un apéritif délectable et très sein, délicieusement fruité et se buvant facilement. La température optimale de dégustation est de 6 o C. On peut aussi servir cette noble boisson en entrée, dans un demi-melon; avec du foie gras; il rentre aussi dans de nombreuses recettes de cuisine. Il accompagne également tous les fromages persillés (bleu d’Auvergne, roquefort…).

Cette boisson est produite dans une région qui contient une partie de la Charente-Maritime et de la Charente. Sa zone de production s’étend sur 1500 hectares et recouvre à peu près celle de Cognac. Le pineau des Charentes est une AOC (appellation d’origine contrôlée). En 1948, le Duc et la Duchesse de la Rochefoucauld créent une association «La Principauté du Franc-Pineau». C’est alors que, sous l’égide de tout ce que les Charentes comptent de noblesse d’épée, de robe et de cœur, fut fondée en 1950 la «Principauté de Franc-Pineau». qui compte des membres prestigieux comme André Maurois et Curnonsky prince de la gastronomie.
 
pinotamour
«Les tournois de l’esprit et cours d’amour de jadis, sont aujourd’hui l’inspiration pour déguster le Pineau des Charentes».
«La Confrérie du Franc-Pineau. Les Seigneurs de Franc-Pineau en tenue d’apparat, qui cultivent la vigne, confectionnent le vin, le distribuent, le représentent, le consomment, le servent par la parole ou la plume.»

Confrérie du Franc-Pineau

 
Devenue «Confrérie du Franc-Pineau» et intégrée au Comité National du Pineau des Charentes cette illustre Confrérie viticole Charentaise, promeut le Pineau, ce merveilleux produit de l’Angoumois, par des cérémonies en France et à l’étranger appelés «Tenue de Cour». La principauté de Franc-Pineau a puisé l’inspiration de son action aux sources d’une des plus jolies et des plus délicates coutumes du vieux pays d’Oc, celle des «Cours d’Amour» qui prirent naissance sous Guillaume IX, duc d’Aquitaine, lui-même étant le plus ancien des troubadours connus, avec Jaufré Rudel, prince de Blaye. Ces tournois de l’esprit, présidés par les Muses, donnèrent naissance à l’amour courtois. Ainsi, le Pineau des Charentes doit se déguster courtoisement, et non autrement.

Personnellement, je n’en use pas autrement ! Depuis 1950, ces  «tenues de Cour» fastueuses rappellent les magnificences de jadis, d’autant plus fidèlement qu’elles sont rehaussées en couleurs par les tenues d’apparat des Seigneurs de Franc-Pineau : grandes capes bleues, doublées de parements or foncé, comme les feuilles de la vigne en automne, capulets couleur lie de vin, sur lesquels brille la médaille ciselée portant la devise de la Principauté : «Franc est ma Joye».

«Joye» toute placée sous le signe de la courtoisie. Le costume a été dessiné par le peintre Touchagues. le Pineau des Charentes, aimable philtre dionysiaque, séduit, enchante et démontre une fois encore l’étonnante suprématie du produit naturel.

La Prière du Charentais

Mon Dieu,
Donnez-moi la santé ?
pour longtemps,
De l’amour ?
plus souvent,
Mais du Pineau ?
tout le temps !
Château de Beaulon

Château de BEAULON
17240 St-Dizant- du-Gua France
Téléphone : + 33(0) 5 46 49 96 13

Adresse email: info@chateau-de-beaulon.com
Site web: http://www.chateau-de-beaulon.com

Puisqu’on fait remonter l’origine du Pineau des Charentes, ce vin de liqueur sous le roi François 1er XVIe siècle, nous pouvons dire que le charmant château de Beaulon, érigé par la famille de Vinsons vers 1480, sous le règne finissant du roi Louis XI est plus ancien que la délicieuse liqueur de Pineau. Nombreux sont les francophones du Canada qui ont leurs racines en Poitou-Charentes.
Émigrants vers la «Nouvelle France», ils étaient originaires des provinces françaises de l’Angoumois, de l’Aunis, du Poitou et de la Saintonge, aujourd’hui la Région Poitou-Charentes. En 1965 Christian Thomas acquiert le domaine et lui redonne sa vocation familiale. Les Cognac et Pineau des Charentes du Château de Beaulon, sous la houlette rigoureuse et passionnée de Christian Thomas depuis plus de quarante ans, ont acquis une renommée de grande qualité tant en France qu’à l’étranger.
Les Cognac et Pineau sont issus d’un seul vignoble, unique en Charentes, répertorié au cadastre domaine de Beaulon, garantissant l’authenticité du château.

La vigne : Quatre vingt dix hectares d’un vignoble unique en Charentes. Fondé sur un choix de cépages nobles, le château de Beaulon est resté fidèle aux cépages traditionnels du  16ème siècle. Sémillon, Sauvignon pour le pineau blanc ; Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon et Merlot pour le pineau rouge.

 
Dégustation par les Maitres-Œnophiles
Yves Beauchemin et Jean Claude Denogens
Château de Beaulon, Pineau des Charentes blanc 5 ans d’âges.
Code SAQ : 66043 prix : 19.95 $ (cliquer code)

Très agréable en apéritif, servi frais 8°.
Parée d’une superbe robe aux reflets vieil or.
Ce pineau livre au nez des notes de fleurs blanches,
de fruits confits, de miel, de zeste d’orange et d’abricots sec.
En bouche la texture et généreuse et onctueuse. Il est particulièrement à l’aise en toute compagnie. Irremplaçables sur le foie gras,  le veau à la crème, les fromages à pâte bleue comme le roquefort. Il convient à certains desserts, mais il est recommandé d’éviter de le boire sur des mets trop sucrés qui saturent le palais.
Château Beaulon blanc
   
Château de Beaulon, Pineau des Charentes Rubis 10 ans d’âges.
Code SAQ : 93245 prix : 30.25 $ (cliquer code)

D’un beau Rubis éclatant dans le verre, ce pineau puissant au nez généreux de pruneau , de cassis et de framboise. Sa chair est riche et soyeuse. Sa finale longue et délicieusement veloutée sur fond de groseille, cannelle, et cacao. On peut dire qu’après ces 10 longues années en fut de chêne, le Château de Beaulon, produit un fin pineau de France.
Mets : Foie gras poêlé, magret de canard aux pêches, gibiers fins pintade, caille.
Fromages : Fourme d’Ambert, très vieux gouda, glace, pâtisseries aux fruits rouges, chocolat et prunes.
Château Beaulon rouge
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
   
L'éloge au verre
«Donnez-moi un verre et je chanterai votre éloge
mais que l’échantillon ne soit pas trop petit.
Pour porter un jugement, il m’en faut
une bonne lampée»
(Goethe ).
L'art du verre
artduverre
Dès ses origines, le vin de raisin jouit d’un étrange prestige mystique que les autres boissons n’atteindront jamais. Je me pose la question, à savoir s’il n’y aurait pas eu une certaine complicité au fils des siècles avec les maîtres-verriers, afin de fournir un écrin à ce valeureux joyaux, le vin.

«Le verre alliance de la beauté et de la pureté,
a toujours embelli l’art de l’œnophilie.
Création du ciel et de la terre, mélange de
feu et de roche, l’homme l’a voulu pour lui».


«Verre: récipient multiforme, de préférence en cristal, toujours avec tige et pied, sans ornementation, équilibré, transparent, répondant à un évasement, une profondeur et un galbe consacrés par les verres de l’ensemble des académies des vins de France. Un verre sans pied ne peut servir qu’à boire et non à le déguster. Il existe bien sûr, des verres particulièrement étudiés pour la plupart des grandes régions viticoles françaises : Anjou – Touraine – Alsace – Bourgogne – Champagne – Bordeaux. Pour certains vins de liqueurs on peut tolérer des verres teintés en rouge, vert pâle et jaune.»
Extrait du «Glossaire Vineux du Docteur Eylaud»
«Verre en main, rappelons-nous, le choix fort judicieux de l’appellation donnée à notre gazette des œnophiles «De Vigne en Bouche»! N’avons-nous pas là, résumée en quatre mots, la synthèse de cette symphonie exaltante et ininterrompue de la vigne et du vin, dont les premières notes se jouent en «pianissimo» dans le silence du cailloutis terreux et de son cep noueux; puis la nature aidant, sous la baguette habile de l’artiste-vigneron, n’entendons-nous pas s’amorcer un «crescendo» qui atteindra son apothéose à la vendange si fiévreusement attendue, pour se prolonger en des accords de joyeuse reconnaissance jusqu’au moment béni où grâce au verre de cristal, le divin nectar viendra dans toute sa noblesse s’offrir aux lèvres du dégustateur averti comme à celles du pieux amateur.»
Docteur Samuel Letendre

   
verreanjou
vinanjou
Le verre d'Anjou
Crédit Illustrations: collections du
Dr. J-M Eylaud et Pierre Androuët
   
Verre d'Anjou

Crystal poli dessus le jour,
Arrondi par la main d’amour,
Animé de sa douce haleine,
Crystal où la troupe des dieux
Du nectar préservé des cieux
Va trompant sa soif et sa peine ;
Crystal planté mignardement
Sur un pied qui fait justement
La base d’une colonnette
Où règne pour le chapiteau
De feuillage un triple rouleau.
Le seul appui de la cuvette
Jamais ne puisse casser
Éclater, filer ou froisser
De ce crystal la glace belle,
Mais toujours près de mon soulas
Comblé de vin ou d’hypocras
Demeure compagnon fidèle.


Rémy Belleau
(1528-1577)
 
Les origines connues: 3,000 ans avant JC
Les premiers verres fabriqués par l’Homme sont originaires de Mésopotamie, de Syrie ou d’Egypte. Ils ne sont pas encore transparents ou translucides mais opaques, de couleur verte ou bleue. Selon Pline (Pline l’ancien, 23-79 ap JC): ce seraient des marchands phéniciens qui, faisant cuire leurs aliments sur les rives du fleuve Bélus dans des marmites supportées par des blocs de natron. L’invention du verre. Cette découverte fut-elle l’œuvre de métallurgistes ou de céramiste? Eut-elle lieu en Mésopotamie, en Syrie ou en Égypte? Il fallut plus de deux millénaires d’efforts pour que le feu métamorphose un humble mélange de cendres, de terres et de sable en une matière diaphane rivalisant en éclat avec le cristal de roche. Pendant près de mille ans, la palette des couleurs se diversifie. Diverses terres (sels ou oxydes métalliques) donnent des couleurs profondes ou vives : cuivre (rouge rubis et vert-bleu), fer (noir, marron et vert), antimoine (jaune), cobalt (bleu), étain (blanc opaque). C’est la caractéristique essentielle du verre, qui sera à l’origine de nombre de ses usages…
Soudainement au XVe siècle av. J-C. : le verre est devenu translucide et on le travaille.
 
grappeverre
bolancien

Les évolutions pendant le millénaire de la verrerie,
donnent cet aspect en verre creux vers le VII éme siècle avant JC, voici un profil du bol bleu syrien.

Le verrier dans ses recherches esthétiques,
nous offre ce verre soufflé en forme de grappe.

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bouteillegalloromaine
Parmi les très anciennes origines, et les plus remarquables
pièces, voici le vase de Liyeurgue du IV eme siècle
Bouteille gallo-romaine du procédé du soufflage
dans un moule au 1er siècle avant JC
 
«Ce qu’il y a de certain, c’est que la Chimie n’a point fait de découverte depuis celle des métaux, plus merveilleuse et plus utile que la découverte du verre. C’est par le prisme que Newton a anatomisé la lumière, et a dérobé cette connaissance aux intelligences célestes qui seules l’avaient avant lui.»
Diderot et d’Alembert
 
colporteurverres
«Verre jolys, verres troussez, lest pour
ces musequins coiffés (mignons pouponnés),
verres bien larges, bien longs, lest pour ces
gentils biberons (vrais buveurs), voilà ce que
clamait ce colporteur au panier débordant de
verrerie, à la fin du XVIe siècle.»
Le colporteur de verres
 
Avec le soufflage, au début de notre ère, se produit une des grandes révolutions technologiques. Le verre entre en force dans la vie quotidienne. Transparent ou coloré, il se décline en verres à boire, bouteilles ou flacons et orne les cathédrales. Selon les premiers manuels de savoir-vivre : on ne placera souvent qu’un seul verre pour toute une table ou, chez les riches, pour deux ou trois convives. Avant de boire «en un commun hanap», il convenait donc de s’essuyer la bouche à la serviette ou à la nappe. Sous sa forme la plus simple de cylindre à fond plat, le verre est un gobelet. Le verrier a cependant toujours aimé lui ajouter une jambe et un pied pour mieux mettre en valeur son contenu.
Le verre à boire mais pas à déguster,
dit le verre gobelet à fond plat
verrefondplat
Je me souviens de mon premier verre gobelet à font plat, par moitié rougi de vin. Puis l’âge adulte est venu. Juste avant le départ pour le service militaire, j’avais acquis le droit au vin pur. Bien vite le jeune homme adulte que j’étais, transforma en plaisir l’art de boire et de déguster.

Le réputé écrivain et œnologue Louis Orizet, nous fait partager une prestigieuse rencontre du vin et du cristal dans son ouvrage «A travers le cristal» ouvrage couronné du prix de l’Office International du vin. Éditions du Cuvier a Villefranche-en-Beaujolais. En savourant ce livre, j’ai tout de suite compris qu’il faut aimer le vin, pour lui-même et son lieu. A travers le verre de cristal, si nous savons regarder avec attention, nous devons retrouver l’image d’un coteau, le sourire de charmants vignerons, la beauté d’un manoir enchanté bordé de vignes et cépages Merlot.

A l’époque où j’étais profane, j’étais déjà admirateur du plaisir et du recueillement, des travailleurs de la vigne. Pratiquée avec raison, la dégustation me fit franchir des sensations inconnue. Le rite selon lequel il faut contempler son vin longtemps avant de le boire, n’a d’autre objet que de provoquer la réflexion et d’ajouter au plaisir des sens, mais, c’est au verre fin à tige et à pied que l’on doit tout cela!
 
Michel de Montaigne:
«Je me laisse aller à certaines formes de verres,
et ne bois pas volontiers en verre commun».
Le philosophe a dit «chaque sens est l’occasion d’un art». La forme des verres varie selon les types de vin à déguster et les régions. Montaigne qui aimait vider de petits verres, s’intéressait déjà à cette variété de forme, et remarquait que ceux des Allemands étaient «grands outre mesure» et ceux des Florentins «extraordinairement petits».

Au 19e siècle, on appelle dé à coudre ou coquille de noix un verre tout petit. Michel de Montaigne ajoute : « Je me laisse aller à certaines formes de verres et ne bois pas en verre commun ». Le choix de la verrerie fine est destiné à contenir et à faire apprécier un vin fin. Le verre doit savoir faire oublier sa présence dès l’instant que les lèvres entrent en contact avec le vin. L’œnophile préfèrera un verre fin avec une jambe et un pied, car la jambe et le pied permettent les mouvements giratoires pour développer le bouquet du vin.

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La gamme des verres de France
Michel de Montaigne
Au cours de nos nombreux pèlerinages aux sources du vin, nous avons pu remarquer bien souvent que les verres changent de formes suivant les régions traversées. Les producteurs en collaboration avec des maîtres-verriers, se sont efforcés de trouver pour les vins, les alcools et les liqueurs des formes de verre mettant le mieux possible leurs production en valeur.

Du passé, nous avons hérité des verres de formes diverses, taillés et ornementés, colorés parfois. En vérité, si les formes différentes sont justifiées par le caractère des vins et leur provenance, les fantaisies privent l’œnophile de son premier plaisir : celui d’admirer, dans son authenticité, la robe du vin, qu’elle soit d’or pâle, d’or vert, d’or chaud, de rose ou de rubis. Seul le cristal, dans sa pureté absolue et sa simplicité, la met en valeur.

Pour que son bouquet s’exhale parfaitement, le vin de Bourgogne a besoin d’offrir au contact de l’air une surface suffisamment large favorisant l’oxydation. Le vin de Bordeaux, lui n’a pas cette exigence : une surface plus restreinte suffit au développement de son bouquet. Le champagne fut longtemps servi en larges coupes, ce qui était une erreur, son bouquet élégant devant au contraire être concentré. C’est pourquoi la flûte ou le verre en forme de tulipe ont logiquement triomphé.

Le verre à vin d’Alsace, dont la coupe est perchée comme une jambe de cigogne, ne doit pas être coloré. Quant au verre à vin d’Anjou, il a toujours été fort simple, sa seule fantaisie se révélant dans le fond presque plan du verre. La plupart de ces verres ont cependant un point commun : celui de se resserrer vers le haut de la coupe, afin que les effluves puissent se concentrer pour le plus grand plaisir de l’œnophile. Comment ne pas se sentir charmé par cette admirable diversité
.
 
verresborgogne
quatuorpourvin

Voici un choix simple de verre pour œnophiles.
Un verre pour le blanc, un verre pansu pour le vin rouge, un plus petit pour le vin viné et une flûte pour le champagne.
Ces verres mettent en évidence, ce que le vin a de mieux à offrir. Incolores, ils sont peu épais, muni d’une longue tige et d’un pied. Remplis au tiers, et en harmonie avec l’œnophilie.
Le distingué verre de Bourgogne présente le vin blanc Aligoté, dosé de quelques goûtes de Cassis de Dijon ce quidonne le réputé et fameux «Kir»
 
   
verregrappe
dieubacchus
Le vin ne change pas, quel que soit le récipient dans lequel on le sert, et pourtant l’appréciation de l’œil et du nez sont aussi importantes que celle du palais. Le vin gagnera donc à être servi dans un verre fin, parfaitement transparent.
Le dieu Bacchus tenant une coupe.
Hommage aux formes de verres fins et harmonieux.

Dans la parade depuis la gauche, le premier, un verre de forme conique très évasée en cristal, verre de plaisir mais pour boire seulement. Le deuxième un verre INAO, les professionnels utilisent ce verre (créé en 1970 à la demande de l’AFNOR). Le troisième, le verre œnologue a été conçu selon le même principe avec un pied plus haut et plus d’élégance. Le quatrième, la coupe du vin de champagne des années 60-70, elle est de plus en plus reléguée au placard.
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Le cinquième, le verre à crémant ou à champagne en forme d’œuf, à fond pointu. Le sixième, le verre ballon sur pied, utilisé dans les bistrots et un verre pratique à l’usage du vin blanc et à vin rouge. Le septième, ce verre fin et agréable, par sa forme, son épaisseur et à fond plat, n’incite pas à la dégustation, mais à une consommation d’eau par exemple.
La carafe à fond plat, le carafage est un terme plus vaste exprimant l’action de transférer un vin d’une bouteille dans une carafe, ceci dans le but de l’aérer, de mieux apprécier sa couleur grâce à la pureté du cristal et d’éliminer le dépôt souvent présent dans sa bouteille d’origine.
carafes
verreuniversels

Il existe un verre dit universel ou verre INAO
(Institut National des Appellations d’Origine).

Certaines régions de France, tel le Jura ont adopté ce verre.
C’est un verre sobre, sans couleur ni dessins, en cristal pur avec une faible épaisseur, un pied effilé et long possédant une base ventrue.
Dans ce monde fascinant du vin, la France vigneronne, nous offre une charmante variété de verres fins, pour le plaisir des yeux, du nez et de la bouche, qui font chanter le vin à l’unisson de la terre qui l’a vu naître.
Le verre universel
 
verrealsace
verrebordeauxblanc
Voici la forme traditionnelle du verre à vin d’Alsace.
La coupe est perchée comme une jambe de cigogne.

Depuis la nuit des temps, et que l’homme sait faire
du vin, il s’est servi pour le déguster de toutes sorte de récipients mais, dans son évolution le verre de Bordeaux, nous est aujourd’hui présenté fin et élégant.

verrebordeauxrouge
verrechampagne

L’œnophile désirant un vin, avant de le goûter, il observera sa robe. Il humera et analysera son arôme.
Puis il le dégustera. Qu’il soit rubis ou topaze, le vin de Bordeaux est vraiment en harmonie dans son élégant type de verre.

Sa majesté le champagne dans sa belle flûte est un souverain séduisant plein de gaieté.
L’observation de sa discrète prise de mousse et le feu d’artifice de ses fines bulles est un véritable plaisir.

Mémoire d' œnophile
pierreandrouet
Lors d’une célèbre conférence «champagne et fromage» tenu dans son restaurant au 41, de la rue d’Amsterdam Paris, entièrement dédié au fromage. En 1979, j’avais découvert chez cet ami pape des fromages et grandœnophile, un sommet du raffinement et de l’élégance française grâce à la trilogie champagne, fromage et cristal.

Pierre Androuët
Président de la Guilde des Fromagers de France.
(aujourd’hui décédé)

 
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Entre ciel et terre, un verre fin pour œnophile.
Depuis juin 2010, les passagers des cabines La première et Affaires peuvent déguster les vins de la Cave Air France dans de nouveaux verres œnologiques. Ces verres uniques, créés pour Air France en collaboration avec Olivier Poussier, Meilleur Sommelier du monde et sommelier conseil d’ Air France, ont été développés à partir de verres à dégustation utilisés par les professionnels. Répondant aux exigences de la dégustation et adaptés au service à bord, ce nouveau verre sans pied élégant à la paraison galbée permet l’aération du vin.
La finesse et ladélicatesse du cristallin lui confère un contact délicat en mainet sur les lèvres, pour le plaisir des heureux voyageurs à la française.

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La bouteille préférée

La bouteille que je préfère,
soit de vin rouge ou de vin blanc,
est, croyez moi bien, la dernière,
toujours débouchée en tremblant.
N’ouvre-t-elle toutes les portes
des souvenirs et des espoirs
venant des raisins, des comportes,
des vendanges et des pressoirs ?
Car, toutes les autres, vidées
avant celle ci, ne sont plus
que témoins morts de mes idées
sur des feuillets plus ou moins lus.

Ainsi, cette œuvre, ma dernière
parlant de vin et rouge et blanc,
est celle, aussi, que je préfère
mais que je vous livre en tremblant.


Dr. J.M Eylaud
La bouteille

«Il y a, dans chaque grande bouteille, un merveilleux mystère que les poètes de la bouche ont appelé :
le bouquet».


Louis Forest

«La bouteille est un récipient de verre de formes variées selon certaines appellations et pouvant prendre des noms différents selon leur contenance. Le vin blanc appelle ordinairement du verre blanc et le rouge du verre sinon noir, du moins très vert foncé qui protège le vin de la lumière.

Ce mot est diminutif de «boute» qui signifiait : tonneau. Au chapitre de l’oracle de la bouteille, Rabelais parle d’un «bien long ordre de flacons, bourraches, fioles, ferrières, barils barreauls, homides, pots, pintes, cymaises antiques pendant d’une treille ombrageuse», comme récipients pour boire du vin. On dit qu’un vin récemment mis en bouteilles fait sa
«maladie de la bouteille». Pas de soins à lui donner avant que le Temps-médecin l’ait guéri. Cette affection guérit normalement et sûrement au bout de trois à quatre mois».
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Le poème en bouteille
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Par Charles-François Panard (1694-1765)
Construire et aménager la beauté du verre
Outre l’éloge du verre à boire, il y a un patrimoine architectural verrier remarquable où se sont manifestés talents locaux et artisans étrangers. Montréal en détient le patrimoine. Les Guido Nincheri, Tiffany, Pellus et autres artistes-verriers ont doté les bâtiments anciens de vifs coloris. Pensons aux vitraux des centaines d’églises (le réputé Montréal aux cent clochets) qui ont tant impressionné l’écrivain américain Mark Twain au XIXe siècle, ou encore ceux ornant les impostes des fenêtres et des portes de milliers de résidences privées. A Montréal, le verre est également présent dans l’architecture contemporaine. Le verre devient matériau de construction. Dans nos immeubles modernes, il se décline en longues façades aux mille couleurs comme au Palais des congrès de Montréal.  
 
L’industrie du verre et sa révolution mondiale
Sur d’anciennes terres de la maison des filles du roy, une usine fut édifiée en 1905 à Pointe-Saint-Charles, appartenant aujourd’hui à O-I (Owens-Illinois), le premier producteur mondial du verre. On y produit des objets en verre qui ont transformé les habitudes des ménagères québécoises. Quel progrès depuis l’invention de la canne à souffler. Avec les machines automatisées que l’on installa alors, l’industrie verrière connut une révolution, qui se poursuit aujourd’hui par le recyclage du verre. Depuis l’invention du chalumeau de verrier, il y a environ deux mille ans, la fabrication du verre n’a pas beaucoup changé. Aujourd’hui encore, les souffleurs de verre prennent la matière en fusion visqueuse hors du creuset à l’aide d’une longue canne, effectuent des mouvements de rotation pour contrecarrer l’étirement du verre et lui donnent forme comme par miracle, à la force de leurs seuls poumons. Cette canne est un tube de fer long d’environ 1,50 m, dont l’extrémité qui s’applique aux lèvres du verrier est resserrée et l’extrémité opposée légèrement évasée. Mais cela c’est de l’artisanat.
Adresse du site internet:
http://www.o-i.com
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Morceau de verre en fusion fixé au bout de la canne. Le soufflage du verre en fusion s’effectue en prélevant (on dit « cueillant ») une masse de verre (la «paraison»), dans laquelle on introduit de l’air en soufflant dans la canne.

 
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Le 8 juillet 2010, je fus accueilli par Madame Ghyslaine Morel, CRHA des ressources humaines de O-I Canada. J’ai pu visité les endroits cachés de la fabrication et installation montréalaise de l’ancienne Dominion Glass à Pointe-Saint-Charles. La plus impressionnante et importante usine de production mondiale. Quels pas de géant depuis 1903, ou Michael Joseph Owens, mettait au point une machine pouvant fabriquer automatiquement 13,000 bouteilles par jour. Alors qu’aujourd’hui l’usine en produit 1 million et demi par jour. 450 employés se répartissent le travail en deux quarts de 12 heures. Avec 80 usines dans le monde, la société emploie 22,000 personnes, réparties dans 21 pays. En 2009, son chiffre d’affaires s’élevait à 7,1 milliards USD.
Un des six puissants fours de production  
O-I lance une nouvelle ligne de
bouteilles de vin légères

La nouvelle ligne de bouteille légère à Bordeaux et à Bourgogne de 750 ml fait partie de l’initiative O-I Lean+Green (R), élaborée pour la conception de bouteilles plus résistantes et durables, mais plus légères, en utilisant des techniques de fabrications avancées. La ligne Lean+Green est disponible dans une variété de couleurs, dont le Vert champagne, Cristal, Vert émeraude et Vert feuille morte, et seront entre 16 et 27 pour cent plus légères que celles qui sont offertes présentement.
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Exposition d'une partie de la gamme
de bouteilles
produites.
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De l’artisan soufflant un mélange de sable, de soude et de chaux chauffé, à la production de masse qui commença à la fin du 19e siècle, «La Maison Saint-Gabriel» présente Verre et re-verre qui retrace presque 400 ans d’objets en verre. C’est l’histoire du verre à Montréal qu’il faut découvrir dans ce précieux musée, véritable oasis de beauté et de culture. L’exposition Verre et re-verre nous parle du verre, de son industrie et de son recyclage, en évoquant l’histoire de l’usine, installée depuis 1905 à Pointe-Saint-Charles, sur les anciennes terres de la Maison Saint-Gabriel et appartenant aujourd’hui à O-I (Owens-Illinois), le premier producteur mondial du verre. Construite au 17e siècle, la Maison Saint-Gabriel est une des plus anciennes maisons de Montréal encore existante. Un véritable bijou d’architecture qui mérite le détour. La Maison Saint-Gabriel est située au 2146, place Dublin, à Pointe-Saint-Charles près du parc Marguerite-Bourgeoys (rue Wellington).

À moins de cinq minutes en auto du Vieux-Montréal ou par le métro Charlevoix, autobus 57 est.

Adresse du site internet:
http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca
   
Rendons hommage en levant notre verre, aux Maîtres-verriers de l’univers.

Pour la fabrication, la fusion, le soufflage, la moulure, le polissage acide, la gravure, la taillerie, la décoration, la pantographie, le relevage, la signature. En 2011, lors de mon 40e anniversaire au service de la science œnophile entre Québec et Bordeaux, mon verre et mon tastevin m’auront finalement raconté beaucoup d’histoires vini-gastronomiques.
« Hoc erat in votis
Cela était dans mes vœux »
 
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
 
Si le merveilleux et ingénieux Tastevin m'était conté
 
Sous notre belle devise de l’«Ordre du Mérite Œnophile»
«Rubis ou topaze
Même délice, même extase»
Avant que le tastevin n’ai disparu sous la poussée des jeunes viticulteurs, avant même qu’il ne soit acheté, parfois fort cher, par quelque antiquaire, comme témoin des temps révolus, j’ai désiré faire revivre son histoire depuis la plus haute antiquité jusqu’à ce jour. Le tastevin vaut bien une étoile! Je me suis souvent posé la question.
Oui ou non! Bon, alors fondateur et animateur de l’Ordre du Mérite Œnophile, puis journaliste de la presse du vin, ayant débuté ce merveilleux métier au quotidien «La France» à Bordeaux.

Depuis plus de quarante ans je parcours les vignobles de France curieux et ad
mirateur de cette mystérieuse petite tasse j’affirme ceci : Ce merveilleux petit instrument argenté qui sert à goûter les vins me paraît aussi vieux qu’une étoile. Il brille de ses mille feux quand on lui verse quelques gouttes de vin, il nous réfléchit, les lumières du précieux nectar nuancé des reflets topazes ou de rubis. Bon d’accord, s’il ne vaut pas une étoile, il vaut son pesant d’or. Cette petite tasse argentée pour goûter le vin, nous vient dit-on de la nuit des temps.
C’est une Antiquité comme la vigne et c’est certainement l’arme bien inoffensive du premier vigneron mais aussi des modernes chevaliers du vin.
Il demeure un juge impitoyable, séparant le bon du mauvais, révélant la vérité, l’honnêteté, la franchise, trois vertus si nécessaires au vin. Alors, pour nous, dignitaires de l’Ordre du Mérite Œnophile et de sa gazette De vigne en bouche, le tastevin, est sans aucun doute notre médaille en guise d’étoile pour les tastevinages de notre gazette des œnophiles sur notre attrayant site, d’où notre noble remarque : «Le tastevin vaut bien une étoile».

Précision :
Selon le Dictionnaire Larousse : Tâte-vin ou Taste-vin n. m. inv. Tâte-vin : Tube pour aspirer, par la bonde du tonneau, le vin qu’on veut goûter.
Taste-vin : Petite tasse plate de métal dans laquelle on examine le vin qu’on va goûter.
Selon le Glossaire Vineux du Dr J.-M. Eylaud, poète vigneron Bordelais.
Tastevin : Coupe sans pied, en argent ou métal argenté, cristal ou faïence parfois, qui permet de mirer et de déguster les vins, principalement en Bourgogne où est la Confrérie des Chevaliers du Tastevin.
   
pipette
La pipette appelée aussi (sonde à vin ou canne à vin) pour retirer par la bonde le vin d’un fût, le vigneron plonge dans le liquide un tube (la pipette) muni d’une anse à la partie supérieure qui se remplit selon le principe des vases communicants (d’après les lois de Pascal sur l’équilibre des liquides), puis il bouche avec son pouce l’extrémité extérieure, retire le tube et laisse «pisser» (couler) le vin dans la coupelle d’argent.
Pourquoi deux objets s’appellent tastevin : tastevin-coupelle et tastevin-pipette. Pourquoi l’un et l’autre se nomment «tastevin»? Voici deux petits appareils à usage vinicole désignés par le même vocable mais qui sont complémentaires. Le premier sert à tirer le vin pour remplir le second et celui-ci sert à apprécier le vin, c’est-à-dire le «tâter».

D’où viens-tu belle tasse à vin ?

«Hygie, associée au culte de son père Asclépios, comme déesse de la santé, était représentée avec en main une coupe à boire, sans anse, avec parfois un pied. Cette vieille coupe servait, dans l’antiquité, pendant les fêtes religieuses et les libations. Elles étaient en céramique et plus tard en bronze. Elles prirent de l’extension à partir du XVIIIe siècle ou on contracta l’habitude d’y faire graver son nom. Les tasses en argent se répandirent à partir du XIXe siècle. Elles comportaient une petite coupe munie d’une anse verticale ornée ou de pendeloques avec tête de serpent ou d’un serpent à deux têtes. Les tasses à déguster sont aussi désignées par les termes tastevins ou tâtevins.»
(Source : Norbert Got. Le livre de l’amateur de vins).
minerve
  MINERVE, déesse romaine assimilée à ATHENA déesse grecque dont HYGIE serait l’arrière petite cousine. Avec succès elle fait goûter au serpent le «breuvage des dieux» dans une coupe qui serait l’ancêtre du TASTEVIN. (Dessin : archives de l’auteur)
 
petitsamours
«Petits amours, marchands de vin»
Fresque de la Casa des VETTII. POMPEI, 1er s. ap. JC. sans doute entre 64 et 79
Le panneau du mur est d’un noir verdâtre sur lequel les personnages se détachent en brun clair.
Tout porte à croire que nous avons affaire à un objet semblable à la tasse bordelaise.
(Photo collection archive Dr J.-M. EYLAUD)
 
LE TASTEVIN D’ARGENT

Le tastevin d’argent qui brille devant moi
C’est pour le vigneron un symbole de foi,
Ultime souvenir d’un vieux négociant.
Il a vu, dans ses flancs, passer des vins brillants,
Vins merveilleux, orgueil de notre France
Depuis le rosé de Provence,
Qui vient du pays des cigales
Jusqu’à nos vins que rien n’égale.
Fiers bordeaux, bourgogne à mine altière,
Beaujolais malicieux qui chante dans les verres,
Vins capiteux du Roussillon,
Rendent les Catalans fripons
Lorsque la tramontagne
Leur porte dans le soir des accents de sardagne :
Le tastevin d’argent les connut un jour
Et dans sa longue nuit, il en rêve toujours.


André Mouls

« Pour boire l’eau qui sourd de la claire fontaine,
il suffit du creux de la main,
Mais pour goûter le sang des vignes souveraines,
Il faut avoir un tastevin ».


Dr. J.B. Chambat
Chancelier du Bousset d’Auvergne
tastevin
Le tastevin bourguignon
La tasse bordelaise
Ce n'est pas sans émotion, que je fais revivre les vicissitudes du tastevin, merveilleux outil argenté de ma jeunesse dans la vigne. Voici la belle devise d’un tastevin de Touraine:
«JE RESJOIS LES CUEURS»


Dès mon plus jeune âge de raison avec le vin, j’ai été mis en présence de cette curieuse tasse à vin. Le souvenir le plus extraordinaire qui me reste, est celui du marchand de vin, qui, de village en propriété viticole durant les vendanges parcouraient à bicyclette les chais. Ce jour là, il se présenta au Domaine du Couderc et après quelques propos d’usage, il sortait de la poche de son gilet, enveloppé d’un chiffon, son tastevin d’argent, brillant, et patiné par l’usage du temps. A l’aide de la pipette en verre, mon oncle, préleva un peu de vin dans la barrique et lui en versa quelques gouttes dans sa tasse. Il humait le vin, le mirait tout en imprimant à son petit récipient un mouvement circulaire de gauche à droite dont je ne comprenais pas la signification, puis il goûtait par petites gorgées en émettant un susurrement mystérieux.

Après quelques gorgées dont certaines étaient recrachées dans le baquet à sciure, et sa réflexion suivant son plaisir et la qualité du vin, le vigneron avait le choix selon l’offre, de vendre. Sinon il attendait le printemps suivant. Mon admiration et mon interrogation, à la fois était grande devant l’habileté et le vocabulaire de ce marchand de vin itinérant, qui, à l’aide de cette petite tasse d’argent pouvait par ses yeux, son nez, son palais et sa langue décider d’acheter aussi vite, un vin qu’il avait si peu goûté. J’étais enfant et j’ignorais l’art de la dégustation. Plus tard, je devais en apprendre beaucoup plus sur cet utile objet d’argent. On distingue deux types de tasses à déguster : la tasse bordelaise et la tasse mâconnaise, que l’on désigne par les termes tastevins ou tâtevins.

La tasse bordelaise donne l’apparence réelle du vin, sans aucun artifice, elle n’a ni bord ni anse. C’est un tronc de cône très ouvert et uni avec un fond hémisphérique convexe. Les Bordelais croient que leur tasse à vin est le seul tastevin parce que, sans anse, il ressemble alors à une coupelle de même grandeur et de même forme que celle de l’Antiquité. On la retrouve dans la Confrérie «Les Compagnons du Loupiac».


La tasse maconnaise «cupulettes», des boutons, une bande de stries parallèles avec au centre « l’ampoule». «Le tastevin est un récipient spécifiquement bourguignon» nous dit-on au Clos Vougeot. D’ailleurs la célèbre «Confrérie des Chevaliers du Tastevin» en a fait son heureux emblème officiel.

J’ai eu personnellement, l’honneur de recevoir dignement ces deux types de tastevins, lors de mémorables intronisations dans mes nombreux pèlerinages aux sources des vins de France. Il y a vraiment lieu de s’extasier devant la conception de cet outil admirablement conçu en vue de son rôle. Sa réalisation purement empirique a été l’œuvre d’obscurs artisans mais combien observateurs… Je cite avec plaisir cette phrase de René Mazenot, ancien Professeur de Sciences Naturelles, auteur de «Le tastevin à travers les siècles».

«Comme nous sommes loin de la manière de déguster de notre enfance! Le tastevin jamais lavé, ne quittait pas la poche du tablier de grosse toile grise. Aussi percevait-on, au fond des cuvettes et des torses un dépôt adhérant fortement.
C’était, passez-moi l’expression, un tastevin «culott» comme le fut le «quart» de nos Poilus dans lequel certains auteurs n’hésitent pas à voir un dérivé du tastevin.»

Le marchand de vin et le tastevin
«Quelle vie est donc celle d’un homme
qui se retranche du vin»
(Eccl. XXX133).
Muni de cet ingénieux dispositif, comment le dégustateur œnophile, peut-il goûter son vin. La tasse étant à moitié pleine, solidement tenue, le pouce serré sur la poucette, il cherche déjà l’éclairage le plus favorable pour ses observations, puis, inclinant, par un mouvement ménagé du poignet, la tasse de gauche à droite puis de droite à gauche et vice–versa, il fait passer son vin alternativement des stries aux cupulettes, le «fardant» et le «défardant» tour à tour, ce qui lui permet, en définitive, de se faire une opinion moyenne sur l’intensité de la «robe» et sur la limpidité du liquide. Le côté cupulette (que l’on nomme aussi les boules) qui ne «farde» jamais le vin est appelé «côté acheteur» alors que le côté strie (appelé aussi les virgules) qui l’avantage toujours est le «côté vendeur». Quand à «l’ampoule», elle a son utilité : elle réduit, par le volume qu’elle occupe dans la tasse, la quantité de vin nécessaire pour faire un examen, ce qui est intéressant lorsqu’on déguste sur échantillons réduits pa. Les boules et les virgules sur les côtés et le fond servent à brusquer le vin afin de voir son évolution.

Que reprochent au tastevin d'argent les partisans du verre à déguster?
D’abord qu’il est d’un entretien assez délicat, souvent terni et que de ce fait, les phénomènes de réflexion dus aux cupulettes sont parfois flous et difficiles à observer etc, etc. On reproche, encore, à la tasse de présenter le vin à l’air sur une surface trop étendue pour son volume ce qui nuit à l’olfaction des bouquets et des odeurs. L’avantage : ces tasses, plates et résistantes aux chocs, se logent facilement dans la poche sans occasionner de gêne. Actuellement, seuls les professionnels les emploient.

Voici un large extrait d’un passage du précieux livre de Monsieur Bernard Ginestet & Claude Prigent intitulé «Essai esthétique sur la présence des Confréries du vin en Pays Bordelais à la fin du IIe Millénaire». Nous sommes heureux de publier ce texte, soutenant le point de vue de leurs auteurs. Avec l’aimable concours du Grand Maître de la «Commanderie les Compagnons du Loupiac», Monsieur Philippe SEROIN du Château Le Moyne 33410-Loupiac Gironde. Auquel, j’adresse à la veille de notre 40e anniversaire de l’ «Ordre du Mérite Œnophile» en terre Québécoise, mes savoureux et bien sincères compliments d’œnophile.
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Philippe SEROIN Grand Maître de la Commanderie les Compagnons du Loupiac, ouvrant le solennel chapitre de la fête de la fleur. (Photo offert par la commanderie de Loupiac)
«Le vin de Loupiac est un cordial délicat et tonique qui charme le palais, réjouit l’estomac et respecte la tête. Par essence – et donc par existence

Jean-Paul Sartre
Peut-être y avait-il des loups dans les parages, pour que le village en conservât la trace dans son nom. Peut-être aussi qu’un Lupius fut, au IIe siècle, le premier vigneron du cru. Toujours est-il qu’un écusson à tête de loup orne la cape noire, doublée et bordée de jaune d’or, des Compagnons du Loupiac. Fondée en avril 1971, cette confrérie tient ses principaux chapitres lors de la fête de la Fleur, ce qui n’est guère original en Bordelais, mais aussi pour célébrer le Vin Nouveau au mois de décembre, ce qui est beaucoup moins fréquent. Les agapes sont chaleureuses et sans affèterie. Le vin de Loupiac est un cordial délicat et tonique, qui charme le palais, réjouit l’estomac et respecte la tête. Par essence – et donc par existence, ajouterait Jean-Paul Sartre – il doit être consommé avec modération, exprimant par là qu’il n’est pas un vin de soif mais de plaisir subtil. Il est aux vins blancs secs ce qu’est le parfum à l’eau de Cologne. L’antique château du Cros domine le coteau de Loupiac et sa silhouette déchiquetée donne un aspect quelque peu fantastique au paysage.

Construit au XIe siècle,vraisemblablement sur des ruines romaines, il fut plusieurs fois remanié aux XVe , XVIe et XVIIIe siècles. Non loin de là se trouvent les restes du prieuré de Saint-Romain, comportant un cellier où l’on voit les vestiges d’une grande mosaïque avec pampres. Pour les moines d’alors, la célébration quotidienne de la messe devait être un exquis moment d’extase, par la grâce du divin breuvage emplissant les burettes. L’insigne porté en sautoir par les Compagnons du Loupiac, au bout d’un cordon doré, est la tasse à vin bordelaise. Je ne manquerai pas cette belle occasion de rappeler qu’elle est l’ancêtre de tous les «tastevins» bourguignons et autres. C’est un contemporain de Rabelais qui la fit ouvrer pour la première fois par un orfèvre du quartier Saint-Pierre à Bordeaux, en 1539. Son nom véritable est l’ombilic, à cause de sa forme qui rappelle le nombril et qui permet la réflexion de la lumière à travers le vin, quel que soit l’angle d’incidence du rayon. Autre leçon d’exactitude : à Bordeaux un «tâte-vin» est la pipette en métal avec laquelle on prélève un échantillon dans une barrique. Les Compagnons du Loupiac sont les gardiens vigilants de la véritable nature des choses.
 
loupiac
Voici un autre beau poème «ès vignes» écrit à la seule gloire du tastevin et de la tasse bordelaise.
VIEILLE TASSE D’ARGENT

Tasse qu’avec respect on saisit de la main
Des vieux parents, bijou qu’on transmet sans cesse,
Toi qui, sur les tonneaux, t’étales sans écrin,
Tu donnes aux gourmets ou l’espoir ou l’ivresse.
Combien de lèvres ont, sur tes bords d’argent fin
Posé d’ardents baisers, d’amoureuses caresses
En goûtant savamment l’arôme de nos vins
Mis à nu sur ton fond reflétant leur finesse.
Tu honores toujours l’œuvre de l’artisan
Qui modela ta forme et fit tes ciselures
Pour charmer le regard et pour braver les ans.
Certes le clair cristal doit envier ton destin
Quand le pouce et l’index t’élèvent pleine et pure,
Vieille tasse d’argent, O précieux tâte-vin.


Auteur Inconnu
La séduisante tasse bordelaise de loupiac.
Dionysos-Bacchus enfant roi dans son berceau, l ’antique et célèbre tasse de Loupiac. Au milieu d’une joyeuse danse des feuilles de vignes dansant en sabot de vignerons.
(Illustration œuvre bachique du poète vigneron J-M Eylaud)

 
Il existe en France, aujourd’hui plus de cent confréries vineuses, dont dix-sept ont pour insigne le tastevin. Mais sans aucun doute, la tasse à vin bordelaise par ses origines demeure l’ancêtre. Que va donc devenir notre beau tastevin d’argent, si vénéré de nos ancêtres et si appréciés de nos grands-pères vignerons.

Je crois, que pour ceux plus spécialement, et ils sont nombreux, qui se groupent aux seins des nombreuses et sympathiques Confréries vineuses, cet ingénieux tastevin d’argent est et restera l’emblème folklorique de l’humaine civilisation du vin.
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
   


Si le merveilleux des vins blancs liquoreux de Bordeaux m'était conté (1ère partie)
 
motsavou20
Connaissez-vous cette liqueur d’or du Bordelais, c’est une merveille de dame nature. Elle est produite dans la belle région des AOC Sauternes-Barsac désignées « le Parthénon vineux » par Gaston Marchou, c’est cette sève d’un vin blanc bien spéciale, tout en finesse, ce velouté, cette onctuosité que nous allons découvrir ensemble, qui doit tout ou presque au Ciron, modeste affluent de la Garonne.

cartesauterneSauternes situé à 40 km au sud de Bordeaux, ce village de 600 habitants au cœur des vignes vous enchantera par son charme discret, Sauternes, réputé pour son vin blanc, « le meilleur liquoreux du monde » est parsemé de châteaux et de demeures anciennes. Le vignoble de Sauternes et Barsac recouvre une superficie de 2000 hectares, 240 producteurs et une production moyenne à l’année de 5 à 6 millions de bouteilles. Potentiel de garde 20 à 100 ans, prix dans notre SAQ du Québec en moyenne de 40,00 $ à 80,00 $, pour un Barsac et 530,00 $ pour un Château d’Yquem Sauternes premier grand cru classé 1997.

Seuls les vins produits par les communes de Sauternes, Fargues, Bommes, Preignac et Barsac ont le droit de porter le nom prestigieux de Sauternes ; mais les vignerons de Barsac peuvent déclarer leurs récoltes sous le nom de Sauternes ou Barsac indifféremment. Quand on regarde la carte vinicole de la Gironde, on remarque que toutes les appellations de liquoreux se retrouvent dans un petit terroir béni des dieux, situé de part et d’autre du Ciron à proximité de la Garonne.




Des vendanges par tris

Le Ciron est une rivière venue des Landes, à l’automne elle provoque par ses eaux froides un effet thermique en se jettent dans les eaux plus chaudes de la Garonne. Les journées d’automne sont humides le matin, ensoleillées et chaudes l’après-midi. Ce qui déclenche des brouillards favorisant le développement d’un champignon appelé botrytis cinerea, auteur du joli nom de la « pourriture noble ». le grain déshydraté et « rôti », c’est à dire extrêmement concentré en sucre, il sera récolté plus tard que les vins rouges, parfois même jusqu’en novembre et même pour Noël. Ce qui donnera naissance aux plus grands liquoreux du monde. La pourriture noble n’apparaissant pas en même temps sur toutes les grappes, il en résulte que les vendanges devront se faire en tris successifs. Que l’on nomme aussi la repasse, en ne ramassant à chaque passage que les raisins dans l’état avancé de confit (attaque de Botrytis). Il faut ainsi passer jusqu’à six ou sept fois dans les vignes au cours d’une même récolte. Résultat, les rendements à l’hectare sont extrêmement faibles, avec un maximum autorisé de 25 hl par ha. Ne dit-on pas en Sauternais à ce propos : « Un cep de vigne, un verre de vin »?

botrytisLe botrytis cinerea attaque à la fois l’intérieur et la peau du grain, qui va prendre une couleur de prune, brun-violet et bientôt se rider, se friper. Dans cette région, les vendangeurs doivent être de minutieux artistes. Pour l’encépagement du vignoble trois variétés de raisin concourent à l’élaboration du sauternes : Sémillon 80 %, sauvignon 15 %, muscadelle 5 %. Bien que le vignoble du plus grand liquoreux du monde, le château d’Yquem, n’ayant pas un pied de muscadelle. Le raisin sémillon est toujours majoritaire dans l’assemblage, sa peau fine prend bien la pourriture noble. Le raisin sauvignon blanc entre pour 10 à 20 % dans l’assemblage, ses arômes sont étincelants et frais, le raisin muscadelle est peut présent dans l’assemblage malgré sa petite touche aromatique aux vins. La nature des sols est graveleuse, argilocalcaire ou calcaire. Les grands vins liquoreux de cette région exigent une attaque massive du Botrytis : les raisins doivent être « rôtis ». Si j’invoque un miracle dans cette région bénie, ne riez pas… S’il n’y a pas de soleil, si l’humidité, du fait de précipitations excessives, est trop importante, la pourriture devient « grise » la récolte est perdue.

Une visite mémorable chez un Prince du liquoreux

chateauyquemJe me souviens de notre visite dans la célèbre propriété de la famille du Marquis de Lur Saluces, c’était en 1975, un de nos pieux pèlerinages dans ce haut lieu de Bordeaux, mon premier, effectué par l’Ordre du Mérite Œnophile. Conduis par les dignitaires, deux inséparables compagnons le Docteur Samuel LETENDRE, l’abbé Bertrand POMERLEAU et moi-même trois amoureux inconditionnels de ce nectar. La cotation du millésime sur 20 était 17. Nous avions dégusté un petit jésus en culotte de velours. Les grandes années de liquoreux ne sont pas forcément celles des autres bordeaux. Le botrytis ne se développe pas les années sèches. « Un grand sauternes ne doit pas laisser une impression sucrée » affirmait le célèbre Maître de chai des lieux. C’est une composition presque impossible qui fait de la dégustation d’un sauternes un moment de la communion. C’est pour cette raison qu’on évoque à propos de ce vin « l’extravagance du parfait ».



C’est le Marquis de Lur-Saluces, qui a dit :
« Les grands vins de Sauternes et de Barsac s’inscrivent en tête, parmi tant de prestigieux nectars faisant l’orgueil de la production française et dont le marché n’est autre que celui de la terre entière. S’il pouvait subsister à cet égard le moindre doute, il suffirait pour le dissiper de rappeler comme ils ont été copiés un peu partout dans l’univers : “cépa Sauternes” de la péninsule ibérique, Sauternes de… Californie, de Palestine, d’Australie et d’ailleurs ».

Il faut aussi citer Gaston MARCHOU qui, par son art d’écrire est animé d’un souffle poétique de qualité :
« Le Sauternes , c’est l’extravagance du parfait » et il continue dans son réalisme poétique Le « Sauternes est même quelque chose d’autre que le « nectar » puisque le breuvage que Ganymède et Hébé versaient aux dieux de l’Olympe était rouge. » Il faut sur place se faire expliquer « le goût du Botrytis cinerea » cet unique champignon qui apporte le fameux « goût de rôti », si fin si subtil, si harmonieusement marié au vin que les mots ne peuvent le définir. Ce minuscule champignon qui ne ressemble à rien et qui change tout y introduit le « crémeux », il magnifie le vin liquoreux qui s’habille de sa robe or, vieil or et avec l’âge de la sagesse qui scintillera vers le topaze ambré.

vignobsauternPour visiter le Château d’Yquem, il faut prendre rendez-vous 3 semaines avant. Quand on a la réputation d’être le plus grand vin liquoreux de la planète, il ne manque pas de monde à la messe. Certains disent d’Yquem que l’accueil est un peu snob. Peu importe, en bon œnophile (amoureux du vin), l’essentiel est dans ce merveilleux vin qu’il faut avoir goûté au moins une fois dans sa vie. Au Château tout est exceptionnel. Si l’écosystème de dame nature a favorisé Yquem, les hommes qui se sont succédé à sa tête et qui appartiennent à la même famille, les Lur-Saluces, ont, par leur constante exigence, donné naissance à un vin inimitable. La gloire de Sauternes coûte cher. Même si cette unique liquoreux est élaboré sur un terroir privilégié, ces longues vendanges, un rendement limité, chaque pied de vigne ne produisent jamais plus d’un verre d’Yquem, une fermentation en fût neuf, un élevage de trois ans… l’explication du prix est là : le monde entier connaît le nom d’Yquem !
En 1975, nous avions avec l’ami poète écrivain-vigneron bordelais, Jean Max EYLAUD, qualifié l’unique nectar d’Yquem, de « Volupté » en 1979 lors de l’édition le 20 février 1979, du « Glossaire vineux du Docteur EYLAUD » illustré par Raymond Gautier CONSTANT, Préface du Professeur Georges PORTMANN nous sommes heureux de retrouver ce mot savoureux, au même titre que « YQUEM-Y » je cite :

VOLUPTÉ
« Un vin, par sa couleur, son parfum, sa saveur peut être, en fait, voluptueux, sensuel et tentateur, mais il peut aussi, c’est un beau côté de son rôle, mettre, qui en boit, sagement en état réceptif agréable de volupté, source de bien des plaisirs ».
YQUEM-Y
Ce cru unique et célèbre nous sauve! À ce point que, par exemple, par exception lorsqu’il est exceptionnellement sec, il a, bien qu’il ait patronymiquement la particule d’Yquem, pour seule et noble appellation un Y… qui permet de rappeler les meilleurs mots qualificatifs de ce glossaire vineux.
AOC BARSAC
Situé sur la rive gauche du Ciron, qui la sépare de l’aire de sauternes, Barsac doit à la célèbre rivière landaise de posséder un grand vignoble de vins liquoreux. Le barsac grand liquoreux de garde est très proche du sauternes (appellation à laquelle il a également droit). Comme le sauternes, c’est un vin superbe et racé.
Barsac 670 ha – Production 13.500 hl – Principaux cépages sémillon, sauvignon, muscadelle. Nature des sols. Calcaires, graveleux, argilo-calcaires et sables rouges. Potentiel de garde 20 ans et plus jusqu’à 100 ans pour certains crus – Température de service 8-10 degré. Prix de 40,00 $ à 80,00 $ la bouteille dans notre SAQ du Québec.

Toutes les ressources du vocabulaire vinicole ne suffisent pas pour décrire ces merveilleux vins aux belles couleurs et aux saveurs absolument inimitables.
On ne boit pas un liquoreux de Bordeaux pour se désaltérer. On le savoure pour lui-même aussi bien qu’avec un accompagnement gastronomique. Il est une fin en soi. Il prédispose au rêve.

Conseil du maître-oenophile :
Instants de plaisir et de convivialité, c’est à table que l’on apprécie le mieux les vins. Le très regretté marquis Bertrand de Lur-Saluces, aimait dire « le plus illustre des vins liquoreux ne “jure” sur aucun accompagnement. Déniant la pseudovocation du “Sauternes-vin de dessert”. Ils font honneur d’abord en apéritif servi à 8-10 degrés. Ensuite sur le Foie gras, poulet rôti ou grillé; viandes blanches à la crème; poissons fins à la crème; roquefort; melon, fraises, salade de fruits…

Bachique, qualifie l’art, la littérature, la chanson, les fêtes qui se rapportent au vin ou au culte de Bacchus. Le vignoble bordelais, joyau d’une province plantureuse et accueillante, n’a pas produit qu’une gamme de vins incomparables. Il a engendré une manière commanderiede vivre et une morale. Exemple : “Le soleil est mon reflet.” C’est la charmante devise de la “COMMANDERIE DU BON TEMPS DE SAUTERNES ET BARSAC” qui fut créée le 6 juin 1959 au Château de Malle par le Comte Pierre de BOURNAZEL. Il s’agissait de valoriser une expression symbolique et imagée et de donner un écho plus vivant du Sauternais en menant des actions plus spectaculaires. En s’appuyant sur la tradition, elle sert la cause des vins de Sauternes et Barsac. Elle compte dans ses rangs les plus hautes personnalités du monde entier. Le costume se compose d’une robe en velours de couleur vieil or avec une épitoge verte, d’une coiffe en forme de “bon temps” ou desquet en velours de couleur vieil or avec un fond blanc. Le bontemps nommé en gascon desquet est cette coupelle de bois dans laquelle le Maître de Chai bat les œufs destinés au collage et à la clarification des vins. Ses manifestations de prestige permettent de contribuer au rayonnement mondial des Vins de Sauternes.

Heureux les curieux et les amis inspirés qui possèdent un exemplaire du tome premier de “Ma Muse en vendanges” (Tomme II). J’ai l’honneur et la chance d’en posséder un exemplaire dédicacé par feu l’ami EYLAUD. Donc honneur au liquoreux de Sauternes et Barsac.

Ballade du Bontemps-Sauternes

Ils vont, dans leur armure d’or,
les vins magiques de Sauternes,
que Bacchus verse, en fructidor,
dans barriques et non citernes.
Les blasons de ces chevaliers
toujours parés pour des croisades
illustrant de nobles celliers
parlant de gueules et rasades
sont, toujours, brillants cavaliers.

Tous les rêves sont leur trésor;
Ils n’ont, pour eux, de subalternes
et, quand ils prennent leur essor
c’est pour franchir toutes poternes.
Les combats de ces chevaliers
dans le bruit des arquebusades,
ou dans les duels singuliers
se terminent par des rasades
désaltérant les cavaliers.

Toujours criant : Encor ! Encor !
Orgueilleux de leurs goûts paternes,
Ils sont Nabuchodonosor
pendant rebelles aux lanternes.
Les pardons de ces chevaliers
sont de vineuses accolades
dans leurs beaux chais hospitaliers
où l’on voit, unis par rasades,
cavalières et cavaliers.
 ENVOI
Princes, princesses, tout cet or
aimé des dieux et des malades
est un soleil de messidor
déversant, du ciel, ses rasades ;
il est lances et boucliers
pour victoire à ces chevaliers.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
   


Si le merveilleux des vins blancs liquoreux de Bordeaux m'était conté (2ème partie)
 
Les poètes ont toujours évoqué à propos du vin blanc doux ou liquoreux, l’Or et l’Amour. Ils lui ont aussi prêté des pouvoirs insolites, des vertus magiques. N’a-t-il pas quelque chose d’un philtre? N’est-ce pas lui qui scintille dans la coupe des dieux de l’Olympe?
motsavou21
«Le vin est à lui seul un remède.
Il nourrit les forces, le sang de l’homme.
Il réjouit l’estomac, amortit le chagrin et les soucis».
                                                    Pline l’ancien
Couleur de paille, couleur de miel ou d’ambre clair, ses reflets, sa luminosité, sa transparence lui font une robe ambiguë, à la fois limpide et opaque, simple et secrète, mais toujours précieuse. Qu’il s’agisse d’un somptueux Château d’Yquem à Sauternes qui atteint dans son genre au chef-d’œuvre, ou des réputés Barsac, Cérons, Sainte-Croix-du-Mont, Loupiac, 1rès Côtes de Bordeaux, Saint-Macaire, Sainte-foy-Bordeaux, pourtant différents. L’encépagement de ces vignobles bordelais est à peu près partout identique. C’est donc une question de sol, de micro-climat et de millésime. C’est avec plaisir que je vous présente les trois variétés de raisin qui font merveille dans l’élaboration des liquoreux de Bordeaux.
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Le sémillon est le cépage blanc dominant à Bordeaux, il est toujours majoritaire dans l’assemblage on le trouve quelquefois seul. Sa peau fine favorise bien la pourriture noble. Il constitue donc la pièce maîtresse des assemblages dans les grands vins blancs liquoreux.
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Le sauvignon blanc
produit à Bordeaux incarne l’élégance et la fraîcheur, il entre pour 10 à 20 % dans l’assemblage.muscadelle




La muscadelle est le plus faible pourcentage dans les liquoreux de Bordeaux. Le vignoble du plus grand vin liquoreux de France, le château d’Yquem, n’en a pas un pied. Mais il participe avec bonheur à la richesse aromatique de ces vins liquoreux.
Dans ce superbe panorama des coteaux de la Garonne, l’appellation bénéficie de conditions très favorables. On y produit aujourd’hui quelques-uns des plus fins liquoreux du monde. Nous continuons notre pèlerinage avec dévouement et foi. Consommée avec modération et au repas, à mon avis chaque bouteille de cette liqueur d’or, recèle un véritable remède. Rappelons-nous la sage citation du célèbre professeur Georges Portman:

«À dose raisonnable, le bon vin est toujours
L’ami du corps et de l’âme».

Notre charmante farandole œnophile nous conduit dans le pittoresque village de Sainte-Croix-du-Mont. Situé en face de Sauternes, sur la rive droite de la Garonne, ce lieu bien différent de ce «Parthénon vineux» qu’est la région de Sauternes-Barsac, révèle une étrange curiosité naturelle. Il est bâti sur un plateau panoramique formé d’immenses bancs d’huîtres fossiles accumulés à l’ère tertiaire qui font l’admiration de tous les promeneurs œnophiles. C’est dans cette énorme couche de plusieurs mètres d’épaisseur qu’ont été creusées, dans certains domaines, d’immenses caves spectaculaires.

L’appellation Sainte-Croix-du-Mont bénéficie d’un vignoble au terroir précieux pour la production d’un grand vin blanc liquoreux. Élaborer avec les mêmes soins rigoureux que les Sauternes, les cépages sémillon, sauvignon, muscadelle trouvent ici un accord avec la géologie. Ici, l’onctueux sémillon est roi, et le sauvignon, réputé pour son tempérament sucré, contredit la muscadelle, aux arômes musqués. Comme en Sauternais au glorieux château d’Yquem, nous avions dans ce terroir et paradis pour séduire les œnophiles, retenu du «Glossaire vineux du Docteur Eylaud»,le mot AMOUR.
« Ce mot et son sens défini appartiennent à un dictionnaire du vin parce que tout ce qui est viticole, vinicole et appréciation du vin n’est possible et n’a de valeur qu’avec amour. On dit, par raffinement d’appréciation gastronomique qu’un vin « a de l’amour » quand, tout simplement, il a les qualités maîtresses pour rendre amoureux ceux qui sav ent le bien boire. Cette locution est usitée en Bourgogne pour qualifier un grand vin bouqueté, plein de feu et de sève »
Les vignerons de Sainte-Croix-du-Mont seraient bien ingrats s’ils se plaignaient du superbe panorama de la région. L’appellation bénéficie de conditions favorables, ses terrains sont exposés vers le midi et jouissent d’un ensoleillement exceptionnel. Il semble que le côté riche et généreux du vin soit attribué à l’influence du terroir argilo-calcaire, le sémillon (85 %) renforce la sève et l’ampleur au palais. Le sauvignon (12 %) contribue à l’ensemble du bouquet en insufflant un petit côté sauvage; quant à la muscadelle (3 %), elle apporte une sympathique touche capiteuse et parfumée.

dumontLa belle gamme aromatique du Sainte-Croix-du-Mont passe par le rôti, les fruits mûrs (Abricot); fleur d’acacia et miel. Les châteaux forts des XIVe et XVe siècles et les châteaux du vin ne manquent pas d’apporter un charme. Le château Loubens est un vrai manoir rural, du XVIIe siècle. Cet environnement superbe ne doit pas faire oublier que l’appellation est celle d’une superficie réduite, environ 450 ha répartie entre une centaine de viticulteurs.

Les vins liquoreux de Loupiac , Cérons et Sainte-Croix-du-Mont proches de la Garonne et contigus au Sauternes et Barsac sont souvent riches et doux, mais moins coûteux que leurs voisins. Pour le plaisir, voici présent sur nos tablettes de la SAQ du Québec.

Le Château Belair Sainte-Croix-du-Mont 2005 (Code: 895391) - prix 31,50 $.
Avec ses origines qui remontant à 1648, le Château Bel Air fait partie des plus anciennes propriétés du vignoble de Sainte-Croix-du-Mont. Géologie du sol : Coteaux argilo-calcaires contenant des agglomérats de fossiles d’origine marine (huîtres, coquillages, cailloux). Encépagement du vin : 100 % Sémillon.


Plaisir de l'œil :Une jolie robe dorée.
Plaisir du nez :Le bouquet du sainte-croix-du-mont est à la fois complexe et original, fruits secs, pain d’épices et de miel.
Plaisir de la bouche : La bouche est soyeuse avec une jeune fraîcheur, particulièrement séduisante et équilibrée, avec sa douceur et son gras. Plaisir de la table : À l’apéritif; foie gras; poissons fins; volailles; melon, fromages; cuisine exotique; desserts, tartes, fruits, sorbets.
Je me souviens des paroles et du curieux compliment de mon ami le poète Eylaud sur les vins de Sainte-Croix-du-Mont. « Sur la rive droite de la Garonne s’épanouissent des vins suaves d’une très grande finesse, qui leur a valu autant de médailles qu’il y a d’« escailles » anciennes déposées au sommet des coteaux ». commanderie2Comme dans les autres régions vitivinicoles et selon un rituel, il y a pour la défense et l’illustration de ces vins liquoreux la « COMMANDERIE DU BONTEMPS DE SAINTE-CROIX-DU-MONT ». La commanderie est heureuse d’accueillir « en tous lieux et devant quiconque » de nouveaux Commandeurs d’honneur, qui contribuent au prestige de ce vin. Depuis 1963, les viticulteurs font revivre leur confrérie vineuse dont la création, comme la renommée de ses vins, remonte à plusieurs siècles… La Commanderie représente célèbre et défend non seulement le vin, mais aussi l’ensemble des valeurs de cette culture. L’amitié et la Gaieté, la Spiritualité et l’Art, la Fidélité à la terre et le Respect de la Tradition. Voici sa devise : « Par le Bontemps; pour le Bontemps; toujours Sainte-Croix-du-Mont »

Les dignitaires de la Commanderie du Bontemps de Sainte-Croix-du-Mont en robe couleur jaune clair, épitoge lie de vin, tiennent chapitre le 3e dimanche de septembre et a dates variables dans les grottes d’Huîtres Fossilles.
L’amour du vin habite plusieurs poèmes, voici un autre poème du Docteur Eylaud extrait de ma muse en vendanges (Tome II), glorifiant le vin de Sainte-Croix-du-Mont.
Ballade du Bontemps, Sainte-Croix-du-Mont

Galants, en toilette choisie,
ces nectars aux pourpoints dorés,
tissés comme en Andalousie,
brillent avec des airs sucrés.
Sous leurs allures féminines
Ils cachent un cœur conquérant
et, souvent âmes léonines.
Si leur alcool est tolérant
c’est que leurs grâces sont divines.

Plus attrayants que l’ambroisie,
Ils se donnent aux altérés
Avec les élans d’Aspasie
dans des baisers énamourés.
Mais leurs caresses féminines
dans leur abandon apparent,
sont, quelque peu, forces gredines
pour qui serait intempérant
tant leurs tendresses sont divines.

C’est, toujours, avec courtoisie
et mille gestes mesurés
qu’ils provoquent la jalousie
de leurs voisins exaspérés.
Offrant leurs coupes féminines
Au mystère odoriférant
Ils sont fiers de leurs origines,
Le dernier rêve du mourant
Attendant les douceurs divines.

ENVOI
Princes à l’âme, un jour, choisie
pour ne laisser indifférent
ni peuple, ou noble, ou bourgeoisie,
on vous craint en vous célébrant;
car vos allures féminines
et vos propos édulcorés
vous donnent des armes divines
pour les faibles et timorés.

L’AOC des vins de Loupiac et les Compagnons du Loupiac.

loupiacLe 19 septembre 1976, j’étais intronisé « Dignus intrare »
« Compagnon du Loupiac »
quel prestige pour un humble journaliste! Je fus revêtu dans le rituel de la traditionnelle cape noire, doublée et bordée de jaune or avec l’écusson de loup. Puis j’eus après l’épreuve d’adoubement, pour arme bien inoffensive, le Tastevin type Bordeaux argent en sautoir, cordon doré. J’étais donc armé chevalier et investi du pouvoir avec la foi, de partir en croisade afin de répandre la bonne nouvelle, plume et tastevin en main, de l’Ancien monde vers le Nouveau. Moi, qui venais de découvrir dans mon pèlerinage au milieu des liquoreux de Bordeaux la magie, la finesse et la beauté inconnue. Pour finir dans l’extase au milieu des vignerons à la trogne très hospitalière. Depuis cette époque, je m’honore d’appartenir à trente Confréries vineuses françaises. Mais combien a été grande ma joie d’être vivement pressenti dans le prestigieux et mystérieux monde des vins liquoreux de Bordeaux. Au beau milieu des vignerons loupiacais, je découvrais les descendants spirituels du poète Ausone. En effet les Compagnons du Loupiac, arborant l’écusson tête de loup, d’où vient le nom de Loupiac (lupus, lupiacum), évocation de la louve romaine, ont décidé de porter au lointain, l’écho de la traditionnelle qualité des vins. Les vins de Loupiac servis très frais, mais non frappés se révèlent infiniment mieux sur un plat cuisiné quand on a une vraie faim… de loup! Les coteaux de Loupiac sur la rive droite de la Garonne entre Cadillac et la Réole se résument à une petite tache sur la carte du vignoble girondin. Il est vrai qu’avec moins de 400 ha, l’appellation est la moins étendue du département de la Gironde. Loupiac est aussi un miracle du Ciron, il favorise comme dans toutes les autres appellations des deux rives de la Garonne, le passage du raisin flétri au vin liquoreux nécessite un long et minutieux travail.

Voici un autre choix d’un liquoreux de Loupiac, présent sur nos tablettes de la SAQ du Québec.

La Cuvée d’Or du Château Dauphiné-Rondillon Loupiac
, code 10810146, prix 36,25 $. J. Darriet, propriétaire à Loupiac (Gironde) ( www.chateaux-tradition.com ). Il se déguste avec un foie gras, un poulet rôti ou grillé ou encore une viande blanche à la crème et bien entendu il fait merveille en apéritif.


Le temps passe… passe le bien
                                             
(Frédéric Mistral)

Claire Théberge et Jean Claude Denogens.
Amour, courage , devoir et soutien!

Amis lecteurs nous y voilà! un gros merci. Après chaque publication de mes chroniques, vous êtes nombreux à me faire parvenir des compliments fleuris, j’avoue sincèrement que c’est très encourageant, et je mesure le temps puis l’effort de bon coeur que vous y mettez. Mais dans la vie, il arrive un moment où il faut savoir faire le point et faire une sorte de gentil bilan. C’est à dire rendre à César ce qui appartient à César. Pour écrire et parler sur ce sujet vraiment inépuisable, il faut avoir beaucoup lu et il faut surtout visiter souvent la terre qui produit le vin. Ajoutons à cela de la passion et de la foi. C’est de cette foi que je désire vous entretenir, car la passion je l’ai.

« L’amour a fait les premiers pas ».
Oui, l’amour a vraiment fait les premiers pas, puis l’amitié et le vin le reste. Comme vous le savez, on ne fait jamais tout, tout seul et je veux rendre hommage à une femme, cette femme Québécoise admirable, qui est devenue mon étoile des neiges. Une étoile qui brille sur mon passage, une étoile qui me guide, une étoile aux étincelants yeux bleus sur qui je peux compter dans mes moments heureux comme dans mes moments difficiles pour réaliser ce parcours mémorable dans le charme et la culture du vin. C’est donc sur un air facile, d’une très ancienne chanson et très célèbre valse chantée par LINE RENAUD sur disque Pathé et jouée par JACQUES HÉLIAN et son orchestre. Musique de FRANZ WINKLER, paroles françaises de JACQUES PLANTE, que je débute ma courte histoire.

« Étoile des neiges
Mon cœur amoureux
S’est pris au piège
De tes beaux yeux »

Voilà, vous connaissez maintenant mon étoile des neiges, cette dame très méritante qui m’a aussi soutenu honorablement dans l’action et la récompense, du mérite agricole qui me fut décerné par le gouvernement français pour l’ensemble de mon œuvre envers la gastronomie, et pour la défense et l’illustration des vignobles de France au Canada. Voici un peu la petite histoire de cette prestigieuse décoration que j’ai dédiée à ma mère et à ma femme. Le 7 juillet 1883, Jules Méline ministre de l’Agriculture, institue l’ordre du Mérite agricole et crée le grade de chevalier. Le 18 juin 1887, François Barbe, ministre de l’Agriculture, crée le grade d’officier et le 3 août 1900, Jean Dupuy, ministre de l’Agriculture en créant le grade de commandeur, parachève l’institution.

Ainsi l’ordre du Mérite agricole, qui a pour devise « Honneur et Agriculture » est destiné à récompenser les personnes ayant rendu des services marquants à l’agriculture française, il comprend les trois grades suivants : commandeur, officier, chevalier. C’est une étoile blanche suspendue à un ruban vert et rouge. Cette décoration est considérée la Légion d’honneur agricole. Elle est une distinction de la République Française très recherchée et pas facile à obtenir. L’humour du bon peuple de la France profonde chercha jcdclaireà tourner en dérision la nouvelle décoration des champs et lui infligea l’amical sobriquet de « poireau » qui lui restera. Ce nom lui a été donné par analogie à l’insigne qui représente une étoile émaillée de blanc appendue à un ruban dont la plus grande partie est verte et à la plante potagère qui a un bulbe blanc surmonté d’un panache vert. Aujourd’hui, l’expression « avoir le poireau » perpétue le caractère populaire de la décoration du Mérite agricole. Dans son dictionnaire de la langue verte (1867), Alfred Delvau explique que « toute personne importante ou influente dans un milieu donné » est un ou une légume, on remarquera que, dans ce cas, le nom, habituellement masculin, peut s’utiliser au féminin. Madame, Mademoiselle, Monsieur, lorsque vous faites l’objet d’un mémoire de proposition dans le prestigieux Ordre du Mérite agricole, si vous êtes nommés, il faut vous attendre à recevoir le poireau ou l’épinard pour son ruban moiré vert. Comme ma vie a toujours été de servir, j’étais loin de m’attendre à cette récompense. C’est donc là que j’ai réalisé combien est précieux le soutien dans le couple. Claire, est mon soutien, mon accompagnatrice, ma première lectrice, cultivée et habile en mots croisés, elle partage aussi gentiment le verre de l’amitié avec moi. Oui, il s’agit bien de ma charmante épouse. Claire Théberge, qui est native de la reposante région de Saint-Raphaël-de-Bellechasse près de Montmagny, est aussi devenue par notre mariage, citoyenne française et porte fièrement le nom de Claire Denogens. Nous sommes unis par ce lien sacré pour le meilleur et pour le pire. Claire est mon admiration, je l’aime comme un fou et elle me le rend bien, je l’appelle mon petit bébé. Elle est du signe Scorpion, un signe vigilant et combatif, moi du signe Vierge persévérant et généreux et un peu grincheux. Claire est une employée modèle, honnête, propre, coquette, dévouée, ponctuelle et courageuse. Qu’il pleuve ou qu’il vente Claire, a toujours travaillé comme Préposée aux Bénéficiaires, aimant son travail auprès des personnes âgées et handicapées, une véritable vocation.

Claire, cette femme digne et aimable, toujours le visage radieux aux beaux yeux bleus d’une vitalité remarquable, apprend à la veille de son 65e anniversaire, le résultat du terrible test; le diagnostic du handicap de la sclérose en plaques. C’est un véritable choc dans le couple. Mais comme l’amour a fait les premiers pas. Claire, est plus que jamais ma femme chérie, encore plus près de moi et de mon cœur. Dans un ménage quand il y a une personne handicapée, il ne faut pas voir le diable, mais bien les anges. Il faut faire avec et tirer le meilleur parti de la situation. Je vis en sa présence, une autre vie qui me grandit. Malgré son handicap ma charmante épouse, est entouré de nombreux amis. Claire et moi exerçons notre foi catholique, c’est notre commune tradition. C’est aussi une morale et un beau défi culturel. Pour qui voyage un peu, regardons simplement autour de nous, le riche héritage des merveilleuses architectures et monuments entièrement lié au christianisme. Depuis les débuts, mes chroniques bachiques en sont inspirées. Cette âme charitable m’a redonné le bon goût du chant de mon jeune temps. Chaque dimanche, j’ai le plaisir en sa compagnie de me joindre aux chanteurs de l’agréable chorale de pointe Saint-Charles. Il y a dans le chant une élévation et j’y retrouve une douce euphorie, c’est bon pour le moral. Saint Augustin disait : « Chanter est le fait de celui qui aime ». Les grandes orgues y sont magnifiques, l’église Saint-Charles, digne d’une cathédrale est accueillante et le curé Gérard possède une foi, et une voix assortie d’un charisme du tonnerre de Dieu. Admirons en ce milieu ouvrier cette superbe église, sur la rue Centre, que nous ont légués nos courageux et fiers aînés. À la maison, nous appliquons la sage devise de mes propres conférences.

« Le vin est à la table ce que la fleur est au jardin ». Nous ne consommons jamais de vin entre les repas. Merci au corps médical, mais aussi à Bacchus, Claire, peut selon son médecin personnel et le spécialiste en neurologie, continué à savourer modérément avec moi, son proche aidant, quelques bons vins. Heureux de mes sages explications auprès de mon épouse, sur la différence entre avaler et boire, déguster et gorgée, l’alcool et le vin, car « L’alcool n’est pas tout le vin, il en est le squelette. » Le vin est l’ambassadeur de la convivialité, c’est un plaisir qui se partage au moins à deux. À table nous sommes toujours trois, Claire, la bouteille et moi. Pour ma part, je le dis et je le chante « Le vin français est un mystère que j’aime courtiser en le savourant et en jouir en m’instruisant ». Des souvenirs inoubliables de partage défilent dans ma tête, par exemple de belles réalisations et beaux défis. C’était à Bordeaux en Gironde, je n’oublierai jamais cette harangue de mon éminent parrain, lors de ma remise des insignes de Chevalier du Mérite Agricole. « Heureux est celui qui a servi son pays par l’épée et la charrue », il est vrai que durant mon service militaire de 1958 à 1960, effectué en grande partie pendant la terrible guerre d’Algérie, j’ai été cité au feu, la Croix de la valeur militaire avec étoile de bronze me fut décernée « pour acte de bravoure ». Donc, voilà la Croix de la Valeur militaire symbolise l’épée de combat et la charrue, la Croix du Mérite agricole. C’est une belle reconnaissance pour un défenseur des produits des champs. Bien des années avant le handicap de ma bien-aimée, nous avons visité la famille, les amis vignerons ainsi que les attachantes régions de la douce France. Claire a visité 4 fois ce bon vieux pays avec pour guide son mari. Nous avons exploré le coin de ma jeunesse tumultueuse.

Trouvez-moi un département français qui compte plus de mille châteaux. Le Périgord est par excellence la terre d’élection du tourisme culturel. Il est vrai aussi que la cuisine périgourdine mérite son évidente célébrité et « Vaut le voyage » comme dit le célèbre guide Michelin. Cette cuisine guida mes premiers pas et éduqua mon odorat. Ma femme a pu découvrir mes dires. J’ai le souvenir présent de ces femmes ingénieuses, ces cordons bleus qui butinaient sur les fourneaux et bercèrent mon enfance au pays du bien manger et du bien boire. Ces fées de mon enfance qui mijotaient avec amour des plats régionaux, se nomment Grand-mère Angèle, Grand-mère Adrienne, ma mère Odette, ma tante Irène. Plus récemment la talentueuse relève, Josiane, Gilberte mes cousines et Christiane mon amie d’enfance. Notre visite de Paris, Notre-Dame, la Tour Eiffel, les bateaux-mouches, et côté vétéran les plages de Normandie et le Mont-Saint-Michel fut unique. Elle a aussi rendu visite aux artistes vignerons et amis : reçus chez Madame Nicole Roskam-Brunot du château Cantenac grand Cru de Saint-Émilion, chez Mme Ginette et M. Rino Piva du château Seigneurs des Pommyers en Entre-Deux-Mers, chez ma mère et autres membres de la famille à Saint-Caprais de Bordeaux à Villefranche-de-Lonchat et a Saint-Martin-de-Gurson mon village natal. Nous avions randonné a Malagar, Saint-André du Bois, Salleboeuf, Château Malromé, Morizès, puis Gornac patrie du poète écrivain-vigneron, l’ami feu le Docteur Jean-Max Eylaud qui fut le Prince de notre « Ordre du Mérite Œnophile » France-Québec (1971-1979). En 46 ans de Québec, j’ai parcouru 40 fois la France sur les ailes d’Air-France. Je médite souvent sur la citation d’Ernest Renan.

« La France est charmante comme elle est ». Oui, mais selon mon expérience, elle est encore plus charmante vue de l’extérieur. L’amour, le courage, le devoir et le soutien, ces grandes valeurs marathon1988que m’a inculqué ma famille du Sud-ouest, plus précisément en Périgord et la bonne éducation de ma mère, avec la solide instruction de l’école m’ont armé pour la vie. Ici au Québec, c’est dans la foi exemplaire, de mon épouse Claire, que j’ai puisé une partie de mon énergie pour écrire, pour illustrer, les joies savoureuses et explicatives de cette boisson sans pareille, qui a façonné notre civilisation et a très largement amouraché les cousins du Québec, avec les bons vins français. Plusieurs coupures de presse mentionnent nos heureux faits et gestes comme le fameux Marathon du 4 septembre 1988 que nous avons terminé main dans la main. Un communiqué de la « Société pour les enfants handicapés du Québec » relate ainsi nos actes « Il COURT… IL COURT! COURAGE!... BONNE FORME!... CIVISME ET SOUTIEN! C’est ainsi que peut se définir le couple Claire THÉBERGE et Jean Claude DENOGENS (dossard 7285 et 2020), tous deux marathoniens résidents de Verdun. Participants au 10 km de la santé et au Marathon International de Montréal depuis 6 années, nos deux généreux sportifs ont, à l’occasion de la 10e édition 1988, décidé de parcourir les 42 km (192 mètres réglementaires) main dans la main, distance qu’ils ont complétée en moins de 4 h 15. De plus, nos dévoués bénévoles ont effectué avec le concours des 4 pharmacies JEAN COUTU, une collecte régionale de PLUSIEURS CENTAINES DE DOLLARS au profit de la Société pour les enfants handicapés du Québec ». Nous sommes impliqués avec joie, dans d’autres associations caritatives.

Vin santé modération et bonne forme ont toujours fait bon ménage. En ce qui nous concerne, nous appliquons la pieuse et fortifiante devise de Saint-François d’Assise : « Il faut soigner le corps pour que l’âme s’y plaise » cette citation est un peu la nôtre, nos nombreux marathons toujours terminés dans un temps vétéran le prouvent. Le vin est le précieux complément d’une alimentation équilibrée. Bien avant que Pasteur ait vu en lui « la plus saine et la plus hygiénique des boissons », Hippocrate disait sérieusement qu’il était « une chose merveilleusement appropriée à l’homme si, en santé comme en maladie, on l’administre avec à-propos et juste mesure ». Heureux d’avoir en toutes régions viti-vinicoles françaises, bachiquement et œnologiquement miré, humé, goûté, avec extase, quelquefois en compagnie de mon épouse, permettez-moi de terminer sur une douce locution latine et grecque.

« Vinum et musica laetificant cor »
(Le vin et la musique réjouissent le cœur).

                          
(Ecclésiastique, XL, 20)

Amis lecteurs et amis du vin, pardonnez-moi pour ce petit roman à l’eau de rose, ou genre Roméo et Juliette. Merci pour vos sincères compliments et votre fidélité.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
   


L'Entre-Deux-Mers, entre Garonne et Dordogne (1ère partie)
 
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La France est un pays au fort enracinement rural, je suis un fils de paysan de la vigne issu du Périgord pourpre et or, près de Bergerac donc je suis bien placé pour en parler. Souvent négligée par l’oenophile, la région de l’Entre-deux-Mers est pourtant l’une des plus belles de la Gironde, tant par ses paysages que par la richesse de son patrimoine. Renseignements pris à Beychac-et-Caillau, à la maison de la qualité. Située sur le bord de la N 89 (voie rapide), cette maison abrite le siège du syndicat des appellations régionales bordeaux et bordeaux supérieur. Avec son espace « Planète Bordeaux », elle constitue une étape incontournable de toute visite.

entredeuxmersAOC Entre-deux-Mers et Haut-Benauge. Occupant l’essentiel des plateaux compris entre la Garonne et la Dordogne, l’aire de l’appellation entre-deux-mers est limitée schématiquement d’un côté par la Dordogne et de l’autre par une ligne allant de La Réole (au sud ) à Artiques (au nord ); à l’est, elle est bornée par la limite du Lot-et-Garonne et une ligne allant de Saint-Ferme à Gensac.

Cette charmante région vitivinicole de France, on aurait pu l’appeler Entre-deux-Fleuves, ce vaste triangle délimité par la Garonne au sud et la Dordogne au nord. Subtilement, le latin lui a donné son nom : « inter duo Maria » (entre deux rivières remontées par la marée).

La France est sans doute le pays qui est le plus chargé d’histoire. Il n’existe pas un romancier, un soldat, un musicien, un historien célèbre, qui n’ait sa statue, sa rue ou son école communale. Tout cela bien entendu pour nous œnophiles, se trouve bien souvent sur le chemin des vignes à travers les charmants départements et villages de France.

Quand on voyage, on ignore parfois qu’à quelques kilomètres de l’endroit où l’on se trouve, se cache un résumé d’histoire qui aida à forger notre beau pays. Il faut prendre le temps de s’en imprégner la mémoire, c’est bon pour le moral.

piva3Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est en rendant plusieurs visites à un vigneron pittoresque, talentueux et chaleureux, que j’aime appeler « Seigneur Rino PIVA de Morizes ». Un ami vigneron Rino PIVA que je peux aussi appeler mon frère d’armes, puisque nous avons fait la même Guerre, celle d’Algérie. Rino PIVA est propriétaire de l’intime Château Pouchaud-Larquey à Morizes. René PIVA , vigneron en Entre-Deux-Mers est officier dans l’ordre du Mérite Agricole. Son Château se situe dans l’aire d’appellation d’origine contrôlée Bordeaux et Entre-Deux-Mers, sur un coteau et plateau de sol argilo-silicieux reposant sur un sous-sol d’argile pure. Exposé sud et sud-ouest, il bénéficie d’un très bon ensoleillement.

Morizès, 505 h, un village se situe au cœur de l’Entre-Deux-Mers. La tradition y place un château qui aurait appartenu au connétable Talbot au XVe siècle et, autour de cette commune, des vignes à perte de vue. La région paisible est ornée de somptueux châteaux et de vieilles maisons grises aux toits ocres et roses, de belles demeures dont on dit volontiers qu’elles ont une âme. Le château Pouchaud-Larquey possède lui aussi une âme . Il abrite un vigneron plein d’humour et à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession, sa femme Ginette PIVA est, paraît-il une Sainte. Toujours est-il que ce chaleureux vigneron appelé « Rino » pour les intimes, gagne à être connu. Rino PIVA, possède une deuxième propriété qu’exploite son fils Jean-Luc PIVA œnologue et héritier, il s’agit du Château des Seigneurs de Pommyers 33540 ST-FÉLIX DE FONCAUDE France.

piva1Construction du XIIIe, XVIe et XIXe siècle, il se situe dans l’aire d’appellation d’origine contrôlée Bordeaux et Entre-deux-Mers, sur un coteau et plateau de sol limono-argilo-sableux reposant sur sous-sol argileux rocheux. Exposé sud et sud-est, il bénéficie d’un temps d’ensoleillement très long. Son encépagement : Bordeaux Rouge : Merlot : 60 % - Cabernet-Sauvignon : 35 % - Cabernet Franc : 5 %. Entre-Deux-Mers : Sauvignon Gris : 100 %. Notons au passage que Rino PIVA & Fils a gagné le célèbre « Concours général Européen-Lauriers d’Or Européen », pour son vin méthode et culture biologique. Viticulture biologique depuis 1989 (certification Ecocert ). Mention UNIA. Avec cette méthode les vignerons PIVA père et Fils respectent l’environnement et la santé de chaque consommateur. Le virage bio de cette famille est un plus au Québec pour les œnophiles et fidèles de Bacchus.

piva2Le bon vin rouge bio de mes amis PIVA & Fils est présent sur les tablettes de notre SAQ du Québec.

Château des Seigneurs de Pommyers merveilleux 2005, code SAQ, 892 695, prix 21,20 $. Sur ce domaine, le vignoble est cultivé comme il y a 50ans. Le labour est pratiqué ainsi que l’enherbement entre les rangs. M. PIVA père et Fils cultivent leurs vignes comme autrefois, en apportant aux sols des engrais naturels. La vinification des raisins et l’élevage des vins se font suivant les anciennes méthodes que les aïeuls leur ont transmises. “Comme le respect du vin suivant les phases de la lune”. D'autre part, le vin de Bordeaux a des vertus médicinales. Consommé à petite dose, il soigne la dépression, l’arthrite, l’anémie, les maladies digestives et surtout les problèmes de circulation du sang.

Le temps passe … passe le bien
«Vinum et musica laetifiant cor»
Le vin et la musique réjouissent le cœur

Vinum & Musica. La musique adoucit les mœurs dit-on nous en avons bien besoin. De tout temps on a reconnu l’heureuse influence du bon vin sur les compagnons disposés à la joie. Les anciens lui vouaient un culte en la personne de Bacchus. « Bonum Vinum Laetere Cor Hominis » (Le bon vin réjouit le cœur des hommes).

De la gaîté, de l’entrain de l’art et de la bonne humeur…, c’est ce que nous avons vécu le jeudi 23 octobre 2008, lors de cette merveilleuse soirée Vinum & Musica qui se tenait à IEGOR-Hôtel des encans, au profit du concours musical international de Montréal, qui s’est déroulé sous la coprésidence d’honneur de Me Lucien Bouchard, associé, Davies Ward Phillips S Vineberg, et de M. André Bérard, administrateur de sociétés.vinum23

Cette soirée unique à Montréal, rassemble annuellement, plus de 300 connaisseurs et passionnés de vin. C’est pourquoi il faut donner une large place à Vinum Musica qui selon moi est le plus prestigieux des concours. Il propose un encan de bouteilles de vin très rares, j’y ai retrouvé avec plaisir le vin fin de mon parrain de la Jurade de Saint-Emilion le lot no3 Château Figeac 1985 SAINT-ÉMILION 3 L- DOUBLE-MAGNUM, offert par M. Thierry de Manoncourt . Figeac, tout comme Ausone et Cheval Blanc, appartient à l’élite de l’appellation. De ce fait, Vinum Musica est le seul grand Maître d’œuvre à établir une passerelle entre le grand vin et la grande musique.

vinum25La maison de vente aux enchères IEGOR-Hôtel des Encans fut fondée à Montréal en 1983 par Iégor et Martine de Saint-Hippolyte. L’Hôtel des Encans est situé rue du Couvent Montréal ouest, dans une splendide église richement décorée, qui a subi de grandes rénovations; Prix orange d’héritage Montréal 2006 et Prix spécial du patrimoine ville de Montréal 2007.

Les partenaires de Vinum & Musica sont; La SAQ, Telus, Iégor-Hôtel des Encans, Pianos Prestige, Euro-Excellence. Merci à Pierre Johnston Traiteur, Don-Jean Léandri et l’École hôtelière de Laval, Albert Millaire, C.C, C.Q. Pierre Rivet, Martine et Iégor de Saint- hippolyte… et tous les bénévoles. Sans oublier les donateurs Jean-Louis Fontaine, Thierry de Manoncourt, Guy Saint-Pierre.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac


L'Entre-Deux-Mers, entre Garonne et Dordogne (2ème partie)
 
La grande famille vigneronne Rino PIVA & Fils, nos amis du Bio, se compose de onze enfants : Jean Philippe, Delphine, Catherine, Alexandra, Sandrine, Jean-Luc, Élie, Béatrice, Guillaume, mamie Ginette et pépé Rino Piva.
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C’est une génération de vignerons, une bien bonne vieille famille du Piémont : l’Italie du Nord, le pays du vin que les anciens Grecs avaient baptisés « Enotria ». Rino PIVA, ce solide et hardi Gallo-Romain est un vrai chevalier des temps modernes, bon vivant et vaillant vigneron. Vinificateur de père en fils depuis toujours, après avoir vinifié dans le Piémont, ils se sont implantés dans l’Entre-Deux-Mers en 1924, en métayage puis en fermage. En 1961, ils achetèrent le Château Pouchaud – Larquey à Morizès et lui donnèrent ses lettres de noblesse, comme en atteste le nombre de diplômes obtenus et présents dans l’intime Château. En 1989, la demande était d’une telle importance qu’un agrandissement devenait incontournable. Ils achetèrent le Château des Seigneurs de Pommyers à St-Félix de Foncaude, inscrit sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Formé des anciennes paroisses de St-Félix-de-Pommiers et de Foncaude. C’était une vicomté des Montferrand. Village fortifié de Pommiers, château 14e/17e et ruines de l’ancien château fort de Pommiers. Acquise rang par rang, défricheur et planteur infatigable de ceps, J’ai le plus souvent rencontré Jean-Luc au pied de sa vigne qu’a table.

pommyersAvec Jean-Luc PIVA, œnologue les deux pieds bien sur terre y ajoutant la passion et le savoir-faire de leur Piémont natal, ces heureux vignerons de souche se permettent aujourd’hui d’être les propriétaires de l’un des grands vins bio de Bordeaux dont Le Château des Seigneurs de Pommyers est le plus médaillé dans les concours. Cette famille de braves vignerons possède aujourd’hui 39 hectares de vignes.

Jean-Luc PIVA, relève tout un défi, en prenant en main les deux domaines, il est vrai qu’il a de qui tenir. Cette noble famille maintenant girondine s’est forgé une âme commune. Un même amour, une même peine, un même idéal les rassemblent : la vigne, un culte : le vin. Jean-Luc PIVA seigneur adoubé des lieux, pratique la bonne communication du vin en continuant la tradition familiale. Avec lui, point de pieuse imagerie aristocratique. « Le vin est bon quand le vigneron l’est, le vin est mauvais quand il est la proie de l’industrie ». Pour faire du bon vin, il faut du bon raisin, dit-il. Aux vignobles de PIVA Père et fils, on vient de loin pour goûter et se procurer ces grands vins « Bios » de Bordeaux et d’Entre-Deux-Mers.

L’Entre-deux-Mers est la plus vaste appellation contrôlée de la Gironde… et de France. Ses vignes couvrent 23 000 ha. C’est un vignoble où toute la gamme des vins de Bordeaux est représentée : vins rouges, vins blancs sec et liquoreux de Bordeaux.


Feu l’ami le Dr Jean-Max EYLAUD, flatte l’unique vin blanc d’Entre-deux-Mers ainsi :
« Délicat, fringant et coquet,
Apéritif, sûr de ton rôle,
n’exigeant pas grand protocole,
tu sais charmer par ton bouquet. »

L’Entre-Deux-Mers est un vin blanc sec et fruité et il est un parfait compagnon des fruits de mer.
Seul le vin blanc sec est habilité à porter le nom du pays Entre-Deux-Mers, s’il satisfait aux exigences du Syndicat viticole de l’Entre-Deux-Mers. L’Entre-Deux-Mers est donc un vin blanc sec issu de l’assemblage des cépages : sauvignon, sémillon, muscadelle.

C’est un vignoble mis en place par les moines de La Sauve Majeure, défricheurs de la « Grande Forêt » ( jcdentre2mer2Silva Major ) et vignerons dès la fin du XIe siècle. Un patrimoine et un site remarquable, joyau du patrimoine religieux de l’Entre-Deux-Mers l’abbaye de la Sauve Majeure, fondée en 1079, est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’Entre-Deux-Mers, terre d’inspiration est un charmant coin de France qui, dans la région bordelaise, a un paysage qui lui est propre : des coteaux couvert de prés, de vignes et de bois, percés de petites vallées profondes descendant jusqu’aux deux fleuves. L’abbaye de La Sauve Majeur est l’édifice qui a connu le plus grand rayonnement et peut-être considéré comme le symbole du pays.



Des flots de souvenirs inoubliables

Toute la côte Atlantique a des reflets d’argent. Et, si la Gironde avait voulu l’enturlututu, le très grand poète chanteur, Charles TRENET aurait vu en Entre-Deux-Mers certains jours, « La mer qu’on voit danser », le long de cette mer de vigne, joliment vallonnée, des reflets d‘argent causés par les brumes matinales, que dissipe peu à peu le soleil.

jcdentre2mer1« Attendez un peu que je me souvienne?». Si je nomme Saint-Maixant, Domaine de Malagar, Saint-André du Bois, Salleboeuf , Château Malromé, Gornac et Morizès, il se peut que cela ne vous dise pas grand-chose, mais moi, si ; Malagar c’est le souvenir de l’illustre prix Nobel et authentique viticulteur François Mauriac , Malagar. « Même après ma mort, tant qu’il restera sur la terre un ami de mes livres, Malagar palpitera d’une sourde vie…» disait Mauriac en parlant de cette maison familiale qui domine vignes et pins. Malromé c’est celui du peintre Toulouse-Lautrec, Salleboeuf, c’est la région de naissance de Gustave Eiffel, Gornac celui du Docteur poète écrivain-vigneron, l’ami Jean-Max Eylaud qui fut le Prince et Grand Maître de l’Ordre du Mérite Œnophile (1971 - 1979) et pour finir Morizès un autre ami artiste vigneron Rino PIVA, propriétaire avec son fils Jean-Luc PIVA de la Seigneurie de Pommyers, régnant sur une exploitation viticole de 70 hectares dont 39 de vignes en production. J’ai le souvenir de toute cette délicate et charmante famille auprès d’un immense cèdre du Liban fameux arbre des croisades.

Les arbres ont eu des accointances avec les dieux : les Gaulois vénéraient le chêne; à Rome, le laurier était consacré à Apollon, le noyer, le hêtre et le chêne à Jupiter. Les Seigneurs de Pommyers, Jean-Luc et Rino PIVA, possèdent aussi leur arbre et quel arbre ! Un gigantesque cèdre du Liban aurait paraît-il été planté au temps des croisades aux XIe et XIIe siècles. Ce cèdre géant du Liban mesure 6 mètres de circonférence. Dans cette belle région de l’Entre-Deux-Mers, la pierre se pare, au soleil couchant d’un fard discret pâle ou éclatant, au zénith, donnant aux dessous des arcades les allures enviables d’un havre frais. Les flux, reflux, plus ou moins sensibles de Garonne et Dordogne cernent les mers vertes de la vigne ou les espaces boisés fleurent bon les cèpes. Voilà mon pèlerinage d’œnophile, il faut donner au temps la valeur qu’il mérite.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
   


Une dame du vin de Saint-Émilion
Une dame du vin de Saint-Émilion
Inspiration
Puisque, sans toi, Vin pur des Dieux,
ne seraient ni chanson, ni joie,
ni les élans des amoureux,
ni de chair ivre qui flamboie ;
qu’aurait-on pu peindre, sculpter,
et qu’auraient écrit les poètes ?
Quel musicien put chanter ?
Quel artiste faire conquêtes
sans l’Inspiration, ce feu
qui tourmente de son délire,
projette l’homme dans ce jeu
infernal… parfois son martyre ?

                                      Dr J.-M. Eylaud
motsavou17
jcdnews

C’est à Saint-Émilion, une étape séduisante que j’ai rencontré une Muse du vin. Heureux les curieux et les amis inspirés. Dans le monde enchanteur du vin, il y a parfois des rencontres qui sont d’un plaisir inoubliable, et qui inspirent, je veux parler ici, de Nicole ROSKAM-BRUNOT du Château CANTENAC.

Dans les arts libéraux, nous avons en commun la musique, Madame Nicole Roskam le piano et moi la clarinette.Le département de la Gironde reste incontestablement l’un des plus riches du Sud-ouest de la France en souvenirs historiques et archéologiques ; de nombreux vestiges du passé, châteaux et bâtiments conventuels en ruines ou habilement restaurés témoignent du rôle important que cette région joua dans l’histoire de la Guyenne.

Saint-Émilion émerge de cet ensemble, cité agrippée en amphithéâtre dans une échancrure de collines rocheuses dominant le vaste bassin traversé par la Dordogne et la belle route de Libourne à Bergerac. C’est sur cette route la RD 670, à gauche quand on vient de Libourne, que surgit dans un site varié et pittoresque, le Château Cantenac Saint-Émilion Grand Cru que gère, Madame Nicole Roskam-Brunot.

Voici l’histoire de Nicole Roskam-Brunot une ravissante femme du vin, son cheminement et l’expérience de cette vigneronne qui nous charme en parlant de son vin et de son vignoble. Le château Cantenac au nom d’origine latine qui signifie : « lieu enchanté », un lieu magique pour élaborer un vin de qualité.


jcdcantenacL’environnement de Cantenac est entouré de vigne dominée par le cépage Merlot qui trouve ici ses meilleures conditions d’expression. Tradition et modernisme sont aussi en symbiose pour l’élaboration de son vin. Effeuillage, éclaircissage taille, ramassage d’un raisin de haute qualité et au point de maturité optimale, éraflage, thermorégulation, longue cuvaison. Tout ce travail ne peut se faire qu’avec la main de l’homme, de l’ouvrier au chef d’exploitation, en passant par l’œnologue et le conseiller technique. Chaque nouveau millésime est en quelque sorte une nouvelle partition musicale, la recherche d’une harmonie aux multiples variations.


Autour d’un charmant manoir du XIXème siècle, le vignoble du Château Cantenac s’étend sur le prolongement du plateau gravelo-sableux, à l’ouest de la cité médiévale de Saint-Émilion. Dans l’entrée du grand parc, on peut y admirer un imposant et élégant Magnolia à feuilles luisantes, avec des grandes fleurs blanches qui embaument et ornent ce manoir enchanté. C’est ici que vit mon amie vigneronne dame de la Jurade entourée de ses enfants.

Juriste de formation, docteur en droit s’il vous plaît ! . 1994, après le décès de son mari, elle est retournée chez son père qui, depuis 1937, s’occupait de ce grand cru de douze hectares dans l’appellation Saint-Émilion.

En 1997, elle reprend le vignoble et pourtant avec sa haute compétence de juriste, rien ne la préparait aux arts de la vigne et du vin. Pour une fille, reprendre le vignoble après un père : était une chose inimaginable dans les années 70. Pas franchement préparée à devenir vigneronne, mais passionnée par ce fruit qui lui était défendu, elle a dû tout apprendre. Attention elle est du signe scorpion ! « J’ai dû commencer par découvrir le vin avant de le travailler, dit-elle. Il m’a fallu travailler d’arrache-pied cantenacpendant des années et apprendre notamment à tailler la vigne pour sans cesse améliorer la qualité de mon vin ». Oui son vin est bon et il est présent dans notre SAQ du Québec. Nicole mon amie vigneronne, possède de jolis yeux couleur merlot pour mirer, un nez délicat pour humer et un fin palais pour bien déguster. Les hommes en général reconnaissent, que les femmes sont capables de déceler des arômes inconnus des hommes. Les médailles obtenues lors de concours ont fini par venir récompenser les efforts de cette grande dame vigneronne de Cantenac. Je suis particulièrement fier d’annoncer dans cette chronique, les deux très hautes distinctions qui lui furent décernées par le gouvernement français pour l’ensemble de son oeuvre vitivinicole. Nicole Roskam-Brunot est « Chevalier dans l’Ordre du Mérite Agricole » et « chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur ». Voilà une femme propulsée vers les honneurs mérités du vin fin j’entends de Saint-Émilion . Mais Nicole Roskam-Brunot vise l’excellence et la délicate civilisation du vin. Et sa plus belle récompense est sans aucun doute son entrée en 2000, avec quatre autres femmes dans l’unique et prestigieuse jurade de Saint-Émilion, une célèbre corporation jusque-là réservée aux hommes. Les femmes du genre de Madame Roskam-Brunot sont dans le domaine du vin, des amateurs plus éclairés que les hommes. Boire moins leur permet de boire mieux. Bravo et merci Messieurs les seigneurs du grand conseil des Jurats de Saint-Émilion. Votre exemple d’abolir le règne de la misogynie vous grandit dans l’histoire mondiale du vin.

Les deux plus anciens ordres viticoles de France, La Jurade de Saint-Émilion 1199 et le Consulat de la Vinée de Bergerac 1254, accueillent et adoubent des femmes au sein de leurs très réputées confréries vineuses. La Femme et le vin, que d’éloges stupides, que de pamphlets misogynes ont inondés une sous- littérature, une littérature de fin de repas… La femme et le vin font partie de l’Histoire. Une tradition très ancienne donne à la femme un caractère sacré. Les bacchantes sont à l’origine du culte de Bacchus, « vestales » de chair conduisant le cortège du dieu du vin ; elles restent un faire-valoir, non une valeur en soi. De nos jours, le rôle de la femme s’affirme en tant qu’entité propre.
« On ne naît pas femme, on le devient », écrit Simone de Beauvoir. « On ne naît pas animatrice de vin, on le devient ». « Une cour sans femmes, une année sans printemps ! » suivant la phrase célèbre de François Ier.

Maintenant les femmes ne choquent plus personne lorsqu’elles boivent du vin en public et elles ont étonné tout le monde en se faisant reconnaître tardivement mais rapidement dans ce monde du vin, réservé il y a encore peu de temps aux hommes.


SCIENCE DE BOUCHE

La Mission Économique de France à Montréal, avec le soutien d’Ubifrance, l’agence française pour le développement international des entreprises, à lancer la troisième édition de l’ événement Nouvelles Saveurs de France le 16 septembre 2008 au Marché Bonsecours dans le Vieux-Montréal.

Nouvelles Saveurs de France consiste à présenter aux professionnels québécois et canadiens du secteur, des produits agroalimentaires français récemment introduits sur le marché, ou revisités, sous forme d’une exposition, assortie d’une dégustation des produits présentés. Les professionnels du monde agroalimentaire, restaurateurs, chefs et acheteurs, ont été invités à ce rendez-vous gourmand, véritable expérience gustative placée sous le signe de la découverte, afin de découvrir les nouvelles tendances françaises. Les neuf exposants (Altho Bret’s, Balsavour Canada, Bongrain Export Overseas, Diffusion TGV – Multi Déli, Euro-Excellence Inc., La Lorraine International Inc., Lune de Miel – Famille Michaud Apiculteurs, Marché Transatlantique Ltée, Thés Kusmi Importation Canada) ont été heureux de présenter leurs nouveaux produits à un nombreux publics gourmands à la fois sur leur stand, et grâce aux créations culinaires de la chef Denise Cornellier, conçues pour éveiller les sens avec raffinement.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
Saint-Émilion et sa Jurade
Saint-Émilion et sa Jurade

motsavou16L'histoire du vin nous dit, depuis vingt-six siècles, la vigne nous accompagne, modelant nos paysages, enrichissant nos coutumes, pesant notre histoire. C’est à cette civilisation et à ceux qui continuent de la faire vivre qu’il convient de rendre hommage.

La cité de Saint-Émilion si pittoresque, porte sur ses ruines et ses monuments, la trace de tous les grands évènements et de toutes les convulsions qui, depuis l’époque des druides, ont façonné son cadre envoûteur.

Voici, l’histoire de la Jurade de Saint-Émilion. Son développement et sa prospérité, qui ont suscité les convoitises aussi bien des rois de France que ceux d’Angleterre, datent de l’époque où Richard Cœur de Lion lui accorda ses « privilèges, franchises et libres coutumes »; l’acte le plus ancien qui nous soit connu est la Charte de Falaise, datée du 8 juillet 1199, par laquelle Jean sans Terre confirma les privilèges accordés par son prédécesseur.

Ce fut l’origine de la Jurade, composée, disent les textes, de « gens de bien », élus et chargés par leurs concitoyens d’administrer dans le sens le plus large les intérêts communaux et les intérêts commerciaux, ceux-ci étant, dès cette époque, basés exclusivement sur la qualité des vins.

jc103Quatre rois de France : Charles VIII, François Ier, Louis XIII et Louis XIV, en confirmant cette création, lièrent l’organisation historique à la gloire vinicole. La Jurade de Saint-Émilion 800 ans déjà! 1199-1999 la Jurade de Saint-Émilion a fêté son 800e anniversaire. En 2008, la Jurade est âgée de 809 années, mon dieu que le temps passe vite.

La Jurade aujourd’hui, s’est reconstituée depuis 1948 et comme son aïeule du Moyen Àge, elle contrôle la production, les chais et les barriques. Les jurats revêtent leur robe rouge bordée d’hermine deux fois par an : à l’automne pour l’ouverture des vendanges, et au printemps pour décider (dans l’église monolithe) si la récolte précédente peut recevoir le sceau saint-émilion. Chaque vigneron soumet sa production au jugement de la Jurade.

L’Antique Jurade fut ressuscitée par : Jean CAPDEMOURLIN, l’Abbé BERGEY, le Comte de CARLES, ainsi qu’un groupe de 22 amis amoureux du SAINT-EMILION. Elle eut un premier JURAT : Jacques EBRARD assisté de 48 JURATS, tous Viticulteurs.

Les Premiers Jurats depuis 1948
M. Jean Capdemourlin, premier jurat fondateur : de 1948 à 1951. M. Jean Dubois-Chalon : de 1952 à 1963. M. Thierry Manoncourt : de 1964 à 1987. M. Jacques Hébrard : de 1988 à juin 1966. M. Jacques Capdemourlin : depuis septembre 1996
jc101
LE SCEAU DE LA JURADE
En 1243, avant d’être chargées sur les voiliers
qui les emportaient vers l’Angleterre, les barriques
étaient marquées au feu du sceau de la Jurade.


 

À la gloire des Vins de Saint-Émilion
BALLADE POUR LA JURADE
DE SAINT-ÉMILION

Les uns crient à la mascarade ;
D’autres, simplement, sont jaloux
De n’être pas de la parade
Quand les flacons font leurs glous-glous.
Pour moi, je chante la Jurade
Qui nous parle du bon vieux temps,
Car, avec son air rétrograde,
Elle excite les mécontents.
Pour moi, je chante la Jurade
Qui par les monts et ravins,
Sans souci de quelques algarades,
Nous fait boire de si bons vins.
Dans ses chais ou sur une estrade,
Elle évoque le bon vieux temps,
Et sait dicter une tirade
Aux esprits les plus mécontents.
Dans ses chais ou sur une estrade,
Elle proclame avec ferveur
Son goût choisi de la poivrade,
Et, de l’ail, la fine saveur.
Gasconne fière de son grade,
Elle fait comme au bon vieux temps,
D’un franc buveur un camarade,
Et se moque des mécontents.
ENVOI
Princes jurats et Toi, Jurade,
Ressuscitez ce bon vieux temps
Où, des bons mots, la pétarade,
Rendait heureux les mécontents !

J.-M. EYLAUD.
( Extrait du tome 1 de « Ma Muse en vendanges »)

Saint-Émilion qui chante la vigne et le vin à donner le jour a un inoubliable personnage. Immortalisé par Daniel Querre, Procureur-Syndic de la Jurade, celui que la ferveur populaire nommait tout simplement « l’Abbé » Ce doyen des vignerons, dans un déferlement lyrique, avec une éloquence à vous donner la chair de poule, au sommet de la Tour du roi, ce grand héraut des temps modernes, faisait résonnées en nous les temps anciens. Il ouvrait le Ban des Vendanges et interpellait les aïeux.

Lancée du haut du château du Roy, cette déclaration tant attendue par les vignerons attire tous les ans une foule de passionnés. Pour moi, c’est une part de rêve et d’épopée que d’assister à cette passion du vin. Tout ici éveille un frisson d’orgueil, un rêve et un souffle d’histoire, il y a de la foi en l’air, l’appel du temps passé. Les mystères de la ville souterraine qui se développent sur plus de cent kilomètre de galeries. Le sens du merveilleux y domine notre esprit. Et puis, il y a cette fierté locale et nationale rassurante, de savoir qu’ici à Saint-Émilion avec les Jurats, si le vin n’est pas bon il est tout simplement détruit.

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Proclamation du « Ban des Vendanges »

« Peuple de Saint-Émilion et des sept communes,
La Jurade proclame le ban des vendanges.
Ouvrez les lourdes portes des cuviers,
Commencez la cueillette,
Envoyez dans les vignes les troupes diligentes,
Que s’emplissent les comportes,
Que le moût ruisselle,
Que sonnent les futailles de chêne,
Que le noble vin s’élance, rouge et fumant, plein de colère joyeuse.
Qu’il naisse glorieusement,
Que vos labeurs et vos peines trouvent leur récompense.
Hommes, femmes, enfants, d’un été de soleil, d’un été royal,
Vous allez tirer de la force et du bonheur.
Remercions le ciel.
Clamons une prière de reconnaissance et d’espoir.
Appelons, selon l’usage sacré, nos ancêtres :
Vieux Jurats défunts, accourez du fond des âges !
Elie Scarlette 1307
Hélias Taris de Branet 1406
Mathurin Chevalier 1664
Joseph Gonthier de Saint-Ville 1726
Et vous nos Frères qui vécurent avec nous…
Saint-Émilion Alleluia ! ».
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
Saint-Émilion et son vin
Saint-Émilion et son vin
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Notre Gazette des Œnophiles, qui consacre une série de cahiers sur l’ensemble du vignoble bordelais, poursuit son pèlerinage par la région de Saint-Émilion.

Nous voici sur la rive droite de Bordeaux à Saint-Émilion, ici c’est l’unique symphonie en rouge.

Saint-Émilion Cité Médiévale

Juchée sur son rocher d’où la vigne ruisselle,
Couvrant ses souterrains pleins de liqueur des dieux,
La ville du passé se promet éternelle :
Offrant son vin à l’âme, son vieux clocher aux cieux.
Asile de l’Ermite, écho des chants d’Ausone ;
Abri des Girondins que l’échafaud vit fuir,
Dans tes remparts croulants, c’est leur voix qui résonne,
Car leurs spectres du puits n’ont pas voulu s’enfuir!
Fontaine des amants où la vierge coquette
Met deux épingles, puis, attend, espoir troublant,
Que leurs fers se croisant en signe de conquête
Promettant un époux avant la fin de l’an,
Cloître des Cordeliers et de la Collégiale,
Couloirs étroits de vie autour d’un champ de morts,
Halte de Louis VIII en sa tour médiévale,
Murs que le temps et l’homme ont flétris sans remords,
Ô ville du passé! Vision éternelle!
Je rêve de revoir tes charmes curieux,
Tes coteaux réputés d’où la vigne ruisselle,
Du pied du vieux clocher que tu lances aux cieux.


                                                 
Raphaël SAINT-ORENS
saintemilion

Juchée sur sa colline calcaire dominant la vallée de la Dordogne, le village médiéval de Saint-Émilion (3500 h) et plus qui domine le vignoble est l’un des sites les plus célèbres du Bordelais. Bien des siècles ont assis sa renommée. Un charme poétique et troublant se dégage de cette vieille cité qui vaut le voyage comme dirait le guide Michelin. Cette cité médiévale ne dévoile ses charmes discrets qu’aux plus sensibles des voyageurs œnophiles.

Qui pouvait mieux me servir de guide que cette chère et charmante Nicole Roskam-Brunot propriétaire du château Cantenac un noble Saint-Émilion Grand Cru. Nous avons le grand plaisir de pouvoir déguster ce cantenacjoli vin, un 2005, code SAQ 912 352 au prix de 28,70 $ disponible sur les tablettes de nos SAQ Sélection. Nous allons y revenir plus en détail. L’accueil, la générosité des Girondins s’exprime dans le temps qu’ils sont prêts à consacrer à des amateurs éclairés venant en cousin du Québec. C’est donc en compagnie des amis érudits du terroir Girondin, et particulièrement de Saint-Émilion telle que la gente dame du lieu enchanté Cantenac que nous avons déambulé sur les galets le long des vieilles rues pleines de mystères. Cette souriante Girondine et châtelaine de Saint-Émilion connaît bien sa France profonde du vin. Trônant au milieu d’un des plus prestigieux vignobles de France, Saint-Èmilion, cité médiévale (inscrite à l’inventaire des sites pittoresques de la Gironde par arrêté de M. Malraux ministre d’État chargé des Affaires culturelles, en date du 20 juin 1968) a été dite « Cité Reliquaire ».

Mettre les pieds dans cette charmante cité de France laisse quelque chose d’émouvant pour qui aime l’histoire et bien entendu la civilisation du vin. La Pierre nous y parle de son passé et son mariage avec le vin, ne riez pas trop fort voici son serment :

La Pierre et le Vin

« J’ai parlé à Saint-Émilion des noces
secrètes de la pierre et du vin.
Comment retrouver, dans l’hiver et la
sollicitude, des paroles inspirées
par le soleil de septembre et l’amitié
des vendangeurs?
Mais je veux saluer une fois encore la
pierre et le vin.
De la pierre – élément qui couvre le sol,
L’homme a su tirer
La splendeur verticale des monuments.
Et, de cette même pierre,
Il a fait jaillir le vin qui est aussi une
architecture et qui participe,
à sa façon à la verticalité du beau. Ne
dit-on pas d’un vin méprisable
que c’est “un vin plat”?
Dans un siècle où, suivant les paroles
De Mistral,
“L’âme s’embrume, aplatie sous un
rouleau”,
puisse l’exemple sacré de cette pierre et
de ce vin
nous sauver de toutes les platitudes du
cœur et de l’esprit! »


                           
Gustave THIBON

L’église monolithe de Saint-Émilion : il faut admirer le portail au tympan mutilé, dominé par le clocher élancé. Rien n’est plus approprié que ce beau texte de Gustave THIBON pour rendre honneur au vin de Saint-Émilion et ses monuments.

Il est évident que, de quelque côté que l’on se tourne, on est constamment séduit par l’aspect des ruelles en pente pavées, des caves creusées dans le roc, des églises et autres monuments.

La couleur dorée de la pierre renforce la luminosité des lieux. Là, l’origine se perd dans la nuit de la préhistoire, la pierre nous raconte. Au quatrième siècle, le poète -consul Ausone y avait une villa, « Lucaniac », que certains situent au Palat. Vers le huitième siècle, un saint homme Emilian originaire de Bretagne, du pays de Vannes, s’arrêta dans la contrée et se fixa dans une grotte qu’il aménagea pour y vivre en ermite, où s’élèvera la cité qui porte son nom. Il est préférable de visiter la cité à pied, tôt le matin ou tard dans la journée, en prenant une marche de santé. Si vous faites le tour de la ville, vous verrez les vestiges du Palais Cardinal, la place du Marché, les grandes Murailles, la tour du château du roi, le Cloître des Cordeliers, le Cloître de l’Église Collégiale, la Grotte des Girondins, l’Église Monolithe. Ce monument, unique en Europe, dont la réalisation a duré trois siècles, du huitième au onzième, a été entièrement creusé dans le roc.

Saint-Émilion était une des étapes rituelles du voyage à Compostelle. Une foule pieuse et bigarrée emplissait l’Église monolithe. Aujourd’hui c’est un lieu touristique très recherché et un centre gastronomique réputé. Les vins de Saint-Émilion sont certainement les plus anciens de France. Dès l’époque romaine, ils étaient en honneur sur les tables des « Imperatores ». Les plus grands monarques, Louis XIV entre autres, se sont plu à affirmer les qualités de finesse du Saint-Émilion et à décerner au « Nectar des Dieux » ses titres de noblesse. Le Saint-Émilion est assurément la plus belle expression des vins de Côtes. Selon le poète EYLAUD.

clocherstemilion
« Saint–Émilion.
Appellation contrôlée de bordeaux située au nord-est de cette ville, sur la rive droite de la Dordogne.
Vin robuste, haut en couleur, templier par sa cuirasse et sanctifié par son auréole; prêt à tous les combats, y compris avec la Venaison. Comparable à un héraut d’armes brun et trentenaire aux biceps éprouvés et se riant des calendriers pour le conduire à l’indésirable vieillesse. Rude dans son adolescence, devient raisonnable avec l’âge. »
(Extrait du Glossaire vineux du Docteur EYLAUD)
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
 
Si Bordeaux, capitale mondiale de la vigne, m'était contée (1ère partie)
Si Bordeaux, capitale mondiale de la vigne, m'était contée (1ère partie)
motsavou13

«Prenez Versailles, ajoutez-y Anvers, vous aurez Bordeaux ».
 
-Victor Hugo.

Bordeaux Ville splendide, Bordeaux Ville paisible, Bordeaux Ville gastronomique, Bordeaux Ville culturelle et Bordeaux capitale mondiale des vins fins.


bordeaux3Mais Bordeaux, c’est aussi la patrie de quatre écrivains bordelais et vignerons : Ausone, Montaigne, Montesquieu, Mauriac. Seul Montaigne, n’est pas né à Bordeaux, mais il y occupa la fonction de Maire. Esthètes à leur façon, ces illustres auteurs nous ont laissé de nombreuses opinions personnelles et ont délicatement défini la cause et l’histoire de l’œnophilie que nous exerçons aujourd’hui.
 



AUSONE
est à Bordeaux en 309 ou 310 après J.-C, issu d’une famille de souche gauloise, père médecin ; après des études au lieu de sa naissance, il fut choisi en 364 par l’empereur romain Valentinien comme précepteur de son fils Gratien. Le poète latin Ausone, qui a donné son nom à une rue du vieux Bordeaux, glorifiait la puissance et la beauté de la cité qui fut « son berceau », « sa patrie », « son amour », « pays où le ciel est doux et clément ». Gourmet, Ausone réclame les huîtres de Burdigala. Il aime la « Lamproie accommodée de vin noir », « le parfum de la vigne en fleurs » et les crus vieillissants. Il vécut en grand propriétaire, s’occupa d’exploiter les vastes domaines qu’il avait acquis. « Ô, Bordeaux, ma patrie célèbre par ses vins ! »

MONTAIGNE, 1200 ans plus tard, un philosophe moraliste, s’il ne naquit pas à Bordeaux, mais dans un pays voisin, à vignes cependant, y vécut et y joua, en sa qualité de maire, un rôle très important. À ce point que Bordeaux se l’est approprié comme un des siens et en fit l’une de ses gloires parmi les célèbres.Voici donc la certitude que l’auteur inégalable des « ESSAIS » Michel Eyquem seigneur de Montaigne qui est né le 28 février 1533 au château de Montaigne à St-Michel ( arrondissement de Bergerac ) dans le Périgord pourpre, buvait du vin mais pas de n’importe quelle manière et n’importe quelle quantité ! « Ma contribution est de ne faire cas de boire qu’après avoir mangé et, pour cela, je bois le dernier coup toujours plus grand ». « Le vin est capable de fournir à l’âme de la tempérance ; au corps de la santé ».

MONTESQUIEU, c’est dans la première moitié du XVIIIe siècle que l’auteur de « l’Esprit des Lois », né au château de Labrède en 1689 ( Graves ) atteint sa maturité et donne toute la mesure de son esprit humaniste. Charles-Louis de Secondat, baron de Labrède, vigneron à ses heures, exploita habilement des domaines très importants, en démontrant qu’une partie de ses ressources financières provenait de la vente de ses vins des Graves et de l’Entre-deux-Mers, rouges et blancs. « L’air, les raisins et les vins du bord de la Garonne et l’humeur des Gascons sont d’excellents antidotes contre la mélancolie ».

MAURIAC, est né le 11 octobre 1885, au 86 rue du Pas-Saint-Georges à Bordeaux. Malgré l’attrait de la lande sur lui, cet écrivain, silhouette gasconne n’a pas résisté à celui de son vignoble de Malagar (Saint-Maixant) où est élaboré un vin blanc moelleux de qualité. Si l’on ne trouve pas, dans son œuvre, beaucoup de textes trahissant une âme essentiellement vigneronne, il n’en demeure pas moins établi que notre académicien consent à mettre son nom célèbre sur les étiquettes du Cru fort estimé de Malagar. François Mauriac a délicatement défini le vin de Bordeaux : « Vin subtil, certes, mais sans détour, vin difficile à comprendre et à aimer tant il est dépouillé d’artifices ».

Quelle pensée ! Quelles images ! Quel style Ensemble qui nous permet de conclure que, soit AUSONE le poète, soit MONTAIGNE le moraliste, soit MONTESQUIEU le philosophe, soit François MAURIAC le romancier, non seulement aucun n’a renié la vigne ou le vin ni ne les ont écartés de leurs pensées ou de leurs actes, mais tous les ont fait participer à leur existence consacrée à donner à la terre bordelaise, un prestige de source culturelle claire, intarissable, désaltérante, fraîche, sous la forme des vins qu’elle offre généreusement au monde.

« Si le vin de toi n’est aimé
visiteur retourne en arrière
le pont de Bordeaux t’est fermé »
                                 
 -André Berry
bordeauxjc

Le magnifique pont de pierre de Bordeaux ne devrait point m’être fermé, car je suis muni d’un « sauf-conduit du Prince Eylaud » proclamant les louanges poétiques et bachiques glorifiant Bordeaux et ses vins pour l’éternité.

Tous les superlatifs ont déjà été employés pour évoquer la beauté de Bordeaux capitale mondiale des vins. Trouvez-moi une grande ville de 250 000 habitants avec des vignes autour. Pour ajouter à cette élégante ville de France, jumelée depuis mai 1962 à la pittoresque et charmante ville de Québec, qui fête en 2008 son 400ième anniversaire de fondation « De Vigne en Bouche la Gazette des Œnophiles » que j’ai l’honneur d’avoir fondé est fière de mettre en lumière des textes et poésies inédits qui évoquent Bordeaux ses monuments et son histoire.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
 
Si Bordeaux, capitale mondiale de la vigne, m'était contée (2ème partie)
Si Bordeaux, capitale mondiale de la vigne, m'était contée (2ème partie)
Lors de mes débuts dans le Québec en 1963, il y avait un timide intérêt pour le savoir – boire. Les questions qui me furent souvent posées par les reporters étaient : « Pourquoi buvez-vous régulièrement du vin? » et « pourquoi le mot ŒNOPHILE? », je répondais : « Parce que le vin incite à la joie et un visage heureux est toujours plus agréable ». « Pour le mot œnophile, il est l’héritage de mon éducation vineuse bordelaise auprès des Médecins amis des vins de France. Ce mot savoureux et savant sous le vocable de “Ordre du Mérite Œnophile” a pour but de regrouper tous les professionnels amateurs de vin n’exerçant pas la profession médicale. Le mot œnophile désigne une personne qui aime le vin et lui rend hommage. En 1968, un amateur de vin réputé, monsieur Raoul D. Gadbois frère du célèbre abbé Paule-Émile Gadbois de la « Bonne Chanson » fonde la « Commanderie des Vinophiles » En 1970 apparaît le début d’une prolifération de confréries vineuses, en 1971 « l’Ordre du Mérite Œnophile » parti de la charmante ville de Bordeaux prépare ses tournées — conférences aux quatre coins du Québec.
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Première réaction Québécoise nous arrivions avec notre mot savant « à 20.00 $ piastres » comme nous l’avait fait remarquer le populaire Réal GIGUÉRE, lors d’une invitation à Télé-Métropole, au cours de son émission. « parle parle jase jase ». Oui, j’ai traversé l’Atlantique avec en poche le merveilleux mot d’amour au service des vins du monde. Je venais du plus vaste vignoble de vins fins du monde. Dix fois plus étendu que celui de Bourgogne, le vignoble bordelais produit près de la moitié des vins fins de France, vins rouges et blancs subtils, distingués, bouquetés, à la robe lumineuse et au renom universel.

Curieusement ce voyage se situe plus dix ans après celui de l’éminent docteur Jean-Max EYLAUD. Rappelons que le 20 septembre 1954 lors de l’exposition française à Montréal en visite, sous l’égide de l’Alliance Française ; pour participer à la Fondation par le docteur Samuel LETENDRE de « l’Association des Médecins Canadiens Amis du Vin de France » le réputé sociologue et conférencier, le docteur Jean-Max EYLAUD dénonçait déjà l’alcoolisme et le vinisme. Le Québec a été la seule province à ne pas décréter la prohibition. On a préféré procéder par contrôle de la circulation des boissons, en établissant un organisme gouvernemental qui, en même temps, était responsable de la vente des vins et spiritueux, tout en prêchant la tempérance ou la modération… C’était la commission des liqueurs de Québec. Triste époque pour ces fameux ŒNOPHILES en devenir, nos amis Québécois devaient presque se cacher pour acheter une bouteille de vin.

Les clubs gastronomiques

C’est à Me Gérard DELAGE, justement nommé Prince des gastronomes du Canada, que l’on doit, au début des années 1950, l’avènement des sociétés, confréries, commanderies, amicales ou autres associations consacrées aux arts de la table. Comme le précise si bien le distingué confrère de plume Jean-Gilles JUTRAS dans sa mémorable conférence du « Rassemblement mondial des Confréries bachiques» tenue du 6 au 8 juin 2008 à Québec Hôtel Musée Premières Nations. Avec Me Gérard DELAGE nous souligne M. JUTRAS, suivirent entre autres groupements, le prestigieux Club Prosper-Montagné de Paris qui fut suivi par plusieurs autres dont l’importante Confrérie des Oyeurs, dite confrérie de la chaîne des Rôtisseurs, puis ce furent les Disciples d’Escofier, les Amitiés gastronomiques internationales, groupe fondé par Pierre Saint-Aubin.

Au début des années 1960, vinrent au Québec les confréries bachiques et regroupements dédiés au vin, disons aux Fidèles de Bacchus. Donc sous le vocable du savant mot « ŒNOPHILE » ce mot composé de deux mots grecs voulant dire : qui aime le vin, personne qui lui rend hommage. Le docteur EYLAUD ajoute : « N’est cependant pas œnophile un buveur simple de vin, moins encore un ivrogne. L’œnophile est l’amateur, le connaisseur de bon vin bu avec sagesse ».Voilà l’honnête réflexion que se posèrent les éminents disciples d’Esculape, depuis la ville jumelle de Bordeaux en envoyant le Messager du vin Jean Claude DENOGENS en la belle province du Québec. Bordeaux est jumelée avec la ville de Québec depuis le 14 mai 1962.

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« La couronne murale compte sept créneaux représentant une ville de premier ordre, les supports sont des antilopes blanchées, enchaînées à collier fleurdelisé, aux cornes incurvées et dentelées, à la crinière légère, aux pieds fourchus, à la queue relevée sur l’échine. « de gueules ; à la grosse cloche d’argent ouverte, ajournée et maçonnée de sable et sommée d’un léopard d’or; à la mer d’azur ondoyée de sable et d’argent, chargée d’un croissant aussi d’argent ; au chef d’azur semé de France »

C’est ainsi que notre ordre du savoir boire, reflétant les antiques us et coutumes, fit le tour de la belle province du Québec. Ce fut un travail vigilant, mais plaisant. Notre mot un peu pompeux et docte a été bien compris. Hors des grandes villes, les Québécois sont plus accueillants. Que de chemin parcouru depuis le 1er siècle av. J.-C., époque ou les Grecs se regroupaient pour pratiquer ce que les auteurs appelaient la « PHILOÏ NIE » qui est devenue le mot moderne «ŒNOPHILIE » La Grèce l’Italie et la Gaule étaient des « ŒNOTRIA » terre du vin. D'ailleurs, les trois pays furent désignés par l’appellation « Les Vineuses ». Avec l’expansion de l’Imperium Romana, se répandirent les connaissances de la viticulture en Gaule. Ausone, poète latin né à Burdigala (Bordeaux) 310-395 après J.-C. est issu d’une famille de souche gauloise et de père médecin. Dans « Dîner de noces » il commente « Quand la faim est chassée et qu’a disparu le désir de manger, on pose de grands cratères et on verse le vin. On chante des cantiques, on danse en chœur, on dit des vers» dans ce commentaire j’y retrouve avec plaisir mon dicton favori et passe-partout de mes conférences « Le vin est à la table, ce que la fleur est au jardin ». Je rappelle avec fierté que tous les auteurs grecs et latins étaient d’accord pour dire que de tout temps, le bon peuple de France a été spécialement doué pour exercer l’ŒNOPHILIE ! Vous amis québécois! devenus aujourd’hui en l’An 2008, de joyeux œnophiles! vos origines de France vous favorisent pleinement pour accomplir cet art de boire.

Après tout « l’Ordre du Mérite Œnophile » et sa gazette « De Vigne en Bouche » ne viennent-ils pas d’un aristocratique terroir? Beauté de la France et beauté de la science œnophile réservent une place aux vignobles de France et particulièrement de Bordeaux. Sans être chauvin, je suis heureux que les Québécois partagent cet art de la France. Car voici du moins un sujet sur lequel il n’est pas de dispute : « Si la France n’est plus le premier producteur de vin du monde, il demeure de loin le premier pour les vins « de qualité », qu’on les dise « fins » ou « vieux » en dépit des imitations. »

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« Le 9 décembre 1939, le gouvernement se dote par décret de nouvelles armoiries reflétant l’histoire politique du Québec. Le régime français y est représenté par les fleurs de lys or sur fond bleu, le Régime britannique par un léopard or sur fond rouge et la période canadienne par un rameau de feuilles d’érable. La devise Je me souviens y occupe également une bonne place. Ces armoiries remplacent celles attribuées à la province par les autorités britanniques en 1868. Contrairement aux usages habituels, le Québec modifia ses armoiries sans consulter les autorités britanniques, un autre exemple de son statut distinct dans la Confédération canadienne ».

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Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
Le vignoble de Bordeaux
Le vignoble de Bordeaux
Bienvenue dans le plus grand et le plus ancien vignoble de vin fin du monde. Le vignoble de Bordeaux est situé dans le Sud-Ouest de la France, en région Aquitaine. Après avoir visité le vignoble Bergeracois en Périgord Pourpre et l’Alsace, je vous invite à la découverte du Bordelais. Cette contrée est belle en toutes saisons, mais surtout en automne, quand les vignes resplendissent de couleurs d’ocre rose ou d’or fondu. La Gironde est le département le plus vaste de France. Il couvre 105 km du nord au sud et 130 km d’est en ouest. La Gironde est surtout connue par ses vins, et cette réputation ne date pas d’aujourd’hui. La « Burdigala » romaine était déjà entourée de vignes. Le monde entier connaît Bordeaux pour sa variété de vins fins. On y découvre tous les types de sols, on y produit tous les types de vins. Mais uniquement des vins d’Appellation d’Origine Contrôlée : A.O.C.
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Le terroir Girondin offre la gamme la plus magnifique depuis les Médocs délicats, féminins, jusqu’aux Pomerols vigoureux, en passant par les Saint-Émilion solides, les Graves robustes, les blancs secs de l’Entre-Deux-Mers ou doux du Sauternais, les crus bourgeois, toute la gamme des vins de France se retrouve en Gironde. On y cultive une dizaine de cépages, certains terroirs se prêtent cependant plus que d’autres à l’épanouissement du raisin. Le sémillon et le sauvignon, qui composent maints vins blancs, préfèrent les sols de graves, de sable d’argile ou de marne. Pour les rouges, le merlot ira vers les sols argileux du Libournais, alors que le cabernet sauvignon appréciera les sols chauds de graves du Médoc. Le produit : 115 237 ha en production dont 112 217 en A.O.C. 57 appellations, plus de 8 000 châteaux, dont certains noms font rêver : Latour, Yquem, Margaux, Mouton-Rothschild, Ausone, Cheval-Blanc ou Petrus. 6 catégories de vins (rouges, blanc sec, blanc doux, rosé, clairet et crémant) et une eau-de-vie de vin, la Fine de Bordeaux. Une production de 855 millions de bouteilles, réparties de la façon suivante : 84 % de rouge et 16 % de blanc, dont 84 % de blanc sec. Soit un quart de production des appellations françaises en général (14 % des rouges; 4 % des blancs). Les femmes et les hommes 13 000 viticulteurs, dont 5 000 regroupés au sein de 60 coopératives. 400 maisons de négoce : les 30 plus importantes réalisent 90 % du C.A. total. 130 courtiers. 1 actif sur 6 en Gironde vit directement ou de façon indirecte des vins de Bordeaux.

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La symphonie en rouge

Sur la rive gauche
Médoc, Haut-Médoc, Margaux, Moulis, Listrac, Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe, Les Graves rouges.

Sur la rive droite
Saint-Emilion, Pomerol, Canon et Côtes de Fronsac, Blayais, Bourgeais, Premières Côtes de Bordeaux, Côtes de Castillon.

La symphonie en blanc
Secs
Graves, Entre-Deux-Mers.

Moelleux
Premières Côtes de Bordeaux, Saint-Macaire, Graves de Vayres, Haut-Benauge, Sainte-Foy, Bordeaux, Blaye et Bourg.

Liquoreux et suaves
Sauternes, Barsac, Cérons, Loupiac, Sainte-Croix-du-Mont.


« De Vigne en Bouche la Gazette des Œnophiles » qui consacre une série de chroniques sur cette vaste région complexe, poursuivra son pèlerinage en plusieurs étapes. Pour cette première chronique sur les Bordeaux, j’ai choisi la Confrérie bachique « Les Compagnons du Bordeaux » qui représente l’ensemble du terroir girondin ayant l’appellation « Bordeaux » (Médoc, Graves, Saint-Émilion, Sauternes, Entre-deux-Mers ). D'ailleurs, les intronisés dans le costume couleur « Bordeaux » à col de fourrure; toque bordeaux et or, portent le titre de « Vignerons de Bordeaux » et l’insigne représente « les armes de la ville de Bordeaux ». J’ai l’honneur d’appartenir à ces Compagnons du Bordeaux, compagnonnage d’honneur, dont la mission est « la défense et l’illustration des vins blancs et rouges de la région du Bordelais ». Ces Compagnons du Bordeaux entendent rendre hommage à tous les artisans du Bordeaux, à tous « ceux qui, avec précaution, taillent la vigne, décident d’écouler le jus pétillant dans la cuve, dépistent les traces vicieuses d’acidité, goûtent, habillent les somptueuses bouteilles, vantent au loin la renommée d’un cru… ce qui est mon humble cas.

bordeaux2Le Bordeaux, ce n’est pas seulement les Grands Crus classés, et parmi lesquels seuls les « premiers » mériteraient la faveur. Le Bordeaux, c’est l’ensemble de tous les grands et petits crus, terroirs illustres ou modestes, crus bourgeois, artisans et paysans. Tous sont nécessaires, car ils se complètent, tous sont indispensables comme la gamme l’est à la musique. Lorsque l’amour du vigneron pour son métier et pour sa terre se retrouve dans la bouteille, il n’y a plus de « petit cru » ne pouvant produire qu’un « petit vin » : il y a un bon vin, honnête, loyal, pur et authentique. Il n’est pas rare, il est même fréquent de trouver, dans quelques « châteaux » tenant davantage de la chaumière que de la demeure seigneuriale, un vin fort bien tourné, au bouquet simple. C’est donc pour honorer à la fois tous les vins de Bordeaux et tous leurs artisans que les Compagnons du Bordeaux se rassemblent en de joyeuses frairies, dans la meilleure tradition bordelaise. Pour son ancienneté, alors qu’elle célébrait sa fête, le roi Louis XI, en visite à Bordeaux, voulut bien accepter le titre de premier Confrère, et accorda des privilèges, donnant à la Confrérie un éclat qu’elle conserva longtemps. Aujourd’hui les Compagnons et gentes Compagnes du Bordeaux font serment;

De le faire toujours mieux connaître,
De le faire aimer, de le faire respecter,
De porter haut et ferme son pavillon,
De chanter sa gloire dans l’amitié.

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Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
 
L'Alsace et sa traditionelle route des vins
L'Alsace et sa traditionelle route des vins
Nous quittons la charmante ville de Riquewihr trois étoiles au guide vert de Michelin pour poursuivre notre route du vin. Nous traversons les nombreux villages aux balcons fleuris de rouge. Voilà Ribeauvillé une agréable étape vinicole, surveillée par ses trois châteaux de Ribeaupierre (12e-13e siècle), et sa tour des bouchers. Ces trois châteaux accueillent sur ses vieilles tours les jeunes cigognes, ce merveilleux symbole de l’Alsace. Ribeauvillé célèbre toujours le premier dimanche de septembre le « Pfifferdag », la fête des Ménétriers.
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On remarque avec plaisir que dans cette région de France les églises servent à la fois aux cultes catholique et protestant. Une admirable unité dans la fois, certainement pour veiller sur cette mer de vignes. Nous sommes, entre Ribeauvillé et Colmar au cœur du vignoble alsacien. Dans cet endroit accueillant, nous faisons connaissance avec de nombreux grands crus, osterberg, kirchberg et geisberg qui comptent aussi de nombreux domaines de qualité comme Trimbach ; la cave vinicole de Ribeauvillé on y élabore des cuvées de très haut niveau.

bergheimNous poursuivons notre découverte sur les riches pentes vosgiennes. Bergheim, la ville de Bergheim est une coquette cité du vignoble entourée de coteaux ensoleillés où mûrissent quelques-uns des meilleurs crus. Sa situation, à la croisée de la route des vins et de la route du Haut-Koenigsbourg, lui donne un attrait prédestiné au tourisme. Le Haut-Koenigsbourg, domine de sa masse de grès rouge le « Stophenberch » (753m) où un château fut érigé en 1114, bientôt suivi d’un autre, en 1147, le « Castrum Estufin ». L’une des tours appartenait au duc d’Alsace, l’autre à Conrad, frère de Frédéric Ier. Une chapelle comporte deux étages : l’un pour les dames, l’autre pour les chevaliers. Visites guidées : durée env. 50 minutes.

Saint-Hippolyte : La cité est évoquée pour la première fois dans un document de Charlemagne en 774 sous le nom d’Andaldovillare. Entourée de vignes, situées au pied de l’antique château féodal du Haut-Koenigsbourg, sur la pittoresque route du vin. Le village possède plusieurs fontaines fleuries, il est réputé pour ses vins rouges. Le grand cru gloeckelberg, et son pinot gris réputé pour sa finesse. Fait encourageant la progression des vins d'Alsaces au Québec est spectaculaire. Ils sont nombreux ces courageux et talentueux artistes vignerons d’Alsace à visiter la belle Province du Québec. Dans quelques jours, la presse spécialisée rencontrera Olivier Dutcher, de la Cave d’Obernai. Nous trinquerons, je suis certain, aux bontés des Alsaciens et aux beautés de leurs vins. Dans notre cheminement, signalons Sélestat qui a deux belles églises et de belles maisons.

Dambach-la-ville possède de très jolies enseignes, des tours et, aussi des maisons de style. Signalons, entre autres, le domaine Ruhlman. Andlau petite ville construite autour de l’abbatiale Sainte-Richarde fondée vers 880 par l’épouse de Charles le Gros. Deux clochers émergent au dessus des toits et des forêts environnantes. La commune possède trois grands crus favorables au riesling, le wiebelsberg, le muenchberg et le kastelberg. Marc kreydenweiss, pionnier de la viticulture est un spécialiste en biodynamie, il dirige le domaine depuis 1971 aidé de son épouse et de son fils. Issu d’une famille de viticulteurs installée en Alsace depuis trois siècles. La commune possède aussi une scène cocasse : un diable lie avec une corde un profanateur qui, encouragé par une femme, s’efforce de verser de l’eau dans le vin. Un avertissement sévère à ceux qui seraient tentés de renouveler un tel crime que même le Malin réprouvait violemment.

Barr, détient peut-être le record des villes assiégées et incendiées. Ainsi les Celtes dénommaient-ils un sommet. La seigneurie de Barr fut la propriété de la ville de Strasbourg jusqu’à la Révolution française. C’est un important centre viticole. Le gewürztraminer, le riesling et le pinot gris y donnent des vins capiteux. Nous partons de Barr pour monter jusqu’au Sanctuaire de sainte Odile patronne de l’Alsace. Odile naquit aveugle.

montstodileDu Mont Ste-Odile (763 m), nous découvrons un extraordinaire panorama sur toute la région. Nous redescendons sur Obernai deux étoiles au guide vert Michelin, qui, comme Riquewihr, est, hélas, la proie des touristes. En plus du vin, c’est le pays de la « Kro » ( les brasseries Kronenbourg ). Là encore, la belle Alsace est bien présente avec ses superbes vieilles maisons aux toits polychromes, ses cigognes, ses petites rues fleuries, ses enseignes et beaucoup de touristes. Il faut faire le circuit du « Sentier viticole du Schenkenberg long de 3,6 km, permettant de découvrir le vignoble sur 250 ha. Il y a encore beaucoup de villes attirantes, pittoresques dans ce Bas-Rhin. Mais on a déjà vu et bu tant de choses. La route est là en toute modération qui nous mènera à Strasbourg. Et Strasbourg… ce n’est plus la route du vin!

Strasbourg : Il faut, bien sûr, visiter sa cathédrale, l’horloge astronomique, le château des Rohan, le musée de « l’œuvre Notre-Dame », le musée historique, le musée alsacien, les expositions européennes d’art contemporain à l’ancienne douane. Il faut aussi découvrir, en mini-train ou en bateau, la « Petite-France » , et escalader la terrasse panoramique de Vauban, d’où l’on jouit d’une vue merveilleuse sur la cité moyenâgeuse la mieux conservée d’Europe.

Le nom de l’Alsace lui vient de sa rivière l’Ill qui, après un parcours de 205 km, va se jeter dans le Rhin. L’Alsace, c’est « le pays de l’Ill ».
Parmi les nombreuses fêtes populaires alsaciennes, on peut citer la fête du houblon à Haguenau, de la choucroute à Colmar, de la bière à Munster, occasions de revêtir les costumes traditionnels. Au XVIe siècle, une révolte paysanne fut réprimée avec une telle férocité que, dit-on, c’est en souvenir de ce massacre que les Alsaciens adoptèrent le gilet rouge sang. Oui ce pays européen est vraiment comblé, j’irai revoir cette belle Alsace.

munsterLe Fromage. Un seul : le Munster, par contre, sur cette autre magnifique création alsacienne qu’est le « Munster » à la pâte crémeuse et d’un goût très relevé, le capiteux d’un « Pinot gris » s’impose. Aussi le gewurztraminer, ainsi que les bières. D’après la tradition, vers 855, pour fabriquer leur munster, les moines se seraient inspirés du gros géromé, une pâte alors très appréciée fabriquée à Gérardmer, ville située de l’autre côté des Vosges, mais en territoire Lorrain. Les deux fromages, très proches, se disputeront pendant des siècles la première place. Au début du Moyen Àge, les marcaires, les paysans de Munster acquittaient leurs redevances sous forme de fromages. Leurs parfums reflètent toujours ceux des hauts pâturages des Vosges, riches en herbes épaisses et en graminées aromatiques. Le lait provient de deux traites mélangées, celle du matin et celle du soir.

MUNSTER AOC Croûte lavée, région : Alsace, Lorraine, forme : disque. Lait de vache, cru, entier ou partiellement écrémé. Pâte molle. Teneur en matières grasses : 45% au minimum. Saveur : franche, relevée.

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Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
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L'Alsace à votre table
L'Alsace à votre table
 
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Nous poursuivons notre pittoresque route du vin vers Strasbourg. On ne peut se rendre en Alsace sans une visite dans la charmante ville de Riquewihr trois étoiles au guide vert de Michelin. Chaque année, plusieurs millions de touristes franchissent ses remparts. Cette petite ville garde, avec une fidélité exemplaire, l’empreinte de son passé et l’image de la vieille province alsacienne, si riche d’Histoire. Plus heureuse que ses voisins, elle a échappé aux ravages des deux guerres mondiales. Riquewihr est cerné par les vignes. C‘est le vin qui a fait la prospérité de Riquewihr, qui possède aujourd’hui deux grands crus ; le sporen, favorable au gewurztraminer et au pinot gris, et le schoenenbourg, dévolu principalement au riesling. Cette ville est la patrie de 2 maisons réputées, Dopff et Iron importante maison de négoce et Hugel et Fils qui cultive ses vignobles depuis près de quatre siècles. C’est aussi celle de la maison de Hansi le talentueux dessinateur et caricaturiste colmarien.

C’est à table que se forme les amitiés, en Alsace si mes souvenirs sont bons, le temps consacré au repas représente à cet égard un moment privilégié.

cygogneLa cuisine alsacienne est très riche et très originale. Ce pays européen est vraiment comblé sur le plan des nourritures terrestres. Il produit un vin blanc excellent qui compte beaucoup de bons crus. L’Alsace possède une riche basse-cour où se dodeline majestueusement l’oie grasse, un gibier aussi nombreux que divers puisque le gibier à poil y est représenté par les cerfs, les daims, les chevreuils, les lièvres et les lapins de garenne, et le gibier à plumes par les perdreaux, les faisans, les cailles, les poules d’eau, les canards sauvages, les gélinottes et les coqs de bruyère. Quant au poisson, il est très abondant dans le Rhin et ses affluents. Ajoutez à cela que l’Alsace est une région qui offre une charcuterie variée et savoureuse.

Les vraies spécialités. Soupes et potages. La plus populaire est évidemment la soupe au lard ( ou potée alsacienne ), mais il y en d’autres : soupe à la bière, soupe à la choucroute, le potage aux noisettes et le consommé strasbourgeois.

Les hors-d’œuvre. D’abord les charcuteries : cervelas, galantine, langue fourrée de Strasbourg, saucisses chaudes au raifort, le Kalereï ( fromage de porc ), le boudin à la langue, le jambon saumoné, les saucisses à l’anis de Sélestat, la roulade de veau au foie gras. Ajoutons les pâtés de brochet. On apprécie aussi beaucoup la carpe aux nouilles, la carpe farcie à l’alsacienne, la carpe à la bière, les truites au bleu et le flan aux écrevisses. Plats. Le plat typiquement alsacien est la choucroute. Mais il en est de toutes sortes, et les gastronomes de Colmar ne sont pas d’accord avec ceux de Strasbourg, sinon pour reconnaître que celle que l’on sert dans grands restaurants des deux villes n’est pas la vraie. Donc, pour manger une vraie choucroute, il faut aller dans les auberges de villages. Vous pouvez goûter encore : le coq au riesling, la fricassée de poulet à l’alsacienne, le faisan garni aux choux, le civet de lièvre aux nouilles.

Pour l’harmonie des mets alsaciens : Sur des grenouilles, quelles soient « à l’anglaise », à la béchamel, en beignets, au blanc… ou en potage, la souplesse d’un Pinot Blanc ( ou « Klevner » ) fera merveille. Sur une daurade ou un brochet, recommandons le « Riesling », en raison de son côté « racé ». Dans le domaine des viandes de volailles, le Riesling par son bouquet délicat complète très bien la saveur d’une volaille.

Pour le mouton, le fruité du Riesling lui sied parfaitement.
Le Fromage. Un seul : le Munster, par contre, sur cette autre magnifique création alsacienne qu’est le « Munster » à la pâte crémeuse et d’un goût très relevé, le capiteux d’un « Pinot gris » s’impose. Aussi le gewurztraminer, ainsi que les bières.

D’après la tradition, vers 855, pour fabriquer leur munster, les moines se seraient inspirés du gros géromé, une pâte alors très appréciée fabriquée à Gérardmer, ville située de l’autre côté des Vosges mais en territoire Lorrain. Les deux fromages, très proches, se disputeront pendant des siècles la première place. Au début du Moyen Àge, les marcaires, les paysans de Munster acquittaient leurs redevances sous forme de fromages. Leurs parfums reflètent toujours ceux des hauts pâturages des Vosges, riches en herbes épaisses et en graminées aromatiques. Le lait provient de deux traites mélangées, celle du matin et celle du soir.

vosgesMUNSTER AOC Croûte lavée, région : Alsace, Lorraine, forme : disque. Lait de vache, cru, entier ou partiellement écrémé. Pâte molle. Teneur en matières grasses : 45% au minimum. Saveur : franche, relevée.

À la fin du repas, sur le « Kougelhopf », pâtisserie haute de forme, saupoudrée de sucre fin et faite d’une pâte où entrent beurre, farine, raisins et amandes, l’élégance d’un gewurztraminer confine à l’harmonie parfaite.

Et, pour couronner le tout, sur une glace ou sur des fruits glacés, débouchez un grand Brut blanc de blancs, le Crémant d’Alsace. Issu des meilleurs pinots blancs qui lui confèrent légèreté, élégance et fraîcheur, il conclura en heureux œnophile-gourmand votre repas par la célébration d’un succès gastronomique alsacien.

Je n’aurai pas eu le plaisir d’écrire ces harmonieux conseils il y a trente ans. On trouve de tout au Québec, mêmes des bons produits Alsaciens.

À suivre.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac


L'Alsace, son histoire, son vignoble, ses vins (1ère partie)
L'Alsace, son histoire, son vignoble, ses vins (1ère partie)
La vigne est très ancienne en Alsace : elle poussait aux bords du Rhin bien avant l’arrivée de Jules César et de son armée en l’an 59 avant J.-C. En amont de Bâle on a trouvé au bord du Rhin de grands tas de vieux pépins de raisins d’une grande antériorité. L’armée romaine est restée en Alsace presque cinq siècles, puis les Mérovingiens s’y sont fixés dans leur fermes, les Carolingiens firent de même, puis deux familles d’Alsace, les prestigieux Hohenstauffen et les célèbres Habsbourg furent successivement empereurs du St-Empire.
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Le vignoble d’Alsace avait alors une très cartealsacegrande renommée et une belle richesse : il livrait ses vins à la Suisse, à la Lorraine, aux Pays-Bas, à l’Angleterre, aux Pays Nordiques et à tout le Saint-Empire… Strasbourg était pendant des siècles l’un des plus grands marchés du vin. Pendant la guerre de Trente ans ( 1618-1648 ), le vignoble d’Alsace a beaucoup souffert, l’Alsace devint un glacis militaire pendant plusieurs siècles et changea plusieurs fois de nationalité. Au début du XX e siècle, le vignoble alsacien se trouvait dans une situation désastreuse sous l’effet du phyloxera, du mildiou, de l’oïdium, mais à partir de 1920 les vignerons alsaciens l’ont reconstitué avec une énergie exemplaire avec les vieux cépages traditionnels ( Riesling, Muscat, Tokay d’Alsace, Gewurztraminer, Pinot blanc ou noir, Sylvaner…) dans les collines sous-vosgiennes aux terrains variés, orientés vers l’Est et très ensoleillés, produisant des vins de grande qualité et très agréables.
Le vignoble alsacien renaît véritablement au lendemain de la première guerre mondiale lorsque les viticulteurs s’engagent dans une politique de qualité en choisissant de produire des vins élaborés à partir de cépages typiques.

« Oh ! le beau jardin », se serait exclamé Louis XIV le rois soleil contemplant avec ravissement la riante campagne alsacienne.

C’est en effet un grand jardin de fleur et un long ruban de vignobles que nous allons explorer. Suivre la route du vin d’Alsace, c’est admirer les ondulations d’un itinéraire qui, sur 180 km, de Thann ( Haut-Rhin ) jusqu’au-delà de Marlenheim ( Bas-Rhin ), serpente du nord au sud à travers les collines du vignoble occupant une superficie d’environ 15 000 hectares. Au fil de ce beau et long vignoble dont la largeur excède rarement 5 Km, se répartit la riche gamme des 7 cépages. En Alsace, contrairement aux usages des autres vignobles français, ce n’est pas en général le terroir qui donne son nom aux vins d’Alsace, mais les cépages eux-mêmes. Les vins d’Alsace proviennent de sept cépages : Sylvaner, Pinot Blanc, Riesling, Muscat d’Alsace, Tokay Pinot Gris, Gewurztraminer et Pinot Noir.

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Le Sylvaner est remarquablement frais et léger, avec un fruit discret. Agréable et désaltérant.
   
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Le Pinot Blanc, rond et délicat, allie fraîcheur et souplesse pour représenter un juste milieu dans la gamme des vins d’Alsace.
   
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Le Riesling, sec, racé, délicatement fruité, offre un bouquet d’une grande finesse avec des nuances parfois minérales ou florales. Reconnu comme l’un des meilleurs cépages blancs au monde.

   
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Le Muscat d’Alsace se distingue des Muscats doux du Midi par son caractère sec. Très aromatique, il exprime à merveille la saveur de fruits frais.
   
pinotgris
Le Tokay Pinot Gris développe une opulence et une saveur caractéristique. Charpenté, rond et long en bouche, il présente des arômes complexes de sous-bois parfois légèrement fumés.
   
gewurz
Le Gewurztraminer, corsé et bien charpenté, est probablement le plus célèbre des vins d’Alsace. Son bouquet intense développe de riches arômes de fruits, de fleurs ou d’épices ( gewur= épicé ). Puissant et séducteur, parfois légèrement moelleux, c’est souvent un vin de garde.
   
pinotnoir
Le vignoble alsacien est cultivé sur des terroirs très variés, ici schisteux ou granitiques, là gréseux ou calcaires. À 90% environ, les vins d’Alsace sont blancs. Les vins rouges et rosés sont exclusivement obtenus à partir de Pinot noir.
   

L’éternelle jeunesse du vin d’Alsace

Le Vin d’Alsace est selon mon expérience, celui des vins français qui conserve le plus longtemps ses qualités de jeunesse, c’est-à-dire le fruité, l’acidité et la teneur en alcool. On ne connaît même pas la limite de cette extraordinaire jouvence. Raymond Dumay cite (« Guide du vin », Éditions Stock ) des bouteilles datant de 1834 et 1865 qui, bues en 1963, paraissaient n’avoir que quelques années d’âge. On suppose que, dans de bonnes conditions, le Vin d’Alsace, s’il est de qualité, peut demeurer intact plusieurs siècles… Mais il est très sensible aux moindres variations de température et il faut toujours lui réserver le meilleur coin d’une cave.

Entre Strasbourg et Colmar, sur ce séduisant itinéraire vineux, nous avions découvert de pimpants villages et bourgs fleuris, gais et accueillants. Nous y rencontrions pour notre bonheur une succession de maisons à Colombages avec les balcons fleuris.civa

J’ai personnellement vite ressenti la sincère fierté alsacienne chez ces solides et grands gaillards vignerons. Lors de flânerie et pour le plaisir des yeux, cette belle et noble Alsace offre une décoration extérieure originale, sculptant les poteaux d’angle, gravant les linteaux et les encadrements de porte d’inscriptions, çà et là des blasons et de pittoresques fenêtres en encorbellement et partout des toits pointus, qui ne portent malheureusement plus que des nids désertés par les cigognes.

Il manque de plus en plus de grenouilles dont son friandes nos traditionnelles cigognes. Un autre beau plaisir des yeux il faut voir toutes ces fenêtres garnis de géraniums. Les villages alsaciens ont une charmante coutume, surtout ceux sur la route du vin, se font un point d’honneur à être les plus fleuris de France. Autre flânerie de détente, une rencontre d’un puit ou une fontaine au milieu d’une petite place abondamment garnis de fleurs. Au sommet de ce puit ou fontaine, un animal ou un saint protecteur de l’endroit, sainte Odile à Obernai, saint Thiébaut à Thann.


Notes de l’auteur et source de la Confrérie Saint-Etienne Alsace.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac

L'Alsace, son histoire, son vignoble, ses vins (2ème partie)
L'Alsace, son histoire, son vignoble, ses vins (2ème partie)
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C’est avec ce superbe extrait poétique sur l’Alsace « PETITS HYMNES A NOS GRANDS VINS » de mon ami feu le Docteur Eylaud que je débute cette chronique.

 

 

« Vins d’Alsace, légers et clairs qui vous sentez forts de savoir derrière vous toute l’âme vibrante de la France, coulez des collines inspirées, face au Rhin, courageusement. Nous vous défendrons parce que vous avez l’esprit fier et grave ; que toute notre gloire est dans votre vie majeure et resplendissante faite de pardon, non de haine.

Rien ne saurait vous séparer de nous et notre histoire a besoin de votre parfum capiteux pour éveiller ou endormir le berger gardien de son troupeau national. Il faut au ciel les orages pour que l’on puisse mieux apprécier les charmes des éclaircies bienfaisantes.

Les cigognes vous pleurent du haut des clochers de Strasbourg et des cheminées de Colmar quand on vous arrache à votre sol natal, piétiné par tant de passages conquérants. Aussi, quittez- vous vos postes d’observations à regret quand un danger vous menace.
Vous avez aiguisé le crayon d’Hansi et dicté à Rouget de Lisle les accords libres de la Marseillaise toujours prète à vous entraîner aux combats libérateurs. »
civa3

Face à la FORET NOIRE, sur les pentes Est des VOSGES le vignoble alsacien se déploie le long du RHIN français. Il n’existe pas de meilleure manière de découvrir l’Alsace que de suivre la célèbre Route des vins.

Pour les œnophiles et les gastronomes, vient enfin le temps des Grands Crus d’Alsace. Certains sont célèbres depuis plus de mille ans, d’autres depuis quelques décennies, mais tous sont issus de terroirs civa2privilégiés où la géologie, le climat et l’exposition forment un accord exceptionnel. Le parcours de cette route est un pur bonheur, nous traversons des villages fleuris aux ruelles étroites et aux maisons inimitables serrées autour de leur clocher. Les caves de dégustations fraîches et accueillantes y disent à tout instant l’amour du vin. De la route, on peut s’aventurer au cœur du vignoble et jusqu’au sommet des coteaux par de nombreux sentiers viticoles fléchés qui invitent à découvrir le travail de la vigne et la diversité des cépages. D’avril à octobre, les fêtes viticoles ainsi que les foires aux vins perpétuent les traditions : Colmar ( semaine du 15 août ), Ammerschwihr ( avril ), Molsheim ( 1er mai ), Guebwiller ( Ascension ), Barr ( mi-juillet ), et Ribeauvillé ( fin juillet ) comptent parmi les principales.

Le sens de l’étiquette en trois appellations.

L’étiquette où figure l’A.O.C Alsace mentionne habituellement le nom du cépage concerné. Elle peut également comporter un nom de marque ou la mention « Edelzwicker » pour un assemblage de plusieurs cépages blancs.
L’A.O.C. Alsace Grand Cru est conférée à des vins satisfaisant à des contraintes de qualité particulièrement sévères, notamment en matière de délimitation des terroirs, de richesse naturelle, de dégustation d’agrément… L’étiquette précise obligatoirement, outre le cépage ( seuls le Riesling, le Gewurztraminer, le Tokay Pinot Gris et le Muscat sont admis ), le millésime et l’un des cinquante lieux-dits délimités pouvant bénéficier de cette appellation. Tout autant que le cépage, c’est l’empreinte du terroir qui fait de chaque Alsace Grand Cru un vin unique.

L’A.O.C. Crémant d’Alsace Couronne les vins d’Alsace effervescents, vifs et délicats, élaborés selon la méthode traditionnelle ( comme en Champagne ), principalement à partir du Pinot Blanc, mais aussi du Pinot Gris, du Pinot Noir, du Riesling ou du Chardonnay. Ces vins sont aujourd’hui leaders des Crémant rosé, plus rare, est issu du civa4seul Pinot Noir.

Pas d’Alsace sans cigogne.

Les cigognes alsacienne qui étaient en voie de disparition, pour un certain nombres de raisons : chasses, lignes électriques, sécheresse en Afrique, etc.

Hunawihr qui est l’une des perles de la route des vins, ce charmant petit village abrite la vie secrète des cigognes. Ce Centre de Réintroduction des Cigognes et des Loutres a été crée en 1976 au cœur d’anciens marais.

civa1Molsheim.
Quand les religieux sont là le vin n’est jamais loin. Molsheim compte un grand cru classé, le bruderthal, où le riesling et le gewurztraminer réussissent particulièrement bien.

Obernai.
En plus du vin, c’est le pays des brasseries Kronenbourg, c’est aussi la charmante Alsace avec ses cigognes, ses vieilles maisons et ses petites rues fleuri.



 

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac


L'Alsace, son histoire, son vignoble, ses vins (3ème partie)
L'Alsace, son histoire, son vignoble, ses vins (3ème partie)
Brillat-Savarin se félicitait de son passage en Alsace en assurant que c’était « une des régions d’Europe où il avait le plus salivé ». Pour les œnophiles et les gastronomes, la gastronomie, en Alsace, ne se limite pas au vin. On y déguste, aussi, son foie gras, ses pâtisseries dont la tarte aux myrtilles et le Kougelhopf, sa charcuterie, sa choucroute, son fromage de Munster. On y boit les meilleures bières de France et des alcools blancs renommés.

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choucrouteOn ne découvre pas, en Alsace, de vignobles classés par région comme en Beaujolais, dans la Bourgogne ou le Bordelais. On ne va pas du sylvaner au riesling comme on va, par exemple, du clos de vougeot au chambolle-musigny ou du pomerol au saint-émilion. Ici, chaque viticulteur se fait un devoir de produire tous les cépages alsaciens. On peut donc ne rendre visite qu’à un seul producteur. Mais ce serait dommage au moins pour trois raisons : la première est que les vins d’Alsace valent mieux qu’une seule dégustation. La seconde est que l’Alsace vaut mieux qu’une simple visite et la troisième est que les Alsaciens disent eux-mêmes qu’ils ont tout pour être heureux, ajoutons que le vignoble est une image modèle de l’Europe.

L’Alsacien, comme son vin, est noble. Nulle part, en France, plus encore qu’en Bretagne ou au pays Basque, on ne découvre un tel respect des traditions, de l’histoire locale et avec tout cela le clocher reste le symbole de la cité. C’est un lieu commun que de proclamer d’une région qu’elle est chargée d’histoire. Pour l’Alsace, on ne peut dire mieux. Pendant longtemps elle a servi de terrain d’occupation et de tampon entre ses deux grands voisins. Disputée, déchirée, passant de l’un à l’autre, elle s’est découverte, des qualités propres dont la première est l’obstination.

L’Alsace fleurit
Pour visiter l’Alsace comme elle le mérite, il faut plusieurs mois. Plusieurs cités valent un arrêt plus ou moins prolongé. Ma première constatation est que la splendide route du vin est une route fleurie. Chaque localité présente ses maisons typiques aux balcons dispensant à profusion le rouge, le bleu, le blanc, le jaune. Les rues ont leurs corbeilles et des plantes vertes s’élancent à l’assaut des escaliers ou des murs.

alsace1Il faut admirer les maisons à pignons ou à encorbellements. Ne levez pas trop haut les yeux, car l’Alsace souffre bien plus des modernes antennes de télévision que de la présence des belles cigognes. Si vous allez du sud au nord, c’est-à-dire du Haut-Rhin vers le Bas-Rhin jetez, à Thann un œil sur la flèche finement ciselée de l’église Saint-Thiébaud. À Guebwiller, faites un détour jusqu’à Murbach pour admirer la remarquable église de pur style roman. De Soultzmatt dominée par son château de Wangenbourg, bifurquez vers Rouffach où vous ferez un arrêt sur la place pittoresque avec son ancien hôtel de ville et la tour des sorcières. Le bon roi Dagobert, franc buveur, aimait plus que tout le vin de Rouffach! Gueberschwihr a préservé, malgré les sièges et les pillages, un magnifique clocher roman, le plus beau de toute l’Alsace. Faites ensuite une halte à Éguisheim. Le maire, Léon Beyer, a fait de sa petite cité un écrin fleuri, plusieurs fois lauréat, déjà, de concours et, notamment premier grand prix d’honneur des villes et villages fleuris de France. Dominée, au loin, par les donjons des trois châteaux des puissants seigneurs d’Éguisheim, la charmante ville s’enorgueillit de compter parmi ses fils un pape, Saint Léon IX. Elle affirme aussi qu’elle est le berceau du vignoble alsacien… Ce village le plus fleuri de la province, possède un pressoir médiéval et monumental, dans lequel en son caveau vinaire, le maire vigneron, Léon Beyer, offre à ses amis le vin de ses vignes, car, selon une ancienne poésie alsacienne :

« Qui craint Dieu sera bienheureux
Qui boit du vin deviendra heureux.
Donc, craignons Dieu, buvons du vin,
Et nous serons joyeux et bienheureux. »
Colmar capitale du vignoble
coljcColmar Haut-Rhin est indiscutablement la capitale viticole de l’Alsace, comme le justifie sa célèbre Foire aux vins d’Alsace, qui, chaque année, au mois d’août, attire une sélection d’œnophiles et gourmets internationaux, dans la cité de la Maison des Têtes, en pleine liesse folklorique. La maison Pfister vaut aussi plus qu’un coup d’œil.
Dans cette capitale vinicole et gourmande, il y a aussi le souvenir du chauvin et célèbre peintre imagier Jean-Jacques Waltz, plus connu sous le nom de Hansi qui était citoyen de Colmar. Son ombre rode chaque matin à la réputée brasserie Meistermann, vidant allègrement avec quelques intimes quelques cruches de Sylvaner autour de la traditionnelle tarte à l’oignon. Il faut voir Turckheim et se souvenir de Turenne qui écrasa les impériaux et les chassa d’Alsace. Il faut marquer un temps d’arrêt à Ammerschwihr où naquit, au XIVe siècle, la célèbre confrérie de Saint-Etienne,

Amen.
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac


L'Alsace, son histoire, son vignoble, ses vins (4ème partie)
L'Alsace, son histoire, son vignoble, ses vins (4ème partie)
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Nous continuons vers le Nord, l’exploration de la route du vin qui constitue un pittoresque chemin des œnophiles. Cet itinéraire poétique est pour nos yeux ravis, un long ruban vert, qui court, sur le versant est des Vosges, au travers de coteaux plantés de vignes. Nous passons en revue ces vignobles au garde à vous. Voilà Kaysersberg, patrie d’Albert Schweitzer, sur laquelle semble veiller l’imposant donjon d’un château en ruines.

Albert Schweiter (1875-1965), prix Nobel de la paix en 1952. Organiste, pasteur, musicologue, écrivain, médecin, il faut visiter le musée situé à côté de sa maison natale. La ville a conservé son aspect médiéval et son marché de Noël est devenu l’un des plus célèbres d’Alsace. Le domaine Weinbach, établi dans l’ancien clos des capucins, est l’un des plus réputés d’Alsace. Une dame infatigable ambassadrice des vins d’Alsace Madame Faller et ses deux filles, Catherine et Laurence, porte le blason de la qualité sur 27 ha de vignes, 12 sont en culture agrobiologique.

De nombreux rapaces hantaient autrefois les monts et les forêts d’Alsace qui étaient renommés pour leurs nids d’aigles… Ils y sont revenus, et cela, par les vertus, et l’obstination, d’un seul homme, J. Renaud. Au château de Kintzheim, véritable nid d’aigle, il a créé une volerie. Elle vaut le détour. Elle est devenue un centre très attractif et elle s’est intégrée à la fois dans le décor et dans l’esprit alsacien. On doit également à J. Renaud deux centres de réadaptation des merveilleuses cigognes, l’un à Kintzheim même, l’autre à Hunawihr.

La cave vinicole de Kientzheim regroupe 150 producteurs et propose des vins d’un bon rapport qualité-prix. Nous avions été en tant que dignitaires de la Confrérie des Œnophiles du Québec invités aux fêtes des vendanges et logés chez les producteurs. Je fus pris en charge par le domaine Paul BlancK. Je me souviens de ces aimables grands gaillards travailleurs infatigables, fêtard quand il le faut. On ne compte plus les récompenses dans cette famille vigneronne de père en fils depuis…1610 !

photojeanNous avions l’ultime honneur d’être les impétrants pour l’intronisation dans l’ancienne et célèbre confrérie Saint – Étienne Alsace. Mon parrain était un des Blanck pour ce grand moment sympathique et une soirée conviviale vécue avec des amoureux de vins d’Alsace, une grande famille d’œnophiles passionnés.

Personnellement je raffole des vins d’Alsace, je les trouve frais et élégants, on n’y retrouve jamais le vulgaire mal de tête. Même avec eux comme compagnon tout au long d’un repas. Les grands banquets formidables, comme on sait les faire en Alsace, dont celui du prestigieux chapitre de la Confrérie St-Étienne en est un exemple.

Ces astucieux vignerons alsaciens, doivent certainement respecter l’aphorisme de Brillat-Savarin : « Ceux qui s’indigèrent ou qui s’enivrent ne savent ni boire ni manger.»

Les vins d’Alsace grâce à leurs finesses et leurs variétés peuvent accompagner tout un repas, des hors-d'œuvre au dessert, sans qu’il soit besoin de faire appel au vin rouge. Durant mon séjour en Alsace, c’est une expérience que les solides vignerons de la famille Blanck m’ont fait partager. C’est aussi une aimable tradition que les vignerons alsaciens très fiers de leurs vins fins aiment à nous faire tenter, tant la gradation des vins blancs appropriés à chaque mets relève des arts de la table.

Notre délégation Québécoise était constituée du docteur Samuel Letendre, Grand Maître, l’Abbé Bertrand Pomerleau, Grand Prieur, et Jean Claude Denogens, Fondateur et Grand Chancelier de la Confrérie des Œnophiles, ainsi que quelques amis fidèles de notre Ordre Bachique. Nous avions rendez-vous avec le Grand Conseil de la Confrérie Saint-Étienne Alsace au château de Kientzheim. C’était le 16 septembre 1978, le chapitre des vendanges.

La Confrérie Saint-Étienne Alsace
L’origine de la Confrérie est très ancienne. Héritière de la « Herrenstubengesellschaft » ce qui signifie « Société de Bourgeois » d’Ammerschwhir près de Colmar, qui réunissait dès le XIVe siècle vignerons et amateurs de bons vins, la Confrérie St-Étienne s’est étendue à tout le vignoble d’Alsace. Réorganisée en 1947, elle compte aujourd’hui plus de 2000 membres actifs à travers le monde, qui oeuvrent à la promotion des vins d’Alsace et à leur adaptation aux gastronomies contemporaines. Mis à part le banquet pantagruélique, l’esprit de la Confrérie n’a pas changé.

civa230Elle est administrée par un Grand Conseil groupant les personnalités les plus marquantes du vignoble, dans le costume manteau rouge et chapeau noir ils proclament « Nul ne peut être Confrère de Saint-Étienne s’il n’aime la joie, la bonne chère et le vin d’Alsace ». Elle est une des rares Confréries où il ne suffit pas d’aimer le vin, mais où il faut surtout le connaître pour être admis en son sein. Le postulant doit en effet se soumettre aux épreuves viniques ordinaires « d’admission » qui consistent à savoir distinguer un vin ordinaire, un vin mi-fin et un vin fin. Ce premier examen passé avec succès, le postulant sera inscrit dans le registre de la Confrérie avec rang et titre de Confrère-Apprenti. Après un apprentissage d’un an, le Confrère-Apprenti peut se soumettre aux épreuves viniques du deuxième échelon. La Confrérie St-Étienne est la seule à pouvoir décerner le prestigieux sceau rouge apposé sur les bouteilles « Sigillées », pour obtenir cette distinction, les vins sont dégustés anonymement par un jury hautement qualifié. Chaque vin recevant le Sigille entre dans la grande Histoire du vin d’Alsace. Il figure à raison de 12 bouteilles, dans la prestigieuse oenothèque de la Confrérie qui en compte aujourd’hui plus de 60,000. Ce sont sans conteste les plus beaux vins de chaque Millésime, dont les échantillons les plus anciens remontent à 1834!

Pour être intronisé dans la Confrérie il faut des parrains, outre l’épreuve vinique, c’est un moment sympathique, un repas convivial vécu avec des amoureux du vin, c’est une grande famille d’œnophiles passionnés. Il y a toujours un folklore charmant de chant et de musique régionale qui accompagne le rituel d’intronisation. La Confrérie est courtoise comme il sied à tout chevalier défendant non plus la veuve et l’orphelin, mais le bon et vrai vin d’Alsace. La vocation principale étant donc la défense et l’illustration des vins d’Alsace.

Dans un décor somptueux, les réceptions rehaussées de costumes historiques prennent un relief extraordinaire, et le ton des cérémonies, d’une réelle dignité, soulève l’enthousiasme des invités. Pour honorer l’âme du vin, les fonctions des dignitaires de la Confrérie Saint-Étienne sont spiritualisées : il faut avoir l’art et la manière du compliment et le verbe juste pour tenir et animer un chapitre. Dans mes 4 décennies de randonnées au sein des Confréries Vineuses de France, j’en déduis qu’elles veulent jeter un regard sur nos angoisses inavouées. Elles font largement écho au rire énorme de François Rabelais, inspirateur génial du folklore bachique.

À suivre.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac


Hommage au Périgord pourpre et or
Hommage au Périgord pourpre et or
MotSavou5

Clin d’œil.
Une surprise fortement appréciée!

Chers amis œnophiles, merci, vous êtes nombreux à m’avoir, des quatre coins du Québec et de France, à m'avoir adressé des courriels de félicitations pour mon humble prose vini-gastronomique. Cela me fait chaud au cœur et me rappelle 25 ans en arrière, les charmants moments et votre accueil dans nos nombreuses tournées de cours-conférences avec le « Collège des Maitres-Œnophiles ». Aidé du docteur Samuel LETENDRE Grand Maître et l’Abbé Bertrand POMERLEAU notre Ordre bachique était curieux éducatif et humain. La mission la plus attrayante fût et resta de chanter les enivrantes vertus du vin français bien sûr. Je me rappelle aussi de votre joie, avec mon accent rocailleux du midi moins le quart, que les gens reprenaient un peu taquin. Car dans mon Périgord natal on roule les « R ». Je me souviens aussi en guise de rengaine, aimablement et phonétiquement associée à mon nom Denogens ; les dames chantaient en fin de séances ou de repas « Ah ! le petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles, quand les filles sont belles du côté de Nogent ». Célèbre valse musette de 1943, chanté par Lucienne BOYER. Enfin pour répondre à la plupart d’entre vous mes chroniques ne sont pas seulement sur le Périgord. Je vous rassure si Dieu le veux, toute la France vitivinicole sera explorée.

Voilà chers amis, pour bien connaître le vin, il faut visiter la terre qui le produit. Coteau par coteau, vigne par vigne, grappe par grappe, cave par cave, vigneron par vigneron, la France des vins sera passer en revue. « De Vigne en Bouche la Gazette des Œnophiles » et son gazetier ne peuvent quitter une si belle région du Périgord, sans saluer poétiquement sa gastronomie et ses vins.
« La truffe est au foie gras, ce que la perle est à l’écrin »
( Curnonsky ).
« Pour une cocotte, seule le diamant est honorable, pour un gastrophile, le seul diamant est la truffe »
( Raymond Oliver ).

LA BELLE TENEBREUSE
« Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse.
Gemme noire ocellant le cœur d’un pâté blond.
Ton âme embaumera la chair miraculeuse
Ensevelie au creux d’un menu coffre oblong.

Foie d’oie irradié par la truffe, ô poème !
O splendeur, quant ouvrant le tombeau glorieux.
Les bienheureux élus promis au ciel suprême
Béats, dégusteront le délice des dieux. »


                                         
Armand GOT.
Truffe2
Naissance d’une truffière
La truffe, est un champignon lucifuge, invisible, elle n’est perceptible qu’à l’odorat. On peut la deviner aux zones brûlées. Il se forme, autour du pied des arbres élus par la truffe, une couronne dégarnie des herbes et graminées qui y poussent naturellement. C’est le chêne ( Quercus ) qui est l’arbre de choix. Dès la Saint-Jean d’été, voilà que par endroits la terre se craquèle comme, au font d’une mare, la vase desséchée. Ce signe ne ment pas : des truffes se forment là-dessous. L’homme a remarqué le manège des animaux sauvages : le sanglier, le renard, le blaireau, le cerf, qui sont friands de la truffe, la flairent de loin grâce à leur odorat subtil, la situent, la déterrent et la mangent. Un autre signe est la présence voltigeante d’ insectes ( en particulier la mouche à truffes, l’« helomyza tuberivora » ) au dessus des fissures qui marques la naissance des truffes. L’homme aura recours au sanglier domestique le porc, et plus spécialement la laie ou la truie.
Cyrano … D'ici Cyrano, Cyrano… de la

Tirades de … pifs ( Nasardes )
Un grand nez
Est le signe d’un homme spirituel,
Courtois,
Affable,
Généreux,
Libéral,
Et le petit
Est un signe du contraire.


R. de Cyrano de Bergerac
Mais Cyrano était-il ou non de Bergerac…
Sinon par la naissance du moins par ses origines ?


« Suis-je né dans la rue Clairat
Comme un Président le murmure,
Ou, comme un érudit l’assure,
A la Ribeyrie ou Lembras ?

On se livre à des gymnastiques
Pour prouver que je suis Gascon
De Bergerac. Mais, sans façon
Chevreuse me revendique.

Rêveur, batailleur, sans vergogne,
Farfelu, bon cœur et vantard,
Joyeux, menteur et franc roublard.
On est tout cela en Gascogne.

Si, génial, Rostand m’a fait naître
Dans votre ville, c’est, je crois,
O chers cousins bergeracois,
Parce qu’il devait bien vous connaître.

Mais s’il advient que l’on m’oublie
Et qu’on déforme mon image
J’en minimiserai l’outrage,
Nul n’est prophète en son pays ! »

                                     
Jean Dalba
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac

La farandole gourmande du Périgord (1ère partie)
La farandole gourmande du Périgord (1ère partie)
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Henri MILLER, par une géniale perspicacité, avait bien saisi cette terre des hommes qu’est le Périgord quand il écrivait dans le Colosse de Maroussi
« Rien ne m’empêchera de croire que cette grande et pacifique région de France est destinée à demeurer éternellement un lieu sain pour l’homme et que lorsque la grande ville aura fini d’exterminer les poètes, leurs successeurs trouveront ici refuge et berceau.Il se peut qu’un jour la France cesse d’exister mais la Dordogne survivra, tout comme les rêves dont se nourrit l’âme humaine ».

Ce Périgord est une terre bénie des dieux. Quoiqu’il en soit, le Périgourdin possède chez lui un protocole traditionnel qui lui permet d’apprécier sur chaque plat un vin du pays apte à en faire ressortir tous les mérites en charmant ses papilles.

Il existe quatre parties de ce Périgord si attrayant à découvrir. Nous avons exploré une partie du Périgord Pourpre et or, nous entrons dans les trois autres : le Périgord vert, de Nontron à Excideuil, au nord, qui constitue un véritable écrin de verdure vallonné et sillonné d’une multitude de ruisseaux, tels la Dronne et le Bandiat. Le Périgord blanc, sa capitale Périgueux, au centre du département, qui est le pays des plateaux de calcaire et des larges vallées de prairies, sillonnées par l’Auvézère et l’Isle. Le Périgord noir, avec Sarlat qui domine les vallées de la Vézère et de la Dordogne aux taux de boisement très élevés.

Les paysages sont restés là immortellement beaux et célèbres depuis la nuit des temps : qui ne connaît les Eysies, capitale du monde de la préhistoire. Il est vrai que l’ancienne Province du Périgord, aujourd’hui Dordogne, offre une incomparable diversité de sites classés, d’églises romanes, de châteaux, de gentilhommières, d’auberges pittoresques. Il est vrai aussi que la cuisine périgourdine mérite son évidente célébrité. Je me souviens, de ces cordons bleus de mon enfance qui mijotaient avec amour des plats régionaux et qui se nomment grand-mère Angèle, grand-mère Adrienne, ma mère Odette et ma tante Irène. À ce moment-là, je ne comprenais pas que, si manger est un privilège, savoir bien manger est une science, un art.

Qu’a-t-elle donc cette cuisine de ma province natale unique en son genre? Elle est simple, saine et fraîche. L’onctuosité du foie gras, le parfum de la truffe, la saveur du tourin blanchi, le doux murmure d’un chapon qui rôtit au coin de la cheminée, la pétarade des châtaignes en train de griller accompagnées du vin bourru de l’oncle Gilbert Barreyre, sont pour moi autant de stimuli inoubliables. Ces dames cordons bleus n’utilisaient jamais le beurre dans la confection des plats locaux, elles employaient la graisse d’oie ou de canard, cette graisse fine, ambrée et parfumée, qui donne son goût particulier à tous les mets qu’elle assaisonne. Peu de poivre et peu d’épices, mais un soupçon d’ail, parfois des truffes, évidemment! … et surtout une cuisson lente et prolongée. La Trilogie Périgourdine : Truffes – Cèpes – Foie gras. Ce sont les trois mets qui sont à la base de la gastronomie du Périgord.

Ces choses-là ne se discutent pas, elles se sentent et, pour les bien sentir, il n’est que de déguster les trois mets qui sont à la base de la gastronomie du Périgord à la condition bien entendu, qu’ils aient été produis sur place.

La truffe, le diamant noir du Périgord, apporte la confirmation la plus éclatante à la théorie suivante : sachez que la truffe du Périgord a la peau noire et l’intérieur veiné de blanc. Elle n’est pas belle, mais précieuse. Compter pour ce genre de champignon noirâtre à peu près 700,00 $ le kilo pour la truffe de belle qualité : la Tuber melanosporum ou « truffe du Périgord ». La récolte a lieu de novembre à mars. Plusieurs techniques existent, la mouche cette méthode consiste à repérer l’insecte sur la terre brûlée où son odorat l’attire. Le chien qui grâce à son odorat détecte la truffe. Mais c’est la truie que je vous présente, notre belle bien dressée, fourrage le sol du groin et le caveur récupère les truffes avant qu’elles ne les mangent.

Scène de vendanges noire le caveur
La truie et le caveur s’en vont vers la truffière,
L’animal a son flair, l’homme un bâton ferré,
Du maïs dans poche, un sac en bandoulière…
Tous deux cherchent le fruit à mi-sol enterré.

Il gît enseveli sous les chênes noueux
Cernés d’un cailloutis où l’herbe est en disgrâce.
Soudain, la bête hume un parfum qui l’émeut
Et, grommelant de joie, enfonce un groin vorace.

Mais l’homme, promptement, écarte la gloutonne,
De son bâton extrait la truffe qu’il saisit,
L’enfouit dans son sac, puis, goguenard, il donne
Du maïs à la truie, et quête poursuit…

Sur le causse rugueux, au cœur du Périgord,
La truie et le caveur, de brumaire à ventôse,
Cueillent le noir Lingot, la truffe, exquis trésor,
Dont le parfum subtil vaut celui de la rose !

                                                     
Armand Got
Truie

Un kilo de truffes récoltées en Périgord embaume, non seulement la cuisine où elles attendent d’être traitées, mais toutes les pièces de la maison ; les passants et les voisins savent qu’il y a des truffes chez vous et vos vêtements en apportent la nouvelle à ceux que vous allez visiter.

ChampignonsLe cèpe, roi des champignons. Chaque année, une fois les vendanges terminées, il déclenche les invasions. Les arbres qui abritent le cèpe lui communiquent leurs parfums : le chêne et le châtaignier donnent avec abondance leurs effluves. Pour la cueillette pas de secret il faut se lever tôt. Du printemps à l’automne, c’est par tonnes que l’on compte les cèpes qui transitent sur le marché de Villefranche-du-Périgord. En Dordogne on le fait longuement mijoter avec de l’huile, du persil et une pointe d’ail. Le cèpe star est le cèpe à tête noire.

Foie grasLe foie gras, premier pays producteur et premier pays exportateur de foie gras transformé, la France a la médaille d’or grâce au Sud-Ouest, Périgord et Landes l’un pour l’oie l’autre pour le canard. La grande consommation a bouleversé les méthodes de production, les temps de gavage change : dix à douze jours pour le canard, quinze à seize pour l’oie. On administre de force deux ou trois fois par jours aux animaux de plus de deux mois une purée de maïs très calorique avec un entonnoir.

Le temps où je gardais les oies lorsque je n’étais pas sage n’existe plus. Immobilisés, les volatiles ne batifolent plus dans les prés. Ils sont élevés par milliers jusqu’à l’âge de douze semaines pour les canards et seize pour les oies. La conserve de vrai foie gras se présente sous la dénomination « foie gras entier » le prix environ au kilo 300,00 $ pour le canard et 250,00 $ pour l’oie.

La belle Oie

La belle oie

Elle est de Bergerac,
Elle est jeune,
Elle est blanche.
Sur son sein rebondi,
l’épiderme fait crac !
Un bleuâtre reflet jaspe son estomac,
La graisse, doucement, capitonne sa hanche.
Venez la voir, amis, sans mettre votre frac
Et sans vous essouffler, montez mes cinq étages !
Nous serons neuf à lui présenter nos hommages.
Neuf ! Cela n’est pas de trop. Elle est de Bergerac !


( Invitation en vers envoyée par le célèbre chirurgien Samuel Pozzi à son compatriote bergeracois, le tragédien Mounet-sully.)
 

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac

La farandole gourmande du Périgord (2ème partie)
La farandole gourmande du Périgord (2ème partie)
MotSavou4
« De Vigne en Bouche La Gazette des Œnophiles », se fait un devoir de relater quelques extraits du précieux livre. « Science de Gueule en Périgord » que m ‘a dédicacé son auteur ( Georges Rocal ). Je le cite : « Ce serait une erreur de croire qu’en Périgord on sut, toujours et dans tous nos villages, cuisiner. La paysannerie n’en eût pas les moyens pendant des siècles. Elle fut condamnée à se nourrir de choux rouges, de châtaignes, de raves, de fruits ; à boire piquette et eau fadasse. La paysannerie, privée des droits de chasse et de pêche, ne disposait point de l’élevage intégral de la basse-cour pour améliorer son régime ».

Tout le monde connaît la phrase de Montaigne : « La France est comme une oye bien grasse : tant plus on la plume, tant plus elle donne de duvet ». En 1576, alors que Montaigne rédigeait ses Essais en la tour de sa « Librairie » ; que Brantôme notait ses souvenirs galants au château de Richemont, le Béarnais, ce bon roi Henri IV, accepté par la France comme pacificateur des querelles intestines et des passions religieuses améliora la vie des humbles paysans en décrétant la fameuse « poule au pot » dominicale. Ainsi la tenace paysannerie Périgourdine conquit peu à peu son indépendance sociale et sa renommée culinaire. Ce n’est pas ici l’endroit dans cette chronique savoureuse pour faire un exposé complet de la cuisine du Périgord. Sa réputation est ancienne et les grands de ce monde ont toujours aimé confier leurs fourneaux à des Périgourdins. Frédéric II qui ne buvait que du Monbazillac, avait une estime particulière pour son chef André Noël né à Périgueux en 1726. Au congrès de vienne, Talleyrand a sauvé la France par sa diplomatie… et les repas qu’il offrait aux plénipotentiaires alliés, repas préparés par le grand Carême et son aide Michelet, ce dernier originaire de la Dordogne.

Les plats cuisinés abondent en Périgord et constituent la véritable caractéristique et la farandole gourmande de toute la cuisine locale. La poule farcie et sa farce noire ( la volaille ayant été saignée sur le pain qui servira à confectionner la farce ) ; la vénérable daube, le foie gras aux échalotes ; la fameuse omelette aux truffes fraîches ; la tourtière ! le triomphe des cuisinières périgourdines ( poulet en sauce aux salsifis, présenté dans un pâté de croûte ). Après tout un chantier culinaire, combien de fois n’ai-je pas entendu cet impératif commandement cette douce invitation : Allez à table ! Mangez çà va être froid !

chabrol

Je me souviens aussi de ce « chabrol » que j’ai pratiqué comme les solides gens du terroir et que l’on retrouve sur les cartes postales, lequel a inspiré tous nos poètes locaux, Lafon- Labatut, Robert Benoit, Méry de Bergerac, etc. Cette coutume ( peu gracieuse diront les snobs ) consiste, la soupe presque terminée, par boire un mélange savamment dosé de vin et de bouillon. La chaleur du bouillon y exalte les arômes du vin et dispose favorablement les convives pour le reste du repas.

S’il y a dans mon beau Périgord une trilogie cèpes truffe foie gras, il y a aussi les noix. La Dordogne est le premier département français producteur de noix. La noix dorée se fond dans les bruns de l’automne. La noix est venue de l’Orient et elle se plait dans le Sud-Ouest sa patrie d’adoption. Si le noyer pousse dans toutes les régions de France, la Dordogne est sa terre de prédilection.

C’est le fruit qui tombe du ciel à la Toussaint, du haut des noyers. Il y a des noyers depuis des siècles et ils fournissent un bois recherché. Dès l’Antiquité à Rome, la noix, que les Romains appelaient nux, symbolisait le mariage, par l’union ferme de ses deux coques soudées, et la fécondité comme tout fruit-graine. Il existe plusieurs variétés de noix, la plus courante est la corne, à la forme oblongue, au noyau dur. Elle est appréciée pour son amande blonde au goût délicat. La marbot a une coque qui s’arrondit et se casse plus facilement. On trouve la noix sur les marchés locaux en automne. La fabrication de l’huile de noix est un secret de famille. Les diététiciens lui reconnaissent un atout supplémentaire ; elle ne donne pas de cholestérol.
Coquille noix
L’ail… ce bienfaiteur du cœur !
« L’ail, cru ou en assaisonnement,
sature tout le corps de chaleur ».

                                             Frédéric Mistral.
 

Combien de fois ai-je entendu avec plaisir l’éloge de l’ail, redoutable concurrent des médecins. La paysannerie française l’appel « le médecin des pauvres ». Il est souvent répété que la meilleure façon pour vivre vieux est vivre longtemps… mais pour vivre longtemps, il faut manger de l’ail. N’empêche que les anciens n’avaient pas de souffle au cœur et vivaient très vieux. Je sais, ils empestaient un peu, beaucoup, même, mais ils étaient costauds, solides, de bonne humeur et ils avaient bon cœur ! C’est que l’ail, ils en mettaient partout et tout le temps ! Mes grands- mères en mettaient dans le gigot, dans les patates, sur les cèpes, dans l’omelette campagnarde, dans le rôti de porc, sur croûton de pain , etc. Que voulez-vous c’est de famille c’est aussi la coutume en Périgord. N’oublions pas quelques vertus de l’ail : manger de l’ail et chasser la mauvaise bronchite, l’ail dilate les vaisseaux, le sang circule mieux. L’ail ne m’a jamais empêché de déguster… Enfin songeons à toutes les conquêtes galantes du bon roi Henri IV grâce à l’ail… ou malgré l’ail.

Les pays bordant la Méditerranée, grands mangeurs d’ail ont une population vivant plus longtemps que les gens du Nord. Et puis un œnophile gourmand, gascon qui ne mangerait pas d’ail, aussi bien se mettre au pain sec et à l’eau. Dans ces terrains pauvres, tout prend une saveur plus prononcée, qu’il s’agisse de volailles, de gibier, de moutons de champignons, d’escargots… goût du terroir, goût de « sauvage » qui imprime à la cuisine ce je ne sais quoi qu’on ne trouve pas ailleurs.

Dans un monde qui, à l’évidence, s’exténue et se déflore dans la poursuite du matérialiste et de la consommation, les joies simples, les rencontres humaines avec Les plaisirs de l’esprit et de l’âme, le rêve et le vrai bonheur intérieur paraissent plus essentiels que jamais. Voilà, comme vous le constater, balades et séjours de charme dans les 4 Périgord passe par le vignoble de Bergerac. Sur 470 appellations d’origine contrôlée viticoles existantes en France, 13 sont situées dans le vignoble de Bergerac.

« Le vin est à la table, ce que la fleur est au jardin ».
                                                                             ( Docteur Tant. )

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En rouge :

De Conti, La Truffière Bergerac 2005, code : 10846000 / prix 12,60 $.
Cépages 90 % Merlot – 10 % Malbec
Joli vin d’une robe brillante, d’un rouge profond.
Au nez de cerise noire et de sous-bois.
En bouche ample et assez soutenu en finale

Conseil de l’œnophile :
Voilà une merveilleuse cuvée de Bergerac pour un bon rapport qualité-prix, un vrai régal un vin de plaisir, gouleyant avec de la sève et du fruit. Disponible dans l’ensemble du réseau. Le compagnon de tout un repas fin. Température de service 15-16 degrés.

Amis œnophiles, au titre d’humble et Grand consul de la Vinée de Bergerac, je vous rappelle que le vin de Bergerac :

« C’est dans la bouteille
que le vin est logé,
c’est dans le verre qu’il est admiré
et c’est dans le palais qu’il est fêté ! »

Ce soir à table, nous serons trois; la bouteille de Bergerac, Claire mon épouse et moi.

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac

Le Périgord pourpre (1ère partie)
Le Périgord Pourpre (1ère partie)
CarteMontbazillac

Le Périgord pourpre est l’appellation nouvelle mais ô combien justifiée de la région de Bergerac. Il se situe en remontant vers l’embouchure de la Dordogne. A vrai dire il existe quatre parties de ce Périgord si attrayant à découvrir. LE PÉRIGORD VERT, LE PÉRIGORD BLANC et LE PÉRIGORD NOIR.

LE PÉRIGORD POURPRE, noblesse oblige : je vous invite à le découvrir, entre autres raisons ! c’est là que, en la commune de Saint-Martin-de-Gurson, naquit votre humble chroniqueur et Maître-Œnophile. C’est en ces lieux, du pays de Montaigne et Gurson que j’ai fait par bonheur mes premières expériences de science de bouche, c’est là que sont enfouis les souvenirs de mon enfance, bien le plus précieux. C’est aussi le pays de l’immortel écrivain Michel de Montaigne, Maire de Bordeaux, auteur des « Essais ». Dans le Périgord pourpre, il y a un seigneur de haute race qui est le Monbazillac qualifié à juste titre de « Liqueur d’Or du Périgord ». C’est enfin la légendaire région d’adoption de Cyrano, car il n’est de Cyrano… que de Bergerac. Tous les dégustateurs ont du nez ! œnophiles à vos verres !


Monbazillac l’or des coteaux de la Dordogne
Le vignoble de Monbazillac se compose de 1600 ha de vignes situées sur des coteaux de la rive gauche de la Dordogne, à la limite du Bordelais dans une zone où les brouillards matinaux favorisent le développement du Botrytis Cinerae, champignon qui se fixe sur les grains de raisin et en absorbe de l’eau.

« MONBAZILLAC » : nom connu du monde entier
On raconte que des pèlerins français venus à Rome s’étaient fait présenter au Pape. « Nous sommes de Bergerac », dit leur doyen, et comme ce nom n’éveillait aucun écho dans l’esprit du Saint Père, il ajouta : « De Bergerac près de Monbazillac ! » Aussitôt, le Pape, levant la main comme pour donner sa bénédiction, murmura : « Bonum vinum ». Allons ensemble à la source de ce vin blond !

Chateau Monbazillac

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Château La Croix Poulvère-code SAQ 850818-prix $23,55
Monbazillac, hosanna de topaze (Armant Got). Oh ! vin or du Périgord, fruit de patience glorieux liquoreux, lait de mon enfance, j’en appel à Noé, nectar du pays de Cyrano de Bergerac, n’as-tu pas bon nez, bien né et bien racé ? le Sémillon, le Sauvignon et la Muscadelle sont ces 3 cépages.

Conseil de l’œnophile : Ce Monbazillac se pare d’une robe dorée, le nez développe des arômes de fruits sur-mûris avec des notes de miel, d’abricot confit et de fleurs blanches, en bouche long et riche de saveur corsée en équilibre. Il se déguste entre 5 et 10 degrès, bien froid. Superbe à l’ apéritif, idéal sur le melon et bien entendu sur le foie gras.

« Le Temps passe… passe le bien »
                                                ( Frédéric Mistral )

Voici des guides du Québec, pour œnophiles-gourmands
LE GUIDE DU VIN 2008, de Michel Phaneuf en est à sa 27e édition.
Michel Phaneuf le doyen des guides vins au Québec, met l’accent sur les vins
de spécialité vendus dans un nombre limité de succursales. L’auteur
s’est adjoint une collaboratrice, Nadia Fournier âgé de 27 de printemps le même
âge que sa jeune édition. Les Éditions de l’homme, un guide de 528 pages au prix de 26,95 $.


LES VINS DU NOUVEAU MONDE du maître sommelier Jacques Orhon.
Ce globe-trotter du vin et auteur, traite en expert la vitiviniculture de L’Afrique du
Sud, de l’Australie et de la nouvelle-Zélande. Un ouvrage de référence.
Les Éditions de l’homme 432 pages au prix de 49,95 $.


GUIDE DEBEUR 2008 23e édition.
La revue gourmande des Québécois.
Le GUIDE DEBEUR offre un tour d’horizon unique sur la gastronomie ainsi que la liste officielle des meilleures restaurants du Québec.
Mettez un peu Debeur dans votre quotidien !
Pour 224 pages et au prix de 16,95 $. Toujours un achat judicieux !
Éditions DEBEUR Tél. : 450-465-1700

GuidDebeur
Notre Mot savoureux
«Montbazillac, ton nom brasille et sonne
Comme un clairon de gloire et comme un feu de joie.
Ton élégant château sur l'horizon déploie
L'étandard de ses tours ou Bacchus a son trône»
Armand Got

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
Le Périgord pourpre (2ème partie)
 

Selon la recommandation de Xavier Darcos, président de l’Association des Lauréats de la Fondation de l’Avenir du Périgord : « Ne venez pas en Périgord pour y trouver ce que vous venez de quitter, pour consommer des loisirs organisés ou pour défiler à tout prix devant ce qu’il « faut avoir vu ». Venez y redécouvrir un art de vivre, y sentir les profondes racines de l’homme resté Lui-même ». Si vous avez le malheur de faire partie de ceux qui « mangent pour vivre » cette région ne vous intéresse pas et vous pourrez vous arrêter n’importe où pour vous sustenter de ces préparations standard qu’on sert dans beaucoup trop de restaurants ; n’oubliez jamais qu’en Périgord la gourmandise est une vertu.

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Bergerac1

De très nombreuses petites routes bien entretenues et peu fréquentées permettent de découvrir de merveilleux paysages d’une variété infinie, sillonnés de belles rivières et d’innombrables ruisseaux. Dans ces sites remarquables, les trésors du passé retracent la vie, depuis 20.000 ans : grottes préhistoriques, châteaux médiévaux ou Renaissance, vieilles cités d’art, bastides, villages moyenâgeux, églises romanes. Trouvez-moi un département français qui compte plus de mille châteaux. Le Périgord est par excellence la terre d’élection du tourisme culturel. Il est vrai que la cuisine périgourdine mérite son évidente célébrité et « Vaut le voyage » comme dirait le célèbre guide Michelin.Le Périgord n’est vraiment lui-même que par ses hommes. S’il est lent à se donner, le Périgourdin ( j’en suis un ) est cependant un ami fidèle, riche du sens des réalités et des devoirs, à l’image de Montaigne.

« PETRA malis, COR amicis, hostibus ENSIS :
haec tria si fueris, PETRACORENSIS eris ».
« Une pierre pour les méchants,
un cœur pour les amis,
une épée pour les ennemis :
quand tu auras été ces trois éléments,
tu seras un Périgourdin ».

Le nom « Pays de Montaigne et Gurson » en Périgord Pourpre, évoque pour moi une série de clichés profondément lointains, qui, sans être faux suscitent des images incomplètes et nuancées. Mais ô combien riche de morale, d’éducation et d’instruction bien reçues. C’est le coin de ma jeunesse tumultueuse, élevé par des cultivateurs vignerons empreints de simplicité, de franchise, au milieu d’une campagne riante, de braves gens travailleurs, toujours de bonne humeur, buvant un bon coup, avec le facteur et même le curé. C’est un coin de France au climats les plus tempérés du monde. En juillet 1940, le département de la Dordogne est amputé à l’ouest par la ligne de démarcation de l’occupation Allemande, véritable frontière entre la zone libre et la zone occupée. Le vignoble est pris entre les deux. Le 25 août 1944, le département de la Dordogne est totalement libéré. J’avais 8 ans. Je ne nierai pas à ma chère famille périgourdine les prouesses très courageuses qu’elle durent développer, moi qui me souviens n’avoir manqué de rien. Cette cuisine du Périgord et les vins de Bergerac guida mes premiers pas et éduqua mon odorat. J’ai le souvenir présent de ces femmes ingénieuses qui mijotaient avec amour des plats régionaux ( futures dames cordon- bleu ). Ces fées qui buttinaient sur les fourneaux et bercèrent mon enfance au pays du bien manger et du bien boire. Selon Curnonski : « La cuisine périgourdine est sans beurre ni reproche ».


Bergerac2

Aujourd’hui encore le vignoble de Bergerac est un lieu privilégié pour venir passer vos vacances. Le pays de Bergerac recelle, autour de ses vignes, de nombreux atouts touristiques. La superficie de ce beau vignoble bergeracois est de 12 800 hectares, 1240 viticulteurs, 13 AOC, 93 villages. 56% de vin rouge, 39% de vin blanc, 5% de vin rosé. Les exportations. Environ 15% des ventes des AOC des vins de Bergerac sont faites à l’export. Voici les principaux pays : Angleterre, Belgique, Allemagne, pays-Bas.

Il n’existe pas de cépages typiquement bergeracois, les racines de la vigne périgourdine, sont essentiellement bordelaises. Les cépages utilisés : Vins rouges ; Cabernet Sauvignon. Cabernet Franc. Merlot. Malbec. Vins blancs : Sauvignon. Sémillon. Muscadelle. Chenin blanc ( en faible proportion ).

Les appellations du Bergeracois classées par type de vin. Bergerac, sec, rosé et rouge. Côtes de Bergerac, moelleux, rouge. Monbazillac, liquoreux. Pécharmant, rouge. Montravel, sec et rouge. Haut Montravel, moelleux. Côtes de Montravel, moelleux. Saussignac, liquoreux. Rosette, moelleux. Héritier d’un passé prestigieux et de 2000 ans de tradition viticole, le vignoble de Bergerac offre une exceptionnelle palette de vins et de saveurs.

Bergerac Capitale historique de la moyenne vallée de la Dordogne, Bergerac sert de trait d’union entre Bordeaux et l’arrière-pays. A l’origine de la cité, une villa appelée « Bracariacum », appartenant à un nommé Bracarius dont l’ancêtre était un bracarius, un fabricant de braies, un tailleur. Bragairac, au onzième siècle, ensuite Bragerac et enfin Bergerac. Bergerac doit beaucoup à Edmond Rostand qui fit naître son charmeur de Cyrano.


« Mon nez, fit le poète en cachant une larme.
Si grotesque à Paris, en Dordogne a du charme
C’est pour sentir la truffe et le monbazillac ».
Lucien Boyer ( « Paysages de France » )

«Enorme mon nez !
Vil camus, sot camard, tête plate,
Apprenez que je m’enorgueillis d’un pareil appendice »
( Edmond Rostand )


Le cloître des Récollets, qui abrite la Maison des Vins, est le point de départ de la Route des Vins. C.I.V.R.B.
1, rue des Récollets-F-24104 Bergerac
Tél. : 0033 (0) 5 53 63 5757
Email : contact@vins-bergerac.fr .
 

En effet, c’est dans ce magnifique édifice construit au 16ème siècle sur les fondation du 12ème que vous recevrez une première information sur le Vignoble Bergeracois. Vous serez invité par la suite à partir à la rencontre des charmantes propriétés viticoles. Entre route de la préhistoire et chemin des châteaux, étapes gourmandes et circuit des bastides, le vignoble du Bergeracois apporte sa touche singulière et précieuse à la riche palette des beaux-arts périgourdins. Saluons au passage l’or du Périgord, Monbazillac, issus d’un terroir de 3600 hectares établi sur 5 communes, les Monbazillac sont obtenus par tris successifs de raisins atteints de la « pourriture noble ». Selon le poète Armant Got,« Monbazillac, vin blanc des jours de fêtes » « Monbazillac, hosanna de Topaze »« Monbazillac, salut, grand seigneur des vins doux ». Le Pécharmant à l’est de Bergerac, cette appellation a pour origine une expression de la langue d ‘oc qui s’écrit également « Pech Charmant et signifie le beau sommet.» C’est un vin rouge fort apprécié des œnophiles. Il n’est pas sans rappeler certains Saint-Emilions, son élégance, son goût franc très racé, son bouquet souvent de violette, de framboise et de truffe en font un grand cru de la région.

« Le vin est à la table, ce que la fleur est au jardin ».
                                                                             ( Docteur Tant. )

Méconnus, ces crus de Bergerac, bouquet du Périgord, méritent bien plus que d’être essayés. Ils conviennent aussi aux convalescents comme aux intellectuels.


En blanc :
Château Tour des Gendres Cuvée des Conti Côtes de Bergerac 2006
(S)-code SAQ 858324 - prix 15,15 $.
Joli vin et joli robe jaune paille. Au nez, ce vin blanc exprime des parfums de fleur blanches et de pêche. En bouche très agréable et une persistance longue, un blanc harmonieux et gourmand, des arômes qui charmes mes papilles. Luc de Conti est sans aucun doute un grand vigneron et un artiste complet.

Conseil de l’œnophile : Pourquoi pas à l’apéritif dégusté frais, il est le digne compagnon du saumon. Il accompagne à merveille les fruits de mer, les crustacés et les poissons, ainsi que le fromage de chèvre.
Température de service : 10-12 degrés.

CuveDesConti


En rouge :
Château Tour des Gendres Gloire de mon Père Côtes de Bergerac 2005 (S)-code SAQ 10268887-prix 23,45 $.
Un vin avec une robe de couleur rouge sombre. Au nez un bouquet de petits fruits noirs et de réglisse. En bouche de la fraîcheur, sec, généreux, ample avec une longue finale. Un Côtes de Bergerac qui se tient bien et sagement à table.

Conseil de l’œnophile : Idéal sur le civet de langouste, le gibier en sauce, une pièce d’agneau.
Température de service : 14-17 degrés.

GloirMonPere

OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac

Le Périgord pourpre (3ème partie)
Le Périgord Pourpre (3ème partie)
Au cœur de la douceur de vivre, le pays de Montaigne et de Gurson ouvre la porte du Périgord. Il offre au visiteur œnophile, une extrême diversité de paysages : riants coteaux qu’escaladent les vignes des appellations Montravel, Haut-Montravel, Côtes de Montravel, régions de forêts et de frais vallons autour de Villefranche-de-Lonchat et du pays de Gurson.
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montaigne
Montaigne

Montravel, est une révélation philosophique et historique c’est le berceau de Montaigne. Dans le village qui porte son nom, au cœur du vignoble de Montravel, est né en 1553 le célèbre philosophe Michel Yquem de Montaigne. (1580) il publie ses Essais. Cet ouvrage, un des phares de la pensée française, donne à la langue française son éclat à l’étranger. Il est aussi l’expression de l’interrogation dont il fit sa devise : « Que sais-je ?». Maire de Bordeaux et producteur de vin de Montravel, il contribue à la renommée de ces derniers. « Le vin ce bon dieu qui redonne aux hommes la gaité et la jeunesse aux vieillards » écrit-il dans les essais. Grand ami du vin, de son vin à n’en pas douter, Montaigne a écrit : « En boire peu et modérément à chaque repas, c’est trop restreindre les faveurs de ce Dieu ». «La coutume a tort de condamner le vin parce que quelques-uns s’en enivrent. On ne peut abuser que des choses qui sont bonnes ».

Le philosophe Michel de Montaigne, mi-périgourdin, mi- girondin était déjà un grand œnophile « Je me laisse aller à certaines formes de verres et ne bois pas volontiers en verre commun ». « Le vin est capable de fournir à l’âme de la tempérance ; au corps de la santé ».

C’est dans une jolie campagne, entourée de vignobles, que nous attend le plus célèbre des Périgourdins, Michel de Montaigne. Ravagé par un incendie au XIXe siècle, le château fut reconstruit dans un style néo-Renaissance. Fort heureusement, la tour ronde, la « librairie », cabinet- bibliothèque de l’écrivain, échappa au désastre.

Ce terroir partage sa production entre vignes blanches, plantées de Sémillon, Sauvignon et muscadelle et vignes rouges, plantées de Merlot, Cabernet franc, Cabernet Sauvignon et Malbec. Le vin de Montravel, blanc sec aromatique, souvent élevé sur lies fines, a une structure généreuse en bouche et beaucoup de finesse. Le Côte de Montravel est un vin moelleux de grande complexité, aromatique avec des notes florales. Le Haut-Montravel, vin moelleux plus riche, est très suave avec une grande concentration. Montravel est aussi un grand vin rouge. Élaboré avec des conditions de production très strictes, c’est un vin de garde puissant et racé. Les vignerons de Montravel, artisans passionnés, tous unis dans le sens du devoir et du travail bien fait, révèlent la quintessence de leur terroir et de leurs cépages.

Fin octobre, de la vallée de la Dordogne, remonte chaque matin une brume temporaire, qui se retire à la mi-journée pour laisser place au soleil. Cette alternance répétée d’humidité et de chaleur, développe sur les baies la magie de la pourriture noble, indispensable aux meilleurs Haut Montravel, qui seront alors de grands vins liquoreux, naturels, sans chaptalisation.

Pays de moulins et de commerce, d’archéologie et de penseurs, cette terre d’ouverture d’esprit et de pacifisme, berceau du célèbre philosophe Michel Eyquem de Montaigne, fut aussi le théâtre de la fin de la guerre de Cent ans. De l’œuvre de M.Y. de Montaigne se dégage l’image d’un honnête hommes, qui aime la franchise et la civilité, l’équilibre de la conscience et la maîtrise de soi. Sa haine de la violence et du fanatisme en font un fondateur de la sagesse moderne dont tous les Vignerons de Montravel sont fiers.

L’histoire du vignobles de Bergerac et d’Aquitaine
Bien avant l’ère chrétienne, les Pétrucores, gaulois du Périgord, ont planté le premier cep de vigne dans la vallée de la Dordogne, initiant une culture dont l’essor ira s’amplifiant durant tout le Moyen Age.

En 1080, les moines bénédictins installent leur prieuré et vendangent à Bergerac, en découvrant au passage, dit la légende, les vertus de la « pourriture noble » ( Botrytis Cinerea ) qui fait les grands liquoreux. La période anglaise ouvrira la voie de l’expansion des vins, par la grâce d’Henri III qui les exemptera de toute taxe. En 1322 naît le territoire circonscrit de la « Vinée » de Bergerac, dont les limites ne varieront pas jusqu’en 1776. Héritiers de ce savoir-faire millénaire, les vignerons de Bergerac poursuivent une œuvre reconnue par l’INAO ( Institut National des Appellations d’Origine ) pour les treize AOC du vignoble de Bergerac.

LES CONFRÉRIES DES VINS DE FRANCE
qui chantent la vigne et le vin
sous la protection de leurs Saints patrons
Bacchus, Dieu du vin et Saint-Vincent, patron des vignerons.

Le bon vin, on le hume, on le mire, on le déguste, on en parle… et on le chante. « A parler de vin, on devient poète, et curieusement les Confréries qui fêtent le vin le font devenir poésie, œuvre d’art et œuvre d’amour » C’est en tout cas la belle mission-passion du vin qui m’a permis de mener à bien « l’Ordre du Mérite Œnophile » dans un inoubliable tour de France bachique, depuis le 22 janvier 1971, le jour de la fête de Saint-Vincent patron des vignerons, dont le pèlerinage est parti verre et tastevin en main de Bergerac.

Construit au XVII e siècle le Cloître des Récollets accueil le Conseil Interprofessionnel des viticulteurs de la région de Bergerac ( c’est lui qui décide de l’appellation des vins ). Le couvent abrite un laboratoire d’œnologie ou j’ai fait avec plaisir en octobre 1976 pendant les vendanges, un intéressant stage sous la surveillance de Pierre DULOU. Avec un peu de chance, vous pourrez assister à une intronisation en grande pompe. Les impétrants jurent avec solennité fidélité aux vins de Bergerac dans le caveau des moines.

Le Consulat de la Vinée de Bergerac

Vignoble : Vins de la région de Bergerac : Montravel, Saussignac, Pécharmant, Rosette, Monbazillac.
Fondation : 1954, pour le septième centenaire des Franchises données à la Ville par Henri III, roi d’Angleterre.
Insigne : Pied de griffon sur champ de gueule, portant la date de 1254 ; en exerge : « Sigillum consulatis vinae de bragairac ».

Les Consuls organisent fréquemment des tenues de leur Conseil et admettent parmi eux, à grand cérémonial , les nouveaux promus. À cette occasion, ils revêtent leur uniforme de cérémonie, la longue robe de laine lie de vin avec mantelet, poignet et parements de satin jaune à broderie d’or, le chaperon de même et le grand collier à médaillon.

 

VineBergerac


Avec eux, vous pourrez réciter la plus sympathique des comptines :
Rosette et Bergerac
Montravel et Saussignac
Pécharmant, Monbazillac
Et, après une épreuve de dégustation, vous entendre dire :
Au pays qu’illustrèrent Cyrano et Montaigne,
Où le raisin se dore au soleil sous la feuille,
De Bergerac la Vinée vous accueille
En vous intronisant au sein du Consulat.

Ils remettent alors aux impétrants, un magnifique diplôme au cachet de cire rouge, pour commémorer l’événement. Le Conseil Interprofessionnel des Vins de la Région de Bergerac a tenu à reconstituer sur les bords de la Dordogne cette antique institution bachique, l’une des plus ancienne de France et les modernes consuls de la Vinée de Bergerac.

Ils ont pour juridiction, la réglementation des vendanges, de la qualité des vins et même de fûts vides de fabrication locale. C’est tout cela que surveillent les consuls de la Vinée de Bergerac. C’est ainsi que le Consulat est fier de recevoir ses amis qui boiront, recueillis avec dévotion, le breuvage aux tons chauds scintillant dans leur verre :
On le doit au labeur plusieurs fois centenaire.
             
           
     

Aux œnophiles ces amoureux du vin,
de l’ensemble du royaume de Bacchus.
J’adresse mes vœux de bonne et heureuse année 2008.
Je souhaite également pour tous :
« Un verre de vin chaque jour,
la santé pour toujours ! »
OenophilementV
Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac
 
 
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